Com­mentO­mans’offre son( pe­tit) Tour­de­France

Le sul­ta­nat réunit six jours­pa­ranles meilleurs cou­reurs­du­monde

Le Parisien (Paris) - - Sports - MAS­CATE ( OMAN) De notre en­voyé spé­cial LIO­NEL CHAMI

InDes ci, pas de so­no ta­pa­geuse. Les opé­ra­tions de dé­part et d’ar­ri­vée se dé­roulent au rythme lan­ci­nant mais oua­té des tam­bours et des cor­ne­muses. La course a pour dé­cor la mon­tagne avec la mer à ses pieds, le so­leil, les pal­miers et l’architecture moyen- orien­tale. Ici, les gratte- ciel ne poussent pas comme des cham­pi­gnons. La hau­teur des construc­tions ne peut ex­cé­der la taille des mi­na­rets. « A cette pé­riode de l’an­née, je pré­fère al­ler sur des courses où le beau temps est ga­ran­ti, ex­plique Ch­ris­to­pher Froome, le vain­queur sor­tant de l’épreuve, dont c’est la re­prise. Comme j’ai pas­sé l’es­sen­tiel de l’in­ter­sai­son en Afrique du Sud, je suis dé­jà ac­cli­ma­té à la cha­leur. Il y a une ar­ri­vée en al­ti­tude et quelques étapes val­lon­nées. Je pense que c’est la bonne course pour dé­mar­rer. »

res­sources en pétrole li­mi­tées

L’an der­nier, Froome, Ro­dri­guez, Evans, Con­ta­dor et Ni­ba­li s’étaient li­vré sur les pentes de Green Moun­tain ( mon­tagne Verte, ap­pe­lée ain­si pour sa fer­ti­li­té) une ba­taille digne de juillet. Du coup, le re­ten­tis­se­ment de l’épreuve, dont c’est la cin­quième édi­tion, a grim­pé d’un cran. Quelques- uns des fa­vo­ris du Tour sont re­ve­nus et re­mettent ça à Green Moun­tain de­main.

Dé­jà ini­tia­teurs du Tour du Qa­tar, créé en 2002, Ed­dy Mer­ckx et son as­so­cié Dirk De Pauw ont vu juste en im­plan­tant une épreuve à Oman, dont la pre­mière édi­tion s’est cou­rue en 2010 après quatre an­nées de trac­ta­tions. « Je croyais dans le po­ten­tiel du Moyen- Orient, ex­plique Ed­dy Mer­ckx. Le temps est su­perbe, il n’y a pas beau­coup de dé­ca­lage ho­raire ( trois heures avec Pa­ris) et les cou- reurs sont tous les jours dans le même hô­tel. A une époque, ils al­laient en Ma­lai­sie, mais le dé­ca­lage est trop im­por­tant, l’air trop hu­mide, si bien que beau­coup re­ve­naient ma­lades. » « Quant aux di­ri­geants, en­chaîne- t- il, ils ont me­su­ré le po­ten­tiel pu­bli­ci­taire. Le cyclisme est le seul sport qui montre un pays à la té­lé­vi­sion, à la dif­fé­rence du football ou du ten­nis. Dans l’op­tique du dé­ve­lop­pe­ment du tou­risme, il n’y a rien de tel… »

Or, c’est pré­ci­sé­ment la vo­lon­té d’Oman. Les res­sources en pétrole et en gaz étant li­mi­tées — 5,5 milliards de ba­rils de brut contre 320 milliards à l’Ara­bie saou­dite — et dif­fi­ciles à ex­traire, le sul­ta­nat a donc dé­jà en­tre­pris de di­ver­si­fier son éco­no­mie, en ex­ploi­tant ses 2 400 km de plage de sable fin. Dé­jà équi­pé de quelque 6 000 hô­tels, dont cer­tains très luxueux, et d’un ré­seau rou­tier mo­derne, Oman, pays mu­sul­man pro­gres­siste ( plu­sieurs femmes siègent au gou­ver­ne­ment), ac­cueille 30 % de vi­si­teurs sup­plé­men­taires chaque an­née, se­lon le mi­nis­tère du Tou­risme. Qui sait si, un jour, les bai­gneurs ne quit­te­ront pas leur ser­viette pour al­ler voir pas­ser les cou­reurs.

( AFP/ Mo­ham­med Mah­joub.)

Mas­cate ( Oman), hier. Quelques- uns des fa­vo­ris de la Grande Boucle, dont Ch­ris­to­pher Froome, sont ve­nus en dé­coudre dans cette épreuve qui a pour dé­cor la mon­tagne avec la mer à ses pieds.

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