Le­sé­co­lo­gistes font­tan­guer la­ma­jo­ri­té

L’aé­ro­port­deNotre- Dame- des- Lan­de­sé­tait un­dé­sac­cor­das­su­méen­tre­lePSet lesVerts. Les vio­len­cesàNan­te­son­tral­lu­mé­la­mèche.

Le Parisien (Paris) - - Politique - PHI­LIPPE MARTINAT

Ama­teu­risme, ir­res­pon­sa­bi­li­té ou cal­cul ? L’at­ti­tude d’Eu­rope Eco­lo­gie- les Verts ( EELV) après le sac­cage du centre- ville de Nantes avant- hier, lors de la ma­ni­fes­ta­tion contre le pro­jet d’aé­ro­port à Notre- Da­medes- Landes, peut lais­ser per­plexe.

Sa­me­di soir, alors que les af­fron­te­ments entre les élé­ments ra­di­caux ve­nus pour en dé­coudre et les forces de l’ordre se pour­sui­vaient, le par­ti de Cé­cile Du­flot pu­bliait un étonnant com­mu­ni­qué pour « se [ ré­jouir] du suc­cès de la mo­bi­li­sa­tion » . Il faut at­tendre le cin­quième pa­ra­graphe pour lire — en ca­rac­tères plus pe­tits — qu’EELV « dé­plore la pré­sence d’élé­ments per­tur­ba­teurs et condamne fer­me­ment les dé­gra­da­tions » .

Il faut ce­pen­dant reconnaître à EELV une par­faite co­hé­rence avec les pro­pos te­nus dans « le Monde » ( da­té di­manche- lun­di) par leur ex- pa­tronne et ac­tuelle mi­nistre du Lo­ge­ment. Quelques heures avant la ma­ni­fes­ta­tion, Cé­cile Du­flot af­fir­mait que, si elle n’était pas au gou­ver­ne­ment, elle au­rait ma­ni- fes­té « plu­tôt deux fois qu’une » aux cô­tés des an­ti- aé­ro­port. Et de rap­pe­ler son op­po­si­tion an­cienne sur le dos­sier, ac­tée for­mel­le­ment lors du contrat de coa­li­tion qui lie le PS avec EELV. Une pierre dans le jar­din du Pre­mier mi­nistre, Jean- Marc Ay­rault, l’an­cien maire de Nantes étant res­té, lui, un ardent dé­fen­seur de ce pro­jet. nQuit­ter Hier, plu­tôt que d’ou­vrir une crise gou­ver­ne­men­tale en ta­clant ou­ver­te­ment sa mi­nistre, le lo­ca­taire de Ma­ti­gnon a som­mé le par­ti éco­lo­giste EELV dans son en­semble, dans une interview à « Presse Océan » , de « sor­tir de l’am­bi­guï­té » . « Ces vio­lences sont in­ac­cep­tables, pour­suit le Pre­mier mi­nistre. Tous ceux qui exercent des res­pon­sa­bi­li­tés pu­bliques doivent condam­ner les squat­teurs de la ZAD ( NDLR : zone d’amé­na­ge­ment dif­fé­ré dé­dié à l’aé­ro­port), or­ga­ni­sa­teurs dé­li­bé­rés de ces vio­lences. » Sui­vez quand même son re­gard…

En mor­dant une nou­velle fois la ligne jaune de la so­li­da­ri­té gou­ver­ne­men­tale, Cé­cile Du­flot se pré­pa­ret- elle à quit­ter le na­vire ? Ou cherche- t- elle à mar­quer sa dif­fé­rence en pré­vi­sion des mu­ni­ci­pales ? « En d’autres temps, com­mente le sé­na-

le na­vire

teur Jean- Pierre Che­vè­ne­ment, elle au­rait pris son billet de sor­tie. Il n’est pas dit qu’elle ne l’ait pas pris. » Parole d’ex­pert d’un homme qui n’a pas hé­si­té à dé­mis­sion­ner à deux re­prises pour désac­cord po­li­tique, et dont la for­mule est res­tée cé­lèbre : « Un mi­nistre, ça ferme sa gueule ou ça dé­mis­sionne. »

Dé­li­bé­ré ou non, le rai­dis­se­ment des éco­lo­gistes va in­évi­ta­ble­ment ré­ac­ti­ver les spé­cu­la­tions sur un pos­sible re­ma­nie­ment. Pour l’homme d’af­faires Ber­nard Ta­pie, in­vi­té hier de l’émission Eu­rope 1, « le Monde » , i> té­lé, la ques­tion ne fe­rait même pas dé­bat : « Après les mu­ni­ci­pales, ciao les Verts ! » a- t- il lâ­ché. « C’est in­sup­por­table, on ne peut pas gé­rer la France avec la moi­tié contre vous » , a pour­sui­vi l’an­cien mi­nistre de Fran­çois Mit­ter­rand.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.