Pour­quoi­leXV­deF­ran­ce­voya­ge­mal

Le Parisien (Paris) - - Sports - CAR­DIFF ( PAYS DE GALLES) De notre en­voyé spé­cial OLI­VIER FRAN­ÇOIS

La fri­lo­si­té ex­ces­sive de Phi­lippe Saint- An­dré au­rait- elle ga­gné ses troupes ? Dès qu’ils mettent le nez de­hors, ses Bleus s’en­rhument. De­puis qu’il est de­ve­nu leur sé­lec­tion­neur fin 2011, les Tri­co­lores ne se sont en ef­fet im­po­sés que deux fois hors de leurs bases : dans le Tour­noi des Six Na­tions 2012 en Ecosse ( 23- 17) et lors de la tour­née d’été qui a sui­vi contre une équipe B d’Argentine ( 49- 10). C’est peu. C’est même in­quié­tant dans la pers­pec­tive d’une Coupe du monde qui au­ra lieu en An­gle­terre et au pays de Galles dans moins de dix- neuf mois, alors que l’ob­jec­tif est le titre su­prême.

Ce soir à Car­diff, la mis­sion de Saint- An­dré se­ra d’ef­fa­cer cette image de ga­mins em­po­tés qui col- le aux basques de ses joueurs quand ils quittent les pe­louses de l’Hexa­gone et ne sont plus por­tés par le sou­tien d’un pu­blic so­li­daire. « Chez soi, cha­cun dé­fend sa pa­trie, sou­ligne le troi­sième ligne Wen­ces­las Lau­ret. On le res­sent quand on joue chez nous, alors c’est pa­reil pour les autres. On donne un peu plus car il y a une no­tion de honte en cas de dé­faite. Pour ga­gner à l’ex­té­rieur, il faut réa­li­ser le match par­fait. »

Or, ces der­niers mois, les Bleus sont res­tés très loin de la per­fec­tion. « L’an­née pas­sée, on a man­qué d’ef­fi­ca­ci­té, re­lève le ta­lon­neur Di­mi­tri Szarzewski. C’était vrai­ment notre gros dé­faut. Le pro­blème, c’est que c’est un cercle vi­cieux. La confiance s’en­vole vite et, après, il est dif­fi­cile de prendre l’as­cen­dant sur un ad­ver­saire dans un contexte qui ne nous est pas fa­vo­rable. »

« Nous n’avons pas eu beau­coup de réus­site, en­chaîne le pi­lier Vincent De­ba­ty. Lors du Tour­noi 2013, nous a v o n s q u a n d même failli battre l’Ir­lande chez elle ( 13- 13) et sur­prendre l’An­gle­terre à Twi­cken­ham ( dé­faite 23- 13). Mais le pe­tit plus va tou­jours du cô­té de ce­lui qui évo­lue à do­mi­cile. Il y a le pu­blic mais aus­si l’ar­bitre. »

Tous l’ad­mettent : la confiance en soi est la seule thé­ra­pie. Les suc­cès contre le XV de la Rose

Le pe­tit plus va tou­jours du cô­té de ce­lui qui évo­lue

à do­mi­cile”

Vincent De­ba­ty, pi­lier fran­çais ( 26- 24) et l’Ita­lie ( 30- 10) lors des deux pre­miers matchs de la com­pé­ti­tion suf­fi­ront- ils ce­pen­dant pour faire plier les Gal­lois dans leur Millennium Sta­dium, comme lors du Grand Che­lem 2010 ( 2620) ? « C’est peut- être le bon mo­ment car ils ne semblent pas très au point ac­tuel­le­ment ( NDLR : dé­faite 26- 3 en Ir­lande il y a deux se­maines) » , es­père Lau­ret.

Ré­mi Ta­lès, le de­mi d’ou­ver­ture, pense le contraire : « Ils vont vou­loir se re­prendre de­vant leur pu­blic. Il fau­dra mar­quer tous les points pos­sibles car le sup­plé­ment d’âme se­ra de leur cô­té. » « Les Gal­lois res­semblent aux Néo- Zé­lan­dais, ils gardent long­temps le ballon et donnent beau­coup d’in­ten­si­té à leur jeu, ex­plique le troi­sième ligne Yan­nick Nyan­ga. A nous de ré­pondre à ce dé­fi- là. »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.