Cam­pagne quan­donn’est­pas­rem­bour­sé ?

Dans les com­mu­nesde moins de 1 000ha­bi­tants, l’Etat ne­prend en charge au­cun frais. Aux can­di­dats de se mon­trer as­tu­cieux.

Le Parisien (Paris) - - Politique - VINCENT MONGAILLARD

Pour convaincre les élec­teurs, Fer­nand Mar­tin, maire de Bu­zy, vil­lage de 950 âmes des Py­ré­nées- At­lan­tiques, n’en­tend sur­tout pas se rui­ner. « Je gère ma cam­pagne comme je gère ma com­mune, en fai­sant très at­ten­tion aux dé­penses » , ré­sume ce­lui qui brigue un deuxième man­dat.

A l’ins­tar de tous les can­di­dats dans les com­munes de moins de 1 000 ha­bi­tants, l’édile n’a droit à au­cun rem­bour­se­ment de ses frais de cam­pagne. « Je vais dans un ma­ga­sin de re­pro­gra­phie pour im­pri­mer les bul­le­tins de vote et la feuille de pré­sen­ta­tion de l’équipe. Puis on fait une tour­née des boîtes aux lettres. Avec mes co­lis­tiers, on ali­mente une ca­gnotte, ça nous coûte quelques di­zaines d’eu­ros » , cal­cule- t- il. nLa Va­lé­rie Rou­vei­rol, maire sor­tante de Ro­mi­guières ( Hé­rault), im­prime, elle, ses bul­le­tins à la mai­son. Et pour cause : sa bour­gade ne compte que 25 ha­bi­tants et 23 vo­tants. « C’est une cam­pagne à qua­si­ment 0 € » , se fé­li­cite- t- elle. Dans les pe­tites com­munes, les can­di­dats va­leu­reux sont donc sou­mis aux règles

barre des 5 %

du low- cost. En re­vanche, dans les bourgs et les ci­tés de plus de 1 000 ha­bi­tants, les bul­le­tins, pro­fes­sions de foi et af­fiches sont rem­bour­sés par l’Etat à condition d’ob­te­nir 5 % des suf­frages ex­pri­més. Pour le reste, tout est à la charge du can­di­dat si sa com­mune ne dé­passe pas les 9 000 ad­mi­nis­trés.

La cam­pagne de Mi­chel Pa­pin, à la tête d’une liste sans éti­quette à Lé­si­gny, ville de 7 574 ha­bi­tants de Seine- et- Marne, re­vien­dra à en­vi­ron 5 000 €. « On va no­tam­ment édi­ter dé­but mars un pro­gramme de 8 pages. On a fait ap­pel à une boîte de com­mu­ni­ca­tion » , ex­plique ce 1er ad­joint adou­bé par le maire sor­tant. Sur l’ad­di­tion fi­gurent éga­le­ment les dé­penses de convi­via­li­té, celles qui per­mettent d’of­frir un verre de l’ami­tié. Les conseillers mu­ni­ci­paux sont in­vi­tés à ap­por­ter leur con­tri­bu­tion, tan­dis que la tête de liste de­vrait dé­bour­ser quelque 3 000 €.

En­fin, dans les com­munes de plus de 9 000 ha­bi­tants, les prétendants peuvent se faire rem­bour­ser après le scru­tin jus­qu’à 47,5 % d’un pla­fond de dé­penses dont le mon­tant dé­pend de la taille de la com­mune. En­core faut- il re­cueillir au moins 5 % des voix ! Une mis­sion im­pos­sible pour Mar­tine Ame­lin, qui dé­fend les couleurs de Lutte ou­vrière à La­val ( Mayenne). « Nos frais d’im­pres­sion sont pris en charge par notre or­ga­ni­sa­tion » , pré­cise la mi­li­tante, qui n’a pas les moyens de louer un lo­cal de cam­pagne.

Sauf grosse sur­prise, Ata­nase Pé­ri­fan, pré­ten­dant de l’UMP dans le XXe ar­ron­dis­se­ment à Pa­ris, de­vrait, lui, fran­chir la barre des 5 % et donc se faire rem­bour­ser une bonne par­tie de ses frais. En at­ten­dant, il fi­nance sa cam­pagne avec ses propres de­niers : « 80 000 € pui­sés dans mes éco­no­mies de­puis vingt ans. On en­tend souvent les gens dire : Vous, les po­li­ti­ciens, vous êtes là pour faire du fric ! Moi, la po­li­tique m’a tou­jours coû­té de l’ar­gent » , as­sure- t- il.

( LP/ Ni­co­las Sivan.)

Le­si­gny ( Seine- et- Marne), le 27 jan­vier. Mi­chel Pa­pin, sans éti­quette, va fi­nan­cer sa cam­pagne à hau­teur de 3 000 €, sur les 5 000 € au to­tal.

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