La mère des or­phe­lins de Ste­nay re­trou­vée dan­sun puits

Dis­pa­rue de­puis huit mois, Amé­lie La­garde n’avait ja­mais quit­té son do­mi­cile de la Meuse. Son com­pa­gnon, mort fin jan­vier, lais­sant seuls leurs trois en­fants, l’asans doute tuée.

Le Parisien (Paris) - - Faits Divers - JÉ­RÔME SAGE

La per­qui­si­tion de la mai­son­nette aux vo­lets bleus de la rue Aris­tide- Briand de Ste­nay ( Meuse) vi­sait à pur­ger l’hy­po­thèse cri­mi­nelle, pour se concen­trer sur d’autres pistes. Elle a, hier, per­mis de ré­pondre à la ques­tion qui ta­rau­dait les en­quê­teurs, à la re­cherche d’Amé­lie La­garde, 37 ans. La mère de fa­mille avait dis­pa­ru à l’aube du 25 juin, lais­sant seuls son com­pa­gnon, Do­mi­nique Sa­dek, et leurs trois en­fants, Théo, Mé­la­nie et Maë­lys, 11 ans, 9 ans et 4 ans. Le corps de la jeune femme a été re­trou­vé au fond d’un puits, dans une grange der­rière la mai­son.

« Dans le sa­lon, pré­cise Yves Le Clair, pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Ver­dun, un chien de re­cherches a mar­qué à un en­droit. » Le ré­vé­la­teur de traces bio­lo­giques a mon­tré quelques traces de sang, à quelques mètres du ca­na­pé où, le 23 jan­vier au ma­tin, Théo a dé­cou­vert le corps de son père, mort d’une crise car­diaque dans la nuit pré­cé­dente, lais­sant les trois en­fants li­vrés à eux- mêmes. Les gen­darmes ont son­dé les murs, la cave, jus­qu’à tom­ber sur ce trou, des an­ciens lieux d’ai­sance avec de l’eau au fond.

D’une en­quête pour dis­pa­ri­tion in­quié­tante, « on va bas­cu­ler im­mé­dia­te­ment vers une en­quête pré­li­mi­naire dans le cadre cri­mi­nel » , note le ma­gis­trat. En consé- quence, les trois or­phe­lins, pour le mo­ment pla­cés en­semble dans une fa­mille du dé­par­te­ment, vont être pris en charge de ma­nière dé­fi­ni­tive par le con­seil gé­né­ral. « Il n’y a pas de quoi être in­quiet, ras­sure le pro­cu­reur. Le con­seil gé­né­ral s’est dé­jà beau­coup im­pli­qué » .

Cô­té ju­di­ciaire, prio­ri­té est don­née à l’exa­men du corps, très dé­gra­dé, at­tri­bué à la jeune mère au vu de sa cor­pu­lence, ain­si que de cer­tains signes dis­tinc­tifs tels qu’un pier­cing.

Dès hier, des pré­lè­ve­ments ont été faits sur le ca­davre, à Ver­dun. D’abord, pour iden­ti­fier avec cer­ti­tude la vic­time, grâce à son ADN et son schéma den­taire. En­suite, pour « fi­ger » la scène de crime. Ain­si, ses vê­te­ments ont été conge­lés. En­fin, pour da­ter avec le plus de pré­ci­sion pos­sible la mort d’Amé­lie La­garde, no­tam­ment grâce aux insectes pré­sents sur la dé­pouille. L’étude des stades de dé­ve­lop­pe­ment per­met aux en­to­mo­lo­gistes cri­mi­nels d’éva­luer la pé­riode du dé­cès. Une au­top­sie com­plète au­ra lieu lun­di à Nan­cy.

Do­mi­nique Sa­dek, dès lors, fait fi­gure de prin­ci­pal sus­pect dans la

Ja­mais elle ne se­rait par­tie sans ses en­fants. Elle ne par­lait que d’eux.”

Un ha­bi­tant de Ste­nay mort de l’am­bu­lan­cière. No­tam­ment parce que, loin de s’in­quié­ter de la dis­pa­ri­tion de sa com­pagne, qui ne s’était pas pré­sen­tée à son travail le 25 juin au ma­tin, l’homme de 46 ans af­fir­mait dans la ville qu’elle l’avait quit­té en lui aban­don­nant les en­fants, la di­sant par­tie aux An­tilles. Si l’en­quête qui dé­bute confirme cette hy­po­thèse, le dos­sier se­rait clas­sé, puisque l’homme est dé­cé­dé, em­por­tant avec lui le mys­tère du dé­cès d’Amé­lie. Au moins la dé­cou­verte de son corps ré­ha­bi­li­te­ra- t- elle la jeune femme, confor­tant ceux, nom­breux à Ste­nay, qui dou­taient de sa fuite en af­fir­mant : « Ja­mais elle ne se­rait par­tie sans ses en­fants. Elle ne par­lait que d’eux. »

( Dan, iel Wam­bach.)

Ste­nay ( Meuse), hier. Les gen­darmes ont dé­cou­vert le corps d’Amé­lie La­garde der­rière la mai­son fa­mi­liale. Elle était re­cher­chée pour « dis­pa­ri­tion in­quié­tante » .

( DR.)

La mère de fa­mille était, se­lon son com­pa­gnon, par­tie aux An­tilles.

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