Le­blues­desBon­nets­rouges

Al’au­tomne, leur mo­bi­li­sa­tion contre l’éco­taxe avait fait re­cu­ler le pou­voir. Que­reste- t- il dumou­ve­ment ?

Le Parisien (Paris) - - Politique - QUIM­PER ( FI­NIS­TÈRE) de notre en­voyée spé­ciale BÉ­RAN­GÈRE LEPE­TIT

Ils font bande à part. Au­jourd’hui, l’un monte à Pa­ris au pre­mier jour du Sa­lon de l’agri­cul­ture, l’autre va dé­fi­ler dans les rues de Nantes avec les op­po­sants à l’aé­ro­port de Notre- Da­medes- Landes ( lire en­ca­dré). « On se com­plète, c’est tout » , ba­laient les deux lea­ders des Bon­nets rouges, Thier­ry Mer­ret, agri­cul­teur et pa­tron de la FDSEA du Fi­nis­tère ( le syn­di­cat agri­cole ma­jo­ri­taire), et Ch­ris­tian Troa­dec, maire ( di­vers gauche) de Ca­rhaix.

« On prend l’Hexa­gone en te­naille ! L’un dans la ca­pi­tale de la France, l’autre dans celle de la Bre­tagne » , ri­gole Troa­dec, fi­dèle à son ba­gou. Of­fi­ciel­le­ment, les Bon­nets rouges, à tra­vers le col­lec­tif Vivre, dé­ci­der et tra­vailler au pays, ne sou­tiennent pas la ma­ni­fes­ta­tion contre l’aé­ro­port. « Mais si le temps est plu­vieux à Nantes, cer­tains se­ront peut- être contents de se cou­vrir la tête avec un pe­tit bon­net » , note Troa­dec.

Les deux porte- parole n’en sont pas à leur pre­mière ani­croche. Le choc des ego ? « Troa­dec aime les coups. Heu­reu­se­ment que j’ai de la ré­par­tie, glisse Mer­ret. Ce qui nous ras­semble, c’est la Bre­tagne. »

nMoins

pré­sents dans l’ac­tua­li­té

Les am­bi­tions sont par­fois di­ver­gentes. L’un se re­ven­dique pay­san, as­sure « ne pas vou­loir dé­sta­bi­li­ser le Sa­lon de l’agri­cul­ture » , tan­dis que l’autre, maire de­puis treize ans, brigue de nou­veau Ca­rhaix. Après un au­tomne triom­phant, les Bon­nets vivent mal le creux de l’hi­ver. « Ils ont mar­qué l’au­tomne mais, pour le sa­lon, ils ne sont pas vrai­ment dans le ra- dar » , com­mente- t- on au mi­nis­tère de l’Agri­cul­ture… sans ex­clure néan­moins un baroud d’hon­neur. En outre, le dé­part de l’unique fi­gure mé­dia­tique fé­mi­nine, Na­dine Hour­mant, tête de file syn­di­cale ( Force ou­vrière) ta­clant la « ré­cu­pé­ra­tion po­li­tique » des Bon­nets, a je­té un froid.

« Ça part un peu dans tous les sens, re­con­naît le dis­cret Oli­vier Le Bras, dé­lé­gué FO chez Gad. Les Bon­nets, c’est de­ve­nu un peu Breizh, Breizh ! La ré­gio­na­li­sa­tion me dé­passe, je n’ex­clus pas de prendre mes dis­tances. » Le Prin­temps des Bon­nets rouges, an­non­cé par ses deux lea­ders pour le 8 mars, au­ra- t- il bien lieu ? « Pa­ris tremble ! veut croire Thier­ry Mer­ret. On fait des ja­loux… »

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