« La­jus­ti­ce­nous­ren­dra ce­qui­nou­saé­té­vo­lé »

Jean- PaulHu­chon, pré­si­dentPSde la ré­gion Ile- de- France

Le Parisien (Paris) - - Paris - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR JU­LIEN DUFFÉ

Jean- Paul Hu­chon contre- at­taque, trois jours après la pa­ru­tion d’un ar­ti­cle­dans le « Canard En­chaî­né » . L’heb­do­ma­daire y ré­vé­lait que le tri­bu­nal de grande ins­tance de Pa­ris avait re­je­té, le 17 dé­cembre der­nier, la de­mande de dom­mages et in­té­rêts in­tro­duite en 2008 par la col­lec­ti­vi­té dans le cadre de la fa­meuse af­faire dite des « mar­chés tru­qués des ly­cées d’Ilede- France » . Mo­tif : la ré­gion avait dé­pas­sé de deux ans le dé­lai de pres­crip­tion. Manque à ga­gner : 232 M€! L’élu, qui a fait ap­pel, dit au­jourd’hui son in­com­pré­hen­sion.

De la po­lé­mique

mi­nable”

La jus­tice es­time que vous avez trop at­ten­du avant d’en­ga­ger votre de­mande en ré­pa­ra­tion. Quelle est votre ré­ac­tion ? Jean- Paul Hu­chon. Je ne com­prends pas cette dé­ci­sion que je trouve d’ailleurs très cu­rieuse. Se­lon la plu­part des spé­cia­listes du droit dont nous nous sommes en­tou­rés — ain­si que le pro­cu­reur à l’au­dience —, il n’y a pas de pres­crip­tion dans cette af­faire. Nous avons ré­cla­mé des dom­mages et in­té­rêts à par­tir du mo­ment où nous avons eu confir­ma­tion des condam­na­tions pé­nales. Il n’y a donc eu, se­lon vous, au­cune né­gli­gence… Nous avons tou­jours été ex­trê­me­ment com­ba­tifs. Cette his­toire est pa­ra­doxale. De­puis plus de dix ans, c’est nous qui pour­sui­vons de­vant la jus­tice les en­tre­prises du BTP cou­pables de sur­fac­tu­ra­tions. La ré­gion a été par­tie ci­vile au pro­cès pé­nal, elle est al­lée de­vant le Con­seil de la concur­rence qui a pro­non­cé une amende re­cord de 43 M€. Et on nous ac­cuse main­te­nant de lé­gè­re­té ? Le groupe d’op­po­si­tion UMP, em­me­né par Va­lé­rie Pé­cresse, vous ac­cuse même d’ama­teu­risme… C’est scan­da­leux et ce­la me met en co­lère. C’est quand même le RPR, au­quel a suc­cé­dé l’UMP, qui a été lar­ge­ment fau­tif à l’époque. C’est sous la pré­si­dence du RPR Mi­chel Giraud qu’une cen­taine de mar­chés pu­blics ont été tru­qués pour fi­nan­cer des par­tis po­li­tiques. Plus de qua­rante per­sonnes ont d’ailleurs été ju­gées et condam­nées. La ré­gion a été flouée, et j’ai re­mis tout en ordre quand je suis ar­ri­vé ( NDLR : en 1998) à la pré­si­dence. Au­jourd’hui, il n’y a plus au­cun pro­blème avec les ap­pels que nous pas­sons. M’ac­cu­ser d’avoir lais­sé pas­ser le dé­lai, je trouve ça hal­lu­ci­nant : c’est de la po­lé­mique mi­nable. Que va- t- il se pas­ser main­te­nant ? Nous avons fait ap­pel le 22 jan­vier, ce qui sus­pend l’exé­cu­tion du ju­ge­ment. Je ne paie­rai donc pas un cen­time des 300 000 € qu’on nous ré­clame pour frais de jus­tice. Nous pour­sui­vons la ba­taille pour ob­te­nir ces dom­mages et in­té­rêts. Je suis cer­tain qu’à la fin, la jus­tice nous don­ne­ra rai­son et qu’on nous ren­dra ce que les en­tre­prises nous ont vo­lé car c’est de ce­la qu’il s’agit. J’ai confiance : il s’agit quand même d’ob­te­nir une ré­pa­ra­tion de 232 M€ dans une af­faire qui a dé­frayé la chro­nique.

( LP/ Oli­vier Aran­del.)

La jus­tice es­time que la ré­gion a trop at­ten­du avant de de­man­der ré­pa­ra­tion dans l’af­faire des mar­chés tru­qués des ly­cées. Face à l’ama­teu­risme dont l’ac­cuse la droite, Jean- Paul Hu­chon ex­prime sa co­lère.

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