Kla­pi­sch­dans­les­cou­lis­ses­del’ex­ploit

Le Parisien (Paris) - - Télévision Et Médias - SAN­DRINE LE­FÈVRE

Les images sont an­ciennes, presque pous­sié­reuses. C’est par cette sé­quence, celle du vieux re­cord du monde du saut à la perche de Ser­gueï Bub­ka ( 6,15 m en 1993), que Cédric Kla­pisch com­mence son documentaire « La­ville­nie, l’élé­va­tion » , dif­fu­sé sur Ca­nal + au­jourd’hui ( 16 h 30).

Sa­me­di der­nier, le réa­li­sa­teur des « Pou­pées russes » était à Do­netsk, en Ukraine, au­près du cham­pion olym­pique, dé­sor­mais haut per­ché à 6,16 m. La ren­contre entre les deux hommes peut sembler im­pro­bable. « J’ai fait de la perche de 12 à 18 ans, si­gnale pour­tant Kla­pisch. Ce­la fai­sait quelque temps que je cher­chais à ren­con­trer Re­naud. »

On était tous dans un état

se­cond”

Cédric Kla­pisch, réa­li­sa­teur

Le ren­dez- vous avait eu lieu le 29 jan­vier à Pa­ris : tous deux évoquent alors l’idée d’un documentaire sur la quête d’un deuxième titre olym­pique à Rio en 2016. Mais l’his­toire de ce per­chiste hors du com­mun s’ac­cé­lère. Le 21 jan­vier, La­ville­nie de­vient l’homme le plus haut du monde à la perche. Sous la ca­mé­ra de Kla­pisch, qui s’était ren­du à Do­netsk pour suivre l’athlète.

Les longues heures d’at­tente, l’ins­tant émou­vant où La­ville­nie s’en­vole, l’hom­mage du grand Bub­ka… le ci­néaste n’a rien man­qué. « Plu­sieurs choses m’ont mar­qué chez ce cham­pion, té­moigne- t- il. Sa grande so­li­tude pen­dant ce concours où il va s’iso­ler pour se concen­trer. Et puis ce dé­ca­lage au mo­ment où il fran­chit la barre. Ça fait des an­nées qu’il rêve de fran­chir 6,16 m, des an­nées qu’il s’y pré­pare et, au mo­ment où il y par­vient, il n’y croit pas. »

Le Fran­çais se prend la tête entre les mains, puis re­çoit l’hom­mage de Ser­gueï Bub­ka qui, pen­dant vingt et un ans, au­ra dé­te­nu l’un des re­cords les plus my­thiques de l’ath­lé­tisme. « Entre Bub­ka et Re­naud, il y a presque un rap­port père- fils, com­mente Kla­pisch. Bub­ka est sin­cè­re­ment heu­reux que ce­lui qu’il pré­fère lui suc­cède. On sent chez lui une réelle émo­tion d’avoir as­sis­té à ce mo­ment. »

Le réa­li­sa­teur avoue avoir été se­coué. « On était tous dans un état se­cond » , ra­conte- t- il. Le documentaire per­met éga­le­ment de dé­cou­vrir un La­ville­nie tou­chant et humble. On re­grette même que ce­la ne dure que vingt mi­nutes.

Le ci­néaste La­ville­nie

n’a rien man­qué du spec­tacle : de la concen­tra­tion au mo­ment où s’en­vole, sans oublier l’hom­mage du grand Bub­ka à son suc­ces­seur.

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