TRISTANA LA BRE­BIS CLAU­DIQUE

Le Parisien (Paris) - - Le fait du jour -

La seule par­mi 200 paires de sa­bots. Tristana traîne la patte. « Je lui ai don­né ce sur­nom parce qu’elle a pas­sé les pre­miers mois de sa vie dans un coin, toute dé­pres­sive et les oreilles tom­bantes » , sou­rit l’éle­veuse de bre­bis en ti­rant de la co­hue celle dont elle a re­pé­ré le boi­te­ment. Le pe­tit por­table de l’agri­cul­trice af­fiche 17 h 15 : le trou­peau est re­ve­nu à la ber­ge­rie et s’adonne à un concours to­ni­truant de bê­le­ments. Ce long tun­nel bâ­ché de plas­tique ac­cueille 100 bre­bis et agneaux quand son nou­veau trou­peau de 80 bêtes pâ­ture à une di­zaine de ki­lo­mètres de là.

« Mais tu pues des pieds, ma pou­lette ! » lance Sté­pha­nie à Tristana, ca­lée contre ses jambes, sur l’ar­riè­re­train. Une pince à on­glon — la corne du sa­bot — entre les mains, elle dés­in­fecte les pattes de l’ani­mal. « L’hi­ver, elles marchent sur un sol hu­mide, alors les ongles poussent. Le risque est que ce­la s’in­fecte. »

Un peu plus tôt, c’est Clo­chette qui a ré­cla­mé le même soin. Ailleurs, une glou­tonne, à force de cris, a pu être dé­ga­gée d’un sac de nour­ri­ture dans le­quel elle bou­lot­tait al­lègre- ment avec quelques com­plices. Deux agneaux nou­veau- nés, ché­tifs et ter­ro­ri­sés, ont été re­pla­cés contre leur mère. « Prendre soin de mes bêtes re­pré­sente une bonne par­tie du travail » , ex­plique, avec dy­na­misme, l’éle­veuse. « On forme une équipe ! Ça peut sembler nu­nuche, mais mon mo­ment pré­fé­ré, c’est quand j’arrive le ma­tin et qu’une bre­bis m’a at­ten­due pour mettre bas. »

Saint- Ger­main- sur- Ay ( Manche), mer­cre­di. Sté­pha­nie dés­in­fecte les pattes de sa bre­bis avec une pince à on­glon.

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