« Ce­taé­ro­port es­tun­ca­price mé­ga­lo »

Can­di­da­tauxé­lec­tions­mu­ni­ci­pa­le­se­taux eu­ro­péennes, Flo­rian Phi­lip­pot, bras­droit deMa­ri­neLePen, ju­ge­le­pro­jet­deNo­treDame- des- Lan­de­si­nu­tile et­coû­teux.

Le Parisien (Paris) - - Politique - Pro­pos re­cueillis par OLI­VIER BEAU­MONT

Vice- pré­sident du Front na­tio­nal, Flo­rian Phi­lip­pot est can­di­dat aux mu­ni­ci­pales à For­bach ( Mo­selle) et tête de liste aux eu­ro­péennes dans la ré­gion Grand Est. Très cri­tique sur le rôle de l’Eu­rope en Ukraine, il dé­nonce éga­le­ment la baisse des cré­dits mi­li­taires en France. La mo­bi­li­sa­tion s’est pour­sui­vie ce week- end, à Nantes, contre l’aé­ro­port de Notre- Da­medes- Landes. L’ap­prou­vez- vous ? FLO­RIAN PHI­LIP­POT. Sur le fond, le Front na­tio­nal s’est tou­jours pro­non­cé contre de No­treDame- des- Landes, car on peut agran­dir l’aé­ro­port ac­tuel de Nantes At­lan­tique. Cet aé­ro­port est, donc, un ca­price mé­ga­lo et très coû­teux de M. Ay­rault. Des af­fron­te­ments avec la po­lice ont eu lieu à la fin de la ma­ni­fes­ta­tion… Une large ma­jo­ri­té des gens qui ont ma­ni­fes­té hier était sin­cère. Mais on doit, bien évi­dem­ment, prendre en compte qu’à la fin il y a eu une casse vio­lente et in­ad­mis­sible. C’est le fait de groupes d’ex­trême gauche an­ti­fas­cistes qui agissent ain­si de­puis des mois, car ils bé­né­fi­cient, de la part de M. Valls, d’une vé­ri­table com­plai­sance. Il faut que ce­la cesse. En Ukraine, le pré­sident Vik­tor Ia­nou­ko­vitch a fi­ni par aban­don­ner le pou­voir. Est- ce le dé­butd’une sor­tie de la crise ? Il faut res­ter pru­dent, les évé­ne­ments sont en­core confus. Ce qui est cer­tain, c’est qu’il faut or­ga­ni­ser des élec­tions le plus vite pos­sible, tout en évi­tant à tout prix une par­ti­tion du pays, entre l’Est rus­so­phone et l’Ouest pro- oc­ci­den­tal, ce qui se­rait dra­ma­tique. Après avoir long­temps ter­gi­ver­sé, l’Eu­rope n’a- t- elle pas réus­si à im­po­ser un ac­cord ? L’Union eu­ro­péenne a joué un rôle dé­lé­tère en fai­sant des pro­messes in­con­si­dé­rées à l’Ukraine : elle lui a pro­po­sé un ac­cord d’as­so­cia­tion qui se se­rait, à terme, trans­for­mé en adhé­sion. Mais aus­si en sou­te­nant un camp par rap­port à un autre, en me­na­çant de sanctions les di­ri­geants res­pon­sables de la ré­pres­sion. Il faut main­te­nant évi­ter les in­gé­rences et per­mettre à l’Ukraine de re­trou­ver son uni­té na­tio­nale. Mer­cre­di, l’As­sem­blée na­tio­nale doit se pro­non­cer sur le pro­lon­ge­ment de l’in­ter­ven­tion fran­çaise en Cen­tra­frique. Etes­vous fa­vo­rable à cette opé­ra­tion ? Nous la sou­te­nons à par­tir du mo­ment où nous n’avons pas le choix. Le pro­blème, c’est qu’on n’a pas en­voyé as­sez d’hommes au dé­but de l’in­ter­ven­tion. La vraie ques­tion ur­gente au­jourd’hui est le bud­get de l’ar­mée qui ne cesse d’être sa­bré. Il faut ré­ta­blir un bud­get mi­li­taire d’au moins 2 % du PIB. Que manque- t- il à l’ar­mée ? Les troupes sont dé­mo­ra­li­sées. Il suf­fit de dis­cu­ter avec les sol­dats pour le me­su­rer. Si on veut leur re­don­ner le mo­ral, il faut d’abord leur rendre des moyens sup­plé­men­taires. Un deuxième porte- avions s’im­pose pour la France. A l’heure où les Fran­çais doivent se ser­rer la cein­ture, la construc­tion d’un deuxième porte- avions est- elle vrai­ment une prio­ri­té ? C’est bon pour le pays. Les Fran­çais sont par­fai­te­ment ca­pables de le com­prendre.

