Tou­jours le bien­ve­nu

Le Parisien (Paris) - - Mon Dimanche - HU­BERT LIZÉ

De­puis son mé­ga suc­cès à 20,5 mil­lions d’en­trées il y a six ans avec « Bien­ve­nue chez les Ch’tis » , Da­ny Boon se sait très at­ten­du à chaque sor­tie. En ci­né­ma comme en sport, un re­cord sup­pose de pla­cer la barre en­core plus haut la fois sui­vante, mais gare au ga­din… Même les plus grands cham­pions ne peuvent ré­ité­rer l’ex­ploit à la com­mande. Ce risque d’échec, le réa­li­sa­teur, co­mé­dien et hu­mo­riste de 47 ans, na­tif du Pas- de- Ca­lais n’en fait pas une ma­la­die. « La car­rière d’un ar­tiste est faite de hauts et de bas. Et je pars du prin­cipe qu’un film fait les en­trées qu’il mé­rite » , confie ce­lui qui a at­ti­ré plus de 8 mil­lions de spec­ta­teurs avec son pré­cé­dent film, « Rien à dé­cla­rer » , en 2011. « Rien ne m’im­porte au­tant que de faire rire les gens » , mar­tèle Da­ny Boon. Alors, il re­vient à par­tir de mer­cre­di avec une autre co­mé­die po­pu­laire, « Su­per­con­driaque » , ins­pi­rée de sa lé­gen­daire pho­bie des mi­crobes et des désa­gré­ments qu’ils peuvent cau­ser à l’en­tou­rage. Sur le con­seil de ses pro- ches, Da­ny Boon a pré­fé­ré mettre en route ce film- là plu­tôt que de creu­ser le fi­lon nor­diste avec un autre pro­jet qui lui te­nait à coeur, « Une jo­lie ch’tite fa­mille » .

nUn bud­get de 32 M€

Le pro­fes­sion­nel ex­pé­ri­men­té qu’il est de­ve­nu ne s’est tou­te­fois pas em­bar­qué sans bis­cuit. Do­té d’un bud­get de 32 M€, très consé­quent pour une pro­duc­tion hexa­go­nale, dont, se­lon cer­taines sources, 6 M€ pour Boon, « Su­per­con­driaque » marque les re­trou­vailles de l’acteur avec son com­plice des « Ch’tis » , Kad Me­rad. Une mar­tin­gale a prio­ri ga­gnante, même si le tan­dem de­vra se frot­ter à la concur­rence des In­con­nus, dont « les Trois Frères : le Re­tour » dé­passent dé­jà 1,5 mil­lion d’en­trées.

« Su­per­con­driaque » ra­conte les mésa­ven­tures comico- pa­thé­tiques de Ro­main Fau­bert, cé­li­ba­taire de 40 ans que sa peur des ma­la­dies a conduit à se cou­per de tous ses amis, sauf de son mé­de­cin Di­mi­tri Zven­ka ( Kad Me­rad). Le doc­teur dé­cide, en déses­poir de cause, de le coa­cher pour lui trou­ver une épouse.

Sur une trame pu­re­ment hu­mo­ris- tique, le long- mé­trage égra­tigne au pas­sage l’au­to­mé­di­ca­tion sur In­ter­net, évoque la ques­tion des sans- pa­piers, flirte avec la ro­mance et s’aven­ture du cô­té du film d’ac­tion. Drôle, bien joué et dans l’air du temps. Da­ny Boon a tra­vaillé à l’amé­ri­caine, mul­ti­pliant les avant- pre­mières, ré­vi­sant son scé­na­rio avec des pa­nels de spec­ta­teurs tes­teurs. Le Fren­chie, qui ré­side dé­sor­mais à San­ta Mo­ni­ca ( Ca­li­for­nie) avec femme et en­fants, a pris une di­men­sion in­ter­na­tio­nale. D’ici quelques se­maines, il s’en­vo­le­ra pour l’Asie afin d’y su­per­vi­ser le re­make chi­nois de « Bien­ve­nue chez les Ch’tis » . Mais le pe­tit Da­niel Ha­mi­dou n’a pas ou­blié son ter­roir. Il se­ra de re­tour sur scène en 2016 ou 2017 avec un nou­veau spec­tacle. Et il vien­dra sans doute sou­te­nir la can­di­da­ture de sa ma­man Da­nièle, deuxième sur la liste UMP d’Ar­men­tières, pour les mu­ni­ci­pales.

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