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Ré­ja­neBio­let, di­rec­tri­ce­pré­ven­tio­net lut­te­con­tre­la­frau­deàPô­leem­ploi

Le Parisien (Paris) - - Lefaitdujour - Pro­pos re­cueillis par ST. S.

Se­lon Ré­jane Bio­let, le pré­ju­dice su­bi par Pôle em­ploi en 2013 s’est éle­vé à plus de 58 M€. Comment lut­tez- vous contre la fraude à l’al­lo­ca­tion chô­mage ? RÉ­JANE BIO­LET. Nous avons mis en place des ou­tils spé­ci­fiques. Nous dis­po­sons no­tam­ment de 9 au­di­teurs au ni­veau na­tio­nal et de près de 150 en ré­gion pour dé­tec­ter la fraude. Quand un conseiller en agence a un doute sur un dos­sier d’al­lo­ca­tion chô­mage, il sol­li­cite un au­di­teur. Ce n’est pas le rôle du conseiller de lut­ter contre la fraude, même si, au­jourd’hui, il est char­gé de vé­ri­fier l’au­then­ti­ci­té des pièces ori­gi­nales re­mises ( NDLR : une at­tes­ta­tion d’em­ployeur, un RIB et une carte d’iden­ti­té) lors du dé­pôt d’un dos­sier. Par exemple, lors­qu’on lui pré­sente une carte d’iden­ti­té sur la­quelle le chô­meur est cen­sé me­su­rer une cer­taine taille et que la per­sonne qui se pré­sente ne cor­res­pond pas à cette taille, il doit don­ner l’alerte. La vé­ri­fi­ca­tion de l’au­then­ti­ci­té des pièces né­ces­saires à l’ou­ver­ture des droits au chô­mage re­monte à 2008. Nous avons éga­le­ment édi­té un li­vret de sen­si­bi­li­sa­tion à la fraude. La vé­ri­fi­ca­tion de l’au­then­ti­ci­té des pièces né­ces­saires à l’ou­ver­ture des droits au chô­mage re­monte à 2008 ( NDLR : an­née de la créa­tion de Pôle em­ploi, is­su de la fu­sion de l’ANPE et des As­sé­dic). La fraude est- elle de plus en plus im­por­tante ? En 2012, la fraude su­bie s’éle­vait à 39,3 M€ et celle évi­tée à 37 M€. En 2013, notre pré­ju­dice su­bi s’est chif­fré à 58,7 M€ et ce­lui évi­té à 41,8 M€. Il ne faut pas en conclure que la fraude est de plus en plus im­por­tante, mais sim­ple­ment que nous la dé­tec­tons de mieux en mieux. L’an­née der­nière, 7 308 dos­siers frau­du­leux ont été dé­tec­tés. Ce qui re­pré­sen­tait 8 820 de­man­deurs d’em­ploi et 440 em­ployeurs. Une simple vé­ri­fi­ca­tion d’adresse ou d’em­ployeur au­rait pu em­pê­cher plu­sieurs es­cro­que­ries d’am­pleur…

Cer­tains faux do­cu­ments re­mis sont par­fois plus vrais que les vrais”

Le conseiller en agence n’a pas pour mis­sion d’ap­pe­ler l’en­tre­prise cen­sée avoir em­ployé un chô­meur. Lorsque vous re­ce­vez plu­sieurs di­zaines de dos­siers par jour, comment vou­lez- vous faire ? Il fau­drait pou­voir trou­ver le bon cor­res­pon­dant dans chaque en­tre­prise. Et, lorsque vous avez un in­té­ri­maire qui vient d’en­chaî­ner 6 ou 7 mis­sions, il fau­drait contac­ter tous ses em­ployeurs. Ce n’est pas pos­sible. N’y a- t- il pas une faille en termes de dé­tec­tion de faux do­cu­ments ? Quand on parle de faux do­cu­ments, c’est une no­tion très vague. Le faux n’est pas éta­bli au mo­ment de l’ou­ver­ture des droits. Cer­tains faux do­cu­ments re­mis sont par­fois plus vrais que les vrais. Par ailleurs, il se­rait dom­mage de faire peser des dé­lais de vé­ri­fi­ca­tions sup­plé­men­taires sur l’im­mense ma­jo­ri­té des chô­meurs qui ne fraudent pas à cause d’une pe­tite frange de frau­deurs. Mais au­cun ca­deau n’est fait aux frau­deurs. Nous avons dé­po­sé 614 plaintes dont 236 au pé­nal en 2013, et les pour­suites ne sont ja­mais aban­don­nées. Nous en­ga­geons aus­si des pro­cé­dures de re­cou­vre­ment pour ré­cu­pé­rer les fonds ver­sés in­dû­ment.

En 2013, le mon­tant de la fraude su­bie par Pôle em­ploi s’éle­vait à 58,7 M€.

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