L’HEURE DE LA COMP­TA… ET DES DIF­FI­CUL­TÉS FI­NAN­CIÈRES

Le Parisien (Paris) - - Le fait du jour -

« La comp­ta­bi­li­té, c’est la han­tise de tous les agri­cul­teurs, mais moi, ça ne m’en­nuie pas » , lance avec éner­gie Sté­pha­nie, bons d’équar­ris­sage et dos­siers d’as­su­rance épar­pillés sur la grande table de sa mai­son. Ce travail ad­mi­nis­tra­tif — « pour beau­coup, c’est du sui­vi des ré­gle­men­ta­tions » — lui ré­clame au mi­ni­mum une heure en fin de ma­ti­née.

« L’ar­gent est une grosse des­cente aux en­fers » , confie l’éle­veuse qui peut, dans « un pic d’an­goisse » , an­ti­ci­per les re­cettes qu’elle sou­ti­re­ra de ses ventes d’agneaux et de laine. « On gagne très mal sa vie en tant qu’agri­cul­teur. L’ob­jec­tif su­prême, après cinq an­nées au moins, c’est de vivre avec l’équi­valent du smic. » Son sa­laire ac­tuel­le­ment ? « Je tire 28 000 € de re­cettes mais j’ai aus­si 28 000 € de charges » , cal­cule- t- elle, comp­tant sur le RSA et l’al­lo­ca­tion de pa­rent iso­lé pour les dé­penses cou­rantes et le loyer. « Pour­tant, je tra­vaille dur et sept jours sur sept ! »

Cette ma­man a re­non­cé à ses an­ciens modes de consom­ma­tion : « Je fais du troc, je ne vais pas au res­tau­rant, ne pars pas en va­cances » , énu­mère- t- elle. « Mais je suis fière d’être ma propre pa­tronne ; mon ob­jec­tif, c’est évi­dem­ment de de­ve­nir ren­table très bien­tôt. »

Saint- Ger­main- sur- Ay ( Manche), jeu­di. « On gagne très mal sa vie en tant qu’agri­cul­teur » , té­moigne Sté­pha­nie.

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