LeSa­muins­pi­re­lesI­voi­riens

La mi­nistre de la San­té­deCôte d’Ivoire a ren­con­tré son­ho­mo­logue fran­çaise cette se­maine àPa­ris afin d’amé­lio­rer les ser­vices d’ur­gen­cede son­pays.

Le Parisien (Paris) - - Politique - AVA DJAMSHIDI

Le Sa­mu fran­çais fait des pe­tits. Consi­dé­ré comme un « mo­dèle » , le centre de ré­gu­la­tion mé­di­cal des ur­gences a dé­jà fait des émules en Amé­rique du Sud et en Afrique, no­tam­ment au Chi­li, au Bé­nin, en Al­gé­rie ou en­core au Maroc. C’est dé­sor­mais la Côte d’Ivoire qui s’y in­té­resse de près : les be­soins sont criants dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.

Freins qui lâchent, pneus trop lisses, ex­cès de vi­tesse… En Côte d’Ivoire, les ac­ci­dents de la route ( en­vi­ron 6 000 par an) font chaque an­née 600 morts, quelque 13 700 bles­sés… et au­tant de pa­tients que le Sa­mu ivoi­rien doit prendre en charge. 70 % de ses 7 000 in­ter­ven­tions an­nuelles concernent en ef­fet des cas de traumatologie rou­tière. nLa La mis­sion se ré­vèle qua­si im­pos­sible à re­le­ver avec les 247 per­sonnes que compte le ser­vice d’aide mé­di­cale d’ur­gence et les faibles moyens ( sept am­bu­lances pour tout le pays) qui lui étaient jus­qu’à pré­sent al­loués. Mais la si­tua­tion de­vrait néan­moins très vite chan­ger dans ce pays qui compte 23 mil­lions d’ha­bi­tants.

Cette an­née, la san­té a été dé­cla­rée « grande prio­ri­té na­tio­nale » par le pré­sident, Alas­sane Ouat­ta­ra, au pou­voir de­puis 2011. Et Ray­monde Couf­fie Gou­dou, la dy­na­mique mi­nistre char­gée de ce por­te­feuille, a dé­ci­dé de consa­crer une par­tie de

san­té, prio­ri­té na­tio­nale

ces moyens ex­cep­tion­nels à l’amé­lio­ra­tion du Sa­mu lo­cal. D’où la ren­contre qui s’est dé­rou­lée cette se­maine, à Pa­ris, avec la mi­nistre fran­çaise de la San­té, Ma­ri­sol Tou­raine. Ob­jec­tif ? Ré­flé­chir à la meilleure ma­nière de trans­fé­rer et d’adap­ter le sa­voir- faire du Sa­mu fran­çais aux be­soins de la po­pu­la­tion ivoi­rienne.

« Notre prio­ri­té est de cou­vrir l’in­té­gra­li­té du ter­ri­toire » , sou­ligne Ray­monde Couf­fie Gou­dou. Voi­là qui né­ces­si­te­ra une re­struc­tu­ra­tion glo­bale et une orien­ta­tion dif­fé­rente des pa­tientes. « L’or­ga­ni­sa­tion du travail en France est très ef­fi­cace, en par­ti­cu­lier au ni­veau de la ré­gu­la­tion des ur­gences, entre le mo­ment où les vic­times sont dé­cla­rées et leur prise en charge dans les éta­blis­se­ments hos­pi­ta­liers » , ac­quiesce Jacques Sis­so­ko, pa­tron du Sa­mu en Côte d’Ivoire après avoir ren­con­tré son ho­mo­logue fran­çais.

Mais il n’y a pas que l’or­ga­ni­sa­tion du travail. Des pro­fes­sion­nels

de san­té et des mé­de­cins ivoi­riens vont éga­le­ment suivre des for­ma­tions dans les struc­tures mé­di­cales fran­çaises. « Les four­nis­seurs choi­sis à Pa­ris en termes d’équi­pe­ment nous ai­guillent éga­le­ment » , re­lève Jacques Sis­so­ko. « Il y a beau­coup à faire, mais nous avons la vo­lon­té et nous comp­tons mettre les moyens né­ces­saires. Il y a ur­gence » , conclut la mi­nistre de la San­té.

( LP/ Del­phine Gold­sz­te­jn.)

Pa­ris, mar­di. La mi­nistre de la San­té de Côte d’Ivoire, Ray­monde Couf­fie Gou­dou.

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