« J’ai­tou­teu ! »

Ch­ris­tophe Ruaults, hy­po­con­driaque

Le Parisien (Paris) - - Société - Pro­pos re­cueillis par C. M.

Au­teur du livre « Confes­sion d’un hy­po­con­driaque » ( Mi­cha­lon), Ch­ris­tophe Ruaults, jour­na­liste, traite avec hu­mour et au­to­dé­ri­sion ce mal qui le touche de­puis l’ado­les­cence. Comment votre hy­po­con­drie s’est- elle dé­clen­chée ? CH­RIS­TOPHE RUAULTS. A 10 ans, mon oncle m’a offert une en­cy­clo­pé­die mé­di­cale. A ce mo­ment- là, je me suis ren­du compte de la com­plexi­té et de la fra­gi­li­té de l’être hu­main. Ala même époque, ma mère était hos­pi­ta­li­sée pour le coeur. Je pense que j’ai été mar­qué par ce­la. J’ai eu ma toute pre­mière an­goisse à 14- 15 ans. J’avais des pal­pi­ta­tions et j’étais cer­tain d’avoir un pro­blème car­diaque… comme ma mère. Mais j’ai tout eu ( rires), en par­ti­cu­lier le can­cer, qui oc­cupe une place de choix parce qu’on peut en avoir un pour tous les or­ganes. C’est la so­lu­tion de fa­ci­li­té. Quelles sont les consé­quences pour le couple ? C’est très pénible à vivre pour l’en­tou­rage, en par­ti­cu­lier pour le conjoint qui peut chan­ger de sta­tut sans s’en aper­ce­voir et de­ve­nir l’in­fir­mier. Lorsque ce­la arrive, c’est la mort as­su­rée du couple. D’au­tant que l’hy­po­con­driaque prend de la place, s’in­té­resse beau­coup à lui et capte toute l’at­ten­tion. Comment vous soi­gnez- vous ? D’abord, je fuis In­ter­net. Lorsque l’on est convain­cu d’avoir quelque chose de grave, on peut cher­cher pen­dant des heures sur des sites jus­qu’à trou­ver la confir­ma­tion de notre in­quié­tude. Et ça marche tou­jours. Per­son­nel­le­ment, je crois aux ver­tus de l’ana­lyse pour un travail en pro­fon­deur. En tout cas, moi je m’y suis mis.

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