Tou­su­nis­contre la­vio­len­ceàl’hô­pi­tal

Le pro­to­cole si­gné au­jourd’hui entre le pa­tronde l’AP- HP, le pré­fet de po­lice et le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique, vise à ren­for­cer la sé­cu­ri­té.

Le Parisien (Paris) - - Le Journal De Paris - ÉLO­DIE SOULIÉ

Ven­dre­di ma­tin, quelques jours après avoir dé­jà été mis en fuite alors qu’il « vi­si­tait » un ser­vice de l’hô­pi­tal La­ri­boi­sière ( Xe), un homme a été in­ter­pel­lé, sur­pris en train de fu­re­ter dans un bu­reau de l’uni­té d’oph­tal­mo­lo­gie. In­trus, vo­leur ou même agres­seur po­ten­tiel, cette fois les agents de sé­cu­ri­té de l’hô­pi­tal l’ont in­ter­cep­té et re­mis à la po­lice… Mais pour com­bien d’autres in­tru­sions su­bies ? C’est jus­te­ment pour pré­ve­nir les actes quo­ti­diens dans ses éta­blis­se­ments pa­ri­siens, et leur don­ner des suites ju­di­ciaires sys­té­ma­tiques, que l’As­sis­tance pu­blique- Hô­pi­taux de Pa­ris ( AP- HP) signe au­jourd’hui, avec la pré­fec­ture de po­lice et le par­quet de Pa­ris, un « pro­to­cole d’ac­cord vi­sant à ren­for­cer la co­opé­ra­tion en ma­tière de pré­ven­tion de la vio­lence et de trai­te­ment de la dé­lin­quance » . nUne Qu’ap­por­te­ra cette épaisse « feuille de route » de plu­sieurs di­zaines de pages ? « Un nou­veau moyen de lutte » , ré­pond le conseiller pour la sé­cu­ri­té gé­né­rale à l’AP- HP, Jean- Mi­chel Oli­vie­ri. « De­puis les an­nées 2000, l’hô­pi­tal est, comme l’école, de plus en plus tou­ché par la vio­lence. Nous avons dé­ci­dé de prendre les choses en main. »

Le vo­let po­lice du pro­to­cole im­plique d’abord un « diag­nos­tic de sé­cu­ri­té » lan­cé dans tous les hô­pi­taux AP- HP de la ca­pi­tale. « Tous se­ront réa­li­sés d’ici le 31 dé­cembre » , as­sure

épaisse feuille de route

Jean- Mi­chel Oli­vie­ri. « Et les points faibles re­le­vés don­ne­ront lieu à des pré­co­ni­sa­tions que nous pour­rons bud­gé­ter dans le cadre du plan struc­tu­rel 2015- 2019. » Dans son vo­let ju­di­ciaire, « le par­quet de Pa­ris s’en­gage à four­nir men­suel­le­ment la ré­ponse pé­nale ré­ser­vée aux plaintes dé­po­sées par l’AP- HP, pré­cise JeanMi­chel Oli­vie­ri. C’est la preuve que dé­po­ser plainte n’est pas in­utile » .

Le pro­to­cole s’est ins­pi­ré de « l’exemple La­ri­boi­sière » , l’un des hô­pi­taux AP- HP les plus ex­po­sés, avec Bi­chat ( XVIIIe), aux risques d’agres­sions. La­ri­boi­sière a son « res­pon­sable sé­cu­ri­té mal­veillance » . Mau­rice Ro­bert sait de quoi il re­tourne : il était po­li­cier avant de veiller sur l’équipe de sé­cu­ri­té pri­vée de l’éta­blis­se­ment : quatre agents le jour, trois la nuit, dont un en per­ma­nence af­fec­té aux ur­gences, ou­vertes sur la rue. « Le pro­blème de La­ri­boi­sière, c’est son en­vi­ron­ne­ment, sou­ligne Mau­rice Ro­bert. Le bras­sage quo­ti­dien de la gare du Nord, la po­pu­la­tion mar­gi­nale drai­née par le tra­fic de drogue qui perdure dans la rue de l’hô­pi­tal, et par le dis­tri­bu­teur de se­ringues sté­riles, le plus im­por­tant de la ca­pi­tale. » De son ex­pé­rience, Mau­rice Ro­bert a pro­po­sé des me­sures. Sys­té­ma­ti­sa­tion des portes an­ti- in­tru­sion, coffres- forts dans les chambres, ca­mé­ras aux points sen­sibles… Et un sui­vi ju­ri­dique. « Mon rôle le plus im­por­tant, c’est l’ac­com­pa­gne­ment des vic­times, je m’oc­cupe de tout, dès la plainte » , confirme- t- il.

Hô­pi­tal La­ri­boi­sière ( Xe), ven­dre­di. L’an der­nier, Mau­rice Ro­bert, le Mon­sieur Sé­cu­ri­té de l’hô­pi­tal, a pris en charge les suites de 55 faits de vio­lence.

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