On­va­voirGadEl­ma­lehàl’Opé­ra ?

Ten­dance. Les hu­mo­ris­tes­jouent dé­sor­mais­dansdes salles pres­ti­gieuses, àl’ima­ge­deGad.

Le Parisien (Paris) - - Mon Dimanche - THIER­RY DAGUE

L’Opé­ra Garnier en a vu pas­ser, des dan­seuses étoiles et des di­vas ly­riques. Mais Gad El­ma­leh se­ra la pre­mière star du rire à fou­ler la scène la plus chic de Pa­ris, le 16 mars pro­chain. Six mois plus tard, c’est au Théâtre du Châ­te­let, autre écrin pres­ti­gieux, que sa consoeur Flo­rence Fo­res­ti pré­sen­te­ra son nou­veau one- wo­man- show. A croire que les co­miques ne jurent plus que par les do­rures.

Car les deux hu­mo­ristes ne sont pas les seuls à vou­loir briller sous les lustres hauss­man­niens. Ce prin­temps, les imi­ta­teurs Mi­chael Gré­go­rio, du 12 au 15 mars, et Laurent Ger­ra, du 21 au 23 mai, au­ront aus­si les hon­neurs du Châ­te­let. Tous s’en­gouffrent dans la brèche ou­verte en juin 2012 par Gas­pard Proust, pre­mier amu­seur ac­cueilli par ce théâtre jus­qu’ici consa­cré aux spec­tacles mu­si­caux.

On fait ça pour le pres­tige,

et le plai­sir”

Gil­bert Coul­lier, pro­duc­teur de Gad El­ma­leh

« Je rê­vais de jouer au Châ­te­let ! » avoue Mi­chael Gré­go­rio, plus ha­bi­tué au Bataclan, au Tria­non ou aux Zé­nith de pro­vince. « C’est un en­droit ma­gique, où j’ai vu des spec­tacles ma­gni­fiques comme

les Mi­sé­rables

. L’am­biance se­ra peut- être moins rock’n’roll qu’au Bataclan, mais ce se­ra for­cé­ment en­ri­chis­sant. Je trouve ça gé­nial d’ame­ner des spec­tacles dans des salles qui ne leur sont pas des­ti­nées. »

Du cô­té du Châ­te­let, on n’est plus contre une bonne ri­go­lade. « Nous n’avons au­cune rai­son de ne pas faire une place à l’hu­mour » , as­sume son di­rec­teur, Jean- Luc Cho­plin, qui a dé­jà ou­vert sa pro­gram­ma­tion aux co­mé­dies mu­si­cales et aux chan­teurs de va­rié­té, de Sting à Syl­vie Var­tan. « Ces ar­tistes nous ont sol­li­ci­tés, ce sont des gens que j’aime bien et qui vont at­ti­rer un pu­blic qui n’au­rait pas osé ve­nir chez nous. »

De fait, la plu­part des fans de Gad El­ma­leh n’ont peut- être ja­mais mis les pieds à l’Opé­ra. Ils se sont ar­ra­ché les places en deux heures, y com­pris celles à 120 €, le double du ta­rif nor­mal d’un one- man- show. Le prix de la ra­re­té ? « Les gens vont voir Gad dans un en­vi­ron­ne­ment ex­cep­tion­nel, se ré­jouit son pro­duc­teur Gil­bert Coul­lier. Comme il est proche du monde de la danse, l’idée lui a tout de suite plu. Dé­cro­cher l’Opé­ra n’est pas fa­cile, il y a très peu de dates dis­po­nibles. C’est la salle la plus chère de Pa­ris, mais on fait ça pour le pres­tige, et le plai­sir. »

Une es­cale haut de gamme pour des spec­tacles dé­jà ro­dés, qui per­met aux ar­tistes d’im­mor­ta­li­ser leurs plus belles pres­ta­tions : Laurent Ger­ra pro­fi­te­ra du Châ­te­let pour fil­mer son show, en vu d’un DVD, tout comme l’avait fait Gas­pard Proust l’an der­nier. Flo­rence Fo­res­ti, elle, a choi­si d’y créer son nou­veau spec­tacle, du 16 sep­tembre au 31 oc­tobre, après quelques dates en pro­vince. Une pre­mière. « C’est le plus beau théâtre de Pa­ris, jus­ti­fie Thier­ry Suc, pro­duc­teur de la star. Pour­quoi s’en pri­ver ? »

« Il faut faire tom­ber les murs, ne pas s’en­fer­mer dans des boîtes, in­siste le pa­tron du Châ­te­let. Eco­no­mi­que­ment, ac­cueillir Flo­rence Fo­res­ti me per­met aus­si de fi­nan­cer des pro­duc­tions am­bi­tieuses comme

Un Amé­ri­cain à Pa­ris

, que nous mon­te­rons en no­vembre. » Pour lui, hu­mour et opé­ra peuvent faire bon mé­nage : « Le rire, c’est aus­si une forme de mu­sique. »

( Pho­to­mon­tage PQR/ « Nice Ma­tin » / Pa­trick Cle­mente et LP/ Oli­vier Cor­san.)

Le co­mique Gad El­ma­leh in­ves­tit le pa­lais Garnier pour une re­pré­sen­ta­tion unique et dé­jà com­plète, le 16 mars.

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