Le bat­teur de Daft Punk se confie

Mu­sique. Le tube « Get Lu­cky » est no­tam­ment né de ses rythmes. Omar Ha­kim, bat­teur de jazz, joue ce soir dans un pub­du Val- de- Marne.

Le Parisien (Paris) - - La Une - Pro­pos re­cueillis par ÉRIC BU­REAU

Daft Punk ne parle pas, ne se montre pas, ne joue pas. Mais leur bat­teur fait les trois. Omar Ha­kim, qui est pour beau­coup dans le groove de « Ran­dom Ac­cess Me­mo­ries » , l’al­bum aux cinq Gram­my Awards, est ce soir à l’Ate­lier du Mou­lin, un in­croyable pub du Val- de- Marne qui at­tire des mu­si­ciens de re­nom­mée mon­diale, de Dar­ryl Jones et To­ny Le­vin, bas­sistes pour les Rol­ling Stones et Pe­ter Ga­briel, au gui­ta­riste Carl Ve­rheyen, de Su­per­tramp.

Ce bat­teur de jazz amé­ri­cain a par­ti­ci­pé à de nom­breux chefs- d’oeuvre, « Let’s Dance » de Da­vid Bo­wie, « Bro­thers in Arms » de Dire Straits, « The Dream of the Blue Turtles » , le pre­mier al­bum so­lo de Sting… Mais ce jo­vial quin­qua­gé­naire, qui tourne avec The Trio of Oz et que nous avons joint en Po­logne, ne ta­rit pas d’éloges sur le duo élec­tro fran­çais. Est- ce que vous al­lez jouer « Get Lu­cky » à l’Ate­lier du Mou­lin ? OMAR HA­KIM. ( Il ex­plose de rire.) Mais vous êtes le pre­mier à me de­man­der ça ! Je vais en par­ler à ma femme ( NDLR : la pia­niste Ra­chel Z, qui joue avec lui), mais pour­quoi pas… Ce se­rait drôle. Les Daft Punk ha­bitent à Pa­ris, n’est- ce pas, on pour­rait le faire en­semble ! Comment êtes- vous ar­ri­vé sur leur al­bum ? Par votre ami com­mun Nile Rod­gers ? Non, par Ch­ris Cas­well, qui fait les ar­ran­ge­ments et les cla­viers pour eux de­puis des an­nées. Il m’a pro­po­sé et j’ai aus­si­tôt ac­cep­té. Pour moi, les Daft Punk sont des gé­nies, du ni­veau des plus grands. Des com­po­si­teurs et des ar­chi­tectes so­nores in­croyables, qui ont chan­gé la face de la mu­sique élec­tro­nique et in­novent en­core en in­cluant des mu­si­ciens tra­di­tion­nels. Comme vous… Au dé­part, je pen­sais qu’ils vou­laient que je joue de la bat­te­rie élec­tro­nique. Mais ils m’ont dit : « Pas du tout, on veut de la bat­te­rie acous­tique. » Vrai­ment, quelle sur­prise ! Ils sont comme ça, hors des modes. Et c’est leur grande force par rap­port à beau­coup de pops­tars, qui basent tout sur le look et lassent vite. Eux durent et gros­sissent. Comment sont les Daft Punk au tra­vail ? Dé­so­lé, je n’ai pas d’anec­dotes crous­tillantes à leur su­jet ( il rit). Ils tra­vaillent sans leur casque, mais gardent quand même une part de mys­tère pour moi. On a en­re­gis­tré en­semble il y a presque deux ans, pen­dant une se­maine, et c’était as­sez éton­nant. Car ils ne me de­man­daient pas de

Aux Gram­mys, on a fait dan­ser

toute la salle, c’était ma­gique”

jouer sur des chan­sons dé­jà exis­tantes, mais de créer des beats fun­ky, de dé­ve­lop­per des idées de rythmes, de « faire un boeuf » avec les autres mu­si­ciens. C’est ain­si qu’est né « Get Lu­cky » ? Quand on a fait l’al­bum, « Get Lu­cky » n’était pas en­core né. Ils l’ont créé à par­tir de mes par­ties de bat­te­rie et de la gui­tare de Nile. Donc, le groove de « Get Lu­cky » , c’est vous ? En tout cas, j’étais à l’ori­gine du pro­ces­sus. Mais je ne pou­vais pas ima­gi­ner un tel suc­cès. Je leur ai lais­sé des tonnes de groove qu’ils ont col­lés par la suite. Tho­mas Ban­gal­ter avait les idées des thèmes, il les jouait pour moi et me de­man­dait d’im­pro­vi­ser un groove des­sus. Et il en­re­gis­trait. A l’an­cienne. C’était une ex­pé­rience très in­té­res­sante. Même pour vous qui avez joué pour Miles Da­vis et Mi­chael Jack­son ? Bien sûr ! Grâce à eux, j’ai joué aux Gram­mys avec Ste­vie Won­der, Phar­rell Williams et des ro­bots ( rires). On a fait dan­ser toute la salle, c’était ma­gique, une nuit de cé­lé­bra­tion ! Aux Etats- Unis, les Daft Punk sont des stars. Après la cé­ré­mo­nie, tout le monde est ve­nu nous voir : McCart­ney, Lars Ul­rich de Me­tal­li­ca, Dave Grohl de Nir­va­na, Ste­ven Ty­ler, d’Ae­ros­mith… Je n’ou­blie­rai ja­mais cette nuit. « I get lu­cky ! » The Trio of Oz ce soir à 20 heures à l’Ate­lier du Mou­lin, N 19, à San­te­ny ( Val- de- Marne) ; 25 € ; ré­ser­va­tions au 01.43.86.52.85 ou sur www.pu­ble­mou­lin.fr.

( John Ab­bott.)

( John Ab­bott.)

Des Daft Punk, Omar Ha­kim dit qu’ils sont « des com­po­si­teurs et des ar­chi­tectes so­nores in­croyables, qui ont chan­gé la face de la mu­sique élec­tro­nique » .

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