Les­mort­sau­ront­leur­mo­tà­dire

Un­site amé­ri­cain, Eter­ni. me, pro­pose de ras­sem­bler vos traces de vie lais­sées sur In­ter­net etde créer votre ava­tar vir­tuel qui pour­ra dia­lo­guer après votre mort.

Le Parisien (Paris) - - Société - HÉ­LÈNE HAUS

Par­ler par chat in­ter­po­sé avec les morts ? La fic­tion y avait dé­jà pen­sé. L’an­née der­nière, la sé­rie bri­tan­nique « Black Mir­ror » avait mis mal à l’aise ses té­lé­spec­ta­teurs en ra­con­tant l’his­toire de Mar­tha, une tren­te­naire qui, pé­trie de dou­leur après la mort de son fian­cé, dé­cide de sous­crire à un ser­vice per­met­tant de dia­lo­guer avec son ava­tar vir­tuel, créé à par­tir de toutes les traces nu­mé­riques qu’il avait lais­sées sur In­ter­net. Cette idée folle est en train de de­ve­nir réa­li­té. Une start- up amé­ri­caine, du pro­gramme d’en­tre­pre­neu­riat de l’Ins­ti­tut tech­no­lo­gique du Mas­sa­chu­setts, vient de lan­cer le site Eter­ni. me ( « éter­nel. moi » ) , qui re­prend le concept des scé­na­ristes de la sé­rie.

« Le site conser­ve­ra toutes les traces de vie que vous avez lais­sées sur In­ter­net en es­sayant d’en ti­rer un sens. On ren­dra en­suite ce conte­nu dis­po­nible grâce à une in­ter­face sous la forme d’un ava­tar vir­tuel, re­pré­sen­tant la per­sonne dé­cé­dée » , ex­plique Ma­rius Ur­sache, le di­rec­teur gé­né­ral d’Eter­ni. me, que nous avons joint par e- mail. Pour cet en­tre­pre­neur, l’idée n’a rien de mor­bide. « A l’ori­gine, nous ne ci­blons même pas les proches des per­sonnes dé­cé­dées, mais plu­tôt ceux qui sou­haitent pré­ser­ver leur mé­moire di­gi­tale pour leur fa­mille et pour l’éter­ni­té. »

Grâce à Eter­ni. me, vos ar­rière- ar­rière- pe­tit­sen­fants pour­ront ain­si dé­cou­vrir qui vous étiez… et chat­ter avec vous. Les cen­taines de mes­sages que vous avez pos­tés sur Fa­ce­book pour­ront peut- être se re­trou­ver dans une conver­sa­tion vir­tuelle dans le fu­tur. « Plus vous au­rez lais­sé d’in­for­ma­tions, plus l’ava­tar cor­res­pon­dra à la réa­li­té. Fa­ce­book, Twit­ter, Lin­kedIn, Ins­ta­gram, Fours­quare, Google Glass : tous ces conte­nus se­ront utiles. D’au­tant que les traces di­gi­tales se­ront plus nom­breuses dans le fu­tur » , ajoute Ma­rius Ur­sache, qui as­sure n’avoir si­gné au­cun par­te­na­riat avec ces sites. Ce se­ra donc à vous de choi­sir ce que vous vou­lez don­ner pour mon­trer le meilleur pro­fil de vous- même.

Outre- At­lan­tique, 13 000 per­sonnes ont dé­jà sous­crit à ce ser­vice qui reste pour l’ins­tant li­mi­té aux an­glo­phones. « Les Etats- Unis sont notre pre­mière cible, sou­ligne le créa­teur. Nous nous éten­drons à d’autres mar­chés dès que le site an­glais au­ra fait ses preuves. »

Plus vous au­rez lais­sé d’in­for­ma­tions, plus l’ava­tar cor­res­pon­dra à la réa­li­té”

Ma­rius Ur­sache, di­rec­teur gé­né­ral d’Eter­ni. me

Grâce à Eter­ni. me ( « Eter­nel. moi » ) , vos ar­rière- ar­rière- pe­tits- en­fants pour­ront ain­si dé­cou­vrir qui vous étiez… et chat­ter avec vous.

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