« Ilyau­raun­dé­ni­de­la­réa­li­té »

Ch­ris­to­pheFau­ré, psy­chiatre spé­cia­lis­te­du­deuil

Le Parisien (Paris) - - Société - H. H.

« Cette idée est com­plè­te­ment folle. Le pro­ces­sus de deuil va être to­ta­le­ment cham­bou­lé. Il y au­ra un dé­ni de la réa­li­té » , s’in­quiète le psy­chiatre Ch­ris­tophe Fau­ré, spé­cia­liste du deuil. Car la ten­ta­tion se­ra grande pour les per­sonnes en­deuillées de re­cou­rir à ce type de ser­vice. « Lors du mois qui suit le dé­cès, les gens éprouvent un be­soin vis­cé­ral de par­ler avec la per­sonne dis­pa­rue. C’est souvent à ce mo­ment­là qu’ils consultent des mé­diums. Que va- t- il se pas­ser, par exemple, pour les pa­rents qui viennent de perdre un en­fant qui s’est sui­ci­dé ? Ils vont lui de­man­der pour­quoi par chat in­ter­po­sé… Qu’est- ce que l’or­di­na­teur va bien pou­voir leur ré­pondre? » s’in­ter­roge le psy­chiatre, pour qui In­ter­net peut res­ter un lieu de re­cueille­ment… sous cer­taines condi­tions. « Les pages Fa­ce­book se trans­forment souvent en lieu d’hom­mage. Les gens peuvent y lais­ser des mes­sages sur le pro­fil d’un ami dis­pa­ru. Ce­la peut leur faire du bien, mais c’est uni­la­té­ral. On n’in­vente pas un dia­logue vir­tuel construit à par­tir de traces lais­sées dans le pas­sé, qui oc­cultent to­ta­le­ment la fa­çon dont la per­sonne dé­funte au­rait ré­pon­du. »

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