Che­va­line: l’ex- po­li­cie­ré­tai­tun­nos­tal­gi­quede1939- 1945

Le Parisien (Paris) - - Faitsdivers - CHE­VA­LINE ( HAUTE- SA­VOIE) De notre en­voyé spé­cial JEAN- MARC DUCOS

Un temps soup­çon­né d’être le tueur de Che­va­line, Eric D., 48 ans, un ex- po­li­cier mu­ni­ci­pal re­con­ver­ti comme agent de sé­cu­ri­té en Suisse, se­ra pré­sen­té ce ma­tin à un ma­gis­trat du tri­bu­nal d’An­ne­cy ( Haute- Sa­voie). Il de­vrait être mis en exa­men pour « dé­ten­tion illé­gale d’armes » . Une qua­ran­taine de fu­sils et de pis­to­lets- mi­trailleurs de tous types, et no­tam­ment des armes de guerre non neu­tra­li­sées, ont été re­trou­vés à son do­mi­cile et chez ses beaux- pa­rents qui ré­sident à Che­va­line. C’est dans ce vil­lage, le 5 sep­tembre 2012, que trois per­sonnes ont été re­trou­vées tuées par balles, dans une BMW ga­rée sur un par­king : Saad al- Hilli, un Bri­tan­nique d’ori­gine ira­kienne âgé de 50 ans, son épouse Iq- bal et la mère de cette der­nière. Un cy­cliste, consi­dé­ré comme une vic­time col­la­té­rale, a éga­le­ment été tué. nCol­lec­tion­neur Eric De­vouas­soux, nos­tal­gique de la Se­conde Guerre mon­diale ar­bo­rant une che­va­lière à croix gam­mée, avait été in­ter­pel­lé mar­di ma­tin car sa res­sem­blance avec le portrait- ro­bot d’un homme cas­qué re­pé­ré à proxi­mi­té des lieux du drame était confon­dante. De plus, l’en­quête des gen­darmes avait per­mis d’éta­blir que l’ex- po­li­cier « ne ca­chait rien de sa dé­tes­ta­tion des étran­gers » et chas­sait dans les bois du mas­sif des Bauges, au­tour de Che­va­line.

« Ces soup­çons étaient lé­gi­times et de­vaient être vé­ri­fiés » , es­time le pro­cu­reur Eric Maillaud, qui s’em­presse de pré­ci­ser que « rien ne per­met de le

compulsif

lier à l’af­faire de Che­va­line car ni la mo­to vue par des agents de l’Of­fice na­tio­nal des fo­rêts, ni le casque, ni l’arme de type Lu­ger re­trou­vé chez lui ne cor­res­pondent aux élé­ments de la scène de crime » . Même Marc Du­four, l’avo­cat d’Eric D., juge cette « vé­ri­fi­ca­tion né­ces­saire et cette garde à vue in­con­tour­nable » . L’ex- po­li­cier avait été ci­blé car son té­lé­phone por­table avait été re­pé­ré ce jour- là sur la zone de Che­va­line. Mais après vé­ri­fi­ca­tion, il ne pou­vait être sur la scène de crime entre 15 h 30 et 15 h 40.

Le pro­cu­reur dé­crit Eric D. comme « un col­lec­tion­neur compulsif qui amasse par be­soin de pos­sé­der ces armes de la Se­conde Guerre mon­diale, mais ce tra­fic n’ali­men­tait pas le grand ban­di­tisme » . Ses armes étaient souvent im­por­tées en contre- bande de­puis la Suisse et il les en­tas­sait chez son beau- père, Claude, un an­cien pro­fes­seur au col­lège de Fa­verges à la re­traite et ins­tal­lé à Che­va­line de longue date. Il est aus­si chef de cho­rale à l’église le di­manche. « C’est un com­plot de la jus­tice contre mon gendre. On n’a rien trou­vé chez moi » , as­sure l’homme avec beau­coup de vé­hé­mence. Pour­tant, c’est bien chez lui, dans cette belle bâ­tisse sa­voyarde ty­pique à deux pas de la mai­rie du vil­lage, que « les gen­darmes ont re­trou­vé quelques gre­nades et un obus » , in­dique le pro­cu­reur. « Mon client re­con­naît les faits. Mais quant à en faire un tra­fi­quant, il y a une nuance sé­man­tique. Et n’ou­blions ja­mais que cet homme n’a au­cun an­té­cé­dent ju­di­ciaire » , plaide dé­jà Me Marc Du­four.

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