Voi­ci­la­ré­si­dence du­fu­tur­pour­se­niors

Nou­sa­vons vi­si­té undes nou­veaux mo­dèles d’ha­bi­tat non­mé­di­ca­li­sé­des­ti­né aux per­sonnes âgées. Uneal­ter­na­tive à la mai­sonde re­traite.

Le Parisien (Paris) - - Société - FLO­RENCE DEGUEN

C’est une ca­bine blanche, sem­blable à un Pho­to­ma­ton. Un drôle de cais­son dans le­quel les per­sonnes âgées entrent en­core avec cir­cons­pec­tion… Mais les pion­niers qui viennent de si­gner un bail dans cette toute nou­velle ré­si­dence Sai­re­nor à Clu­ny ( Saône- etLoire) savent qu’ils vont tes­ter la mai­son de re­traite du fu­tur. Et cette im­pres­sion­nante té­lé­ca­bine de san­té aux vitres opaques, c’est le fu­tur.

Si­tuée à l’en­trée de cette ré­si­dence de 35 lo­ge­ments à peine sor­tie de terre, dans la salle où as­so­cia­tions de yo­ga ou de taï- chi vien­dront dis­pen­ser des cours col­lec­tifs aux lo­ca­taires, elle sym­bo­lise à elle seule une nou­velle gé­né­ra­tion d’ha­bi­tats des­ti­nés à ces mil­lions de Fran­çais qui ne peuvent plus res­ter chez eux en toute sé­cu­ri­té mais qui ne sont pas as­sez fa­ti­gués pour en­trer en mai­son mé­di­ca­li­sée. Des « 75 ans avec pé­pins » qui es­pèrent ne ja­mais de­ve­nir des « 80 ans qui ne vont pas bien » . n650 Ici, pour 650 € par mois le T 2 de plain- pied tout équi­pé, on doit pou­voir re­tar­der au maxi­mum, voire évi­ter, l’at­ter­ris­sage en Eh­pad ( éta­blis­se­ment d’hé­ber­ge­ment pour per­sonnes âgées dé­pen­dantes). Chaque lo­ge­ment est équi­pé en sé­rie — sans sup­plé­ment de coût — d’un or­di­na­teur cen­tral qui dé­tecte les mou­ve­ments anor­maux, ferme vo­lets et gaz à la place des lo­ca­taires dis­traits, al­lume un che­min lu­mi­neux s’ils se lèvent la nuit, dé­clenche une alarme au moindre pro­blème. Mais, pour res­ter alertes, les ré­si­dants se font à man­ger eux- mêmes dans des kit­che­nettes adap­tées et sé­cu­ri­sées.

Et s’ils n’y par­viennent plus, ce sont les pla­teaux- re­pas de la ville qui prennent le re­lais. « Il y a très peu de per­son­nel » , re­con­naît Lu­do­vic Sa­va­riel­lo, 40 ans, di­rec­teur gé­né­ral vi­sion­naire de Sai­re­nor, qui a lan­cé qua­torze autres chan­tiers de ce type. « On a vou­lu en­fin créer un concept fi­nan­ciè­re­ment ac­ces­sible, en s’ap­puyant sur la ville. Et en uti­li­sant toute la tech­no­lo­gie qui per­met de re­tar­der et ra­len­tir la dé­pen­dance. »

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€ le T 2 tout équi­pé

té­lé­ca­bine à la place du mé­de­cin

Ici, donc, on doit pou­voir sur­veiller sa san­té. « As­seyez- vous bien confor­ta­ble­ment, tour­nez la tête, ap­puyez votre tempe contre le bou­ton bleu, or­donne dou­ce­ment la voix d’hô­tesse de l’air de la té­lé­ca­bine. Nous al­lons pro­cé­der à la me­sure de votre tem­pé­ra­ture. » La voix guide, ar­ti­cule, ré­pète. « Nous al­lons main­te­nant me­su­rer votre ten­sion ar­té­rielle, ap­puyez sur OK. » Si on est do­cile et qu’on ne s’em­mêle pas trop les pin­ceaux, l’exa­men dure cinq mi­nutes. Poids, taille, in­dice de masse cor­po­relle, pres­sion san­guine, oxy­gène dans le sang, rythme car­diaque… Quels que soient les chiffres, les ki­los en trop, les cha­mades et les ten­sions éle­vées, on peut faire son bi­lan tous les jours. Na­dine, 66 ans, la femme du gar­dien qui sert de co­baye pour les ré­glages, re­part sou­la­gée avec son ti­cket. « Ma ten­sion est par­faite, 12,7. Et j’ai per­du un ki­lo ! Ja­mais je n’au­rais pen­sé que ça m’ai­de­rait à contrô­ler mon poids ! » Ce ti­cket, elle le range avec les autres, ce­lui de sa­me­di, ce­lui de la se­maine der­nière.

« On at­tend l’agré­ment pour faire de la té­lé­con­sul­ta­tion réelle avec un mé­de­cin en di­rect la nuit et le week- end, ce qui évi­te­ra aux pom­piers d’em­me­ner les gens aux ur­gences à 30 km d’ici » , ex­plique Lu­do­vic Sa­va­riel­lo. Mais l’uti­li­té prin­ci­pale de la ca­bine res­te­ra de per­mettre à cha­cun de s’au­to­me­su­rer. « Les ré­si­dants peuvent ap­por­ter au mé­de­cin leurs ti­ckets avec les re­le­vés ef­fec­tués dans la té­lé­ca­bine, ou lui per­mettre d’ac­cé­der à un site sé­cu­ri­sé où sont consi­gnées leurs don­nées. C’est une ma­nière pour eux de gar­der la main sur leur san­té. Et, pour le mé­de­cin, d’as­su­rer un sui­vi plus fin. Il pour­ra par exemple voir que le rythme car­diaque du ré­si­dant est anor­mal tous les mar­dis après la gym, ce qu’il n’au­rait ja­mais re­mar­qué! »

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