Les troupes mi­li­taires fran­çaises sont dé­mo­ra­li­sées”

Fran­çois Hollande a ren­du mar­di hom­mage aux sol­dats mu­sul­mans tom­bés pen­dant les deux guerres. Quel est votre ju­ge­ment ? J’ai trou­vé cet hom­mage très cho­quant. Peu im­porte que les sol­dats tom­bés pour notre pays soient juifs, ca­tho­liques ou mu­sul­mans. Là, Fran­çois Hollande com­par­ti­mente la mé­moire na­tio­nale sous des cri­tères re­li­gieux et com­mu­nau­ta­ristes. C’est dé­tes­table et évi­dem­ment élec­to­ra­liste. Si vous ar­ri­vez en tête au soir des élec­tions eu­ro­péennes, le 25 mai, vous re­ven­di­que­rez le rang de pre­mier par­ti de France et de­man­de­rez la dis­so­lu­tion de l’As­sem­blée na­tio­nale. N’est- ce pas exa­gé­ré ? Nous es­ti­mons qu’on est au­jourd’hui dans une crise très pro­fonde, ce mou­ve­ment d’hu­meur doit être en­ten­du aus­si dans sa re­pré­sen­ta­tion na­tio­nale. Dans la ré­gion Grand Est, vous af­fron­te­rez Na­dine Mo­ra­no pour l’UMP et l’ex- syn­di­ca­liste Edouard Mar­tin pour le PS. Que pen­sez- vous d’eux ? Tous les deux tiennent le même dis­cours eu­ro­péiste. Pour Edouard Mar­tin, le PS a fait une er­reur po­li­tique en lui don­nant l’in­ves­ti­ture. Il est, pour les tra­vailleurs, ce­lui qui a tra­hi les hauts- four­neaux de Flo­range pour avoir sa place sur la liste des so­cia­listes aux eu­ro­péennes. Quant à Na­dine Mo­ra­no, je ne sais pas si elle ti­re­ra vers le haut cette cam­pagne… Que pen­sez- vous des ré­centes « cartes pos­tales » en­voyées par Ni­co­las Sar­ko­zy pour amor­cer son re­tour ? Sar­ko­zy, c’est : « Ça s’en va et ça re­vient » , « Tu veux ou tu ne veux pas ? » Ça de­vient las­sant, y com­pris pour ses sym­pa­thi­sants. Il est tout de même l’homme qui a fait perdre son camp à toutes les élec­tions sous sa pré­si­dence. Après, sur le fond, pour­quoi pas aus­si Lio­nel Jos­pin ou Edouard Bal­la­dur… Vous pen­sez qu’il ne pour­ra pas re­ve­nir en 2017 ? Soit il se­ra rat­tra­pé par les af­faires, soit il trou­ve­ra face à lui une porte fer­mée : celle du peuple fran­çais. Jean- Ma­rie Le Pen re­part au com­bat, à 85 ans, pour les eu­ro­péennes. N’y a- t- il pas un pro­blème de re­nou­vel­le­ment dans votre par­ti ? Il est dé­pu­té eu­ro­péen sor­tant et il se sent par­fai­te­ment les ca­pa­ci­tés de me­ner une cam­pagne et en­suite un man­dat. Je rap­pelle aus­si que le Front na­tio­nal a cette par­ti­cu­la­ri­té de pré­sen­ter aux mu­ni­ci­pales la plus jeune tête de liste, 18 ans, dans un pe­tit vil­lage de Mo­selle, et la can­di­date la plus âgée sur une liste, 101 ans, dans le Rhône.

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