Il veut dé­trô­ner Le­maitre

Le Parisien (Paris) - - Sports Ile-De-France - CH­RIS­TOPHE LE­MAIRE

Ti­tiller Ch­ris­tophe Le­maitre et pour­quoi pas le battre, dès au­jourd’hui, sur 200 m. « Ce se­rait gé­nial » , s’en­thou­siasme Jef­frey John, qui s’au­to­rise tous les es­poirs, même si la star fran­çaise de­vrait faire l’im­passe sur le tour de piste aux Cham­pion­nats de France en salle de Bor­deaux.

Le sprin­teur du Ples­sis- Ro­bins­son ( Hauts- de- Seine), 21 ans, est mé­ta­mor­pho­sé de­puis cet hi­ver. « Il est de­ve­nu plus ri­gou­reux, il s’in­ves­tit da­van­tage et a pris conscience de cer­taines choses, avance Guy On­ta­non, son en­traî­neur à l’Ins­ti­tut na­tio­nal du sport, de l’ex­per­tise et de la per­for­mance ( In­sep). J’ai eu une dis­cus­sion ferme il y a quelques mois avec lui. Il com­mence tout juste à mieux s’ex­pri­mer. »

En cou­rant 20’’ 87 à Reims le 12 fé­vrier, John est d’ailleurs des­cen­du pour la pre­mière fois sous les 21’’, non loin des 20’’ 70, re­cord per­son­nel de Le­maitre. Mais l’étu­diant en Staps, aus­si at­ti­ré par le 400 m, l’as­sure : « Ce n’est qu’une étape. » Cet été, en plein air, il veut ar­bi­trer le duel an­non­cé entre Le­maitre et son pote d’entraînement Jim­my Vi­caut.

nFi­ni les écarts de conduite

« C’est un gar­çon qui de­vrait dé­jà avoir fait 20’’ 20 ou 20’’ 30 » , es­time On­ta­non, qui le di­rige de­puis deux ans et de­mi. Ce re­tard à l’al­lu­mage, l’in­té­res­sé l’as­sume to­ta­le­ment. « Mon hy­giène de vie n’était pas exemplaire, ad­met- il. Je jouais aux jeux en ligne avec les amis et, du coup, je me cou­chais très tard. Je ne fai­sais pas trop at­ten­tion avec la nour­ri­ture. J’ar­ri­vais souvent en re­tard à l’entraînement. Et puis, j’aime bien m’amu­ser. Je sais que ce n’est pas du tout pro­fes­sion­nel, mais l’an pas­sé, je suis sor­ti en boîte de nuit, pour dé­com­pres­ser, la veille d’un re­lais. »

Dis­si­pé, l’athlète l’a tou­jours été. Y com­pris avec son an­cien en­traî­neur, Alain Jous­se­lin, entre 2008 et 2011. « Hu­mai­ne­ment, c’est un gar­çon ado­rable, ra­conte ce der­nier. Sur la piste, c’est un guer­rier, un athlète aux qua­li­tés ex­cep­tion­nelles. Mais c’était très dif­fi­cile de le ca­drer. Les jeux vi­déo pre­naient une place énorme dans sa vie. Je me suis sé­pa­ré de lui parce qu’il avait be­soin d’être plus struc­tu­ré. »

Peu après la rup­ture à l’été 2011, Jef­frey John par­ti­cipe aux Cham- pion­nats d’Eu­rope ju­niors en Es­to­nie, aux cô­tés d’un cer­tain Jim­my Vi­caut. Il se lie d’ami­tié avec ce der­nier et convainc Guy On­ta­non de l’in­té­grer à son groupe de sprin­teurs en dé­cro­chant le bronze eu­ro­péen sur 200 m. « Je com­prends à pré­sent que j’ai be­soin d’être en­ca- dré, re­con­naît John. Je suis un bos­seur et, si on me guide, je peux faire de grandes choses. En tout cas, j‘ ai mis le frein sur les jeux vi­déo. » Sur la piste, il ap­puie main­te­nant sur l’ac­cé­lé­ra­teur.

An­gers ( Maine- et- Loire), le 17 juin 2012. Ch­ris­tophe Le­maitre ( à gauche), la star fran­çaise du sprint, n’a qu’à bien se te­nir. Jef­frey John ( au se­cond plan), dé­sor­mais concen­tré à 100 % sur l’ath­lé­tisme, en­tend bien faire jeu égal avec lui. Voire le battre...

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