ASaint- Vla­di­mir, lesU­krai­niens dePa­ris­prient­pour­la­paix

Ils­sont­nom­breuxà­fré­quen­terl’égli­se­gré­co- ca­tho­li­que­des­chré­tiensd’Orient

Le Parisien (Paris) - - Paris - ÉLO­DIE SOULIÉ

Dans l’église de pierre blanche, bien­tôt plus un banc ne fut libre, plus une tra­vée ac­ces­sible. Alors on s’est ser­ré un peu, comme on se serre les coudes de­puis tel­le­ment de jours, en pen­sant au quo­ti­dien de vio­lence et de sang que vivent « ceux qui sont là­bas » , à 2 000 km de Pa­ris.

Ce di­manche à Saint- Vla­di­mir- le­Grand, la ca­thé­drale gré­co- ca­tho­lique du bou­le­vard Saint- Ger­main ( VIe), connue de tous les Ukrai­niens de Pa­ris, les fi­dèles ont fait ce qu’ils font chaque di­manche, et pour cer­tains « chaque jour que Dieu fait » , comme l’af­firme Ores­ta, pe­tit bout de femme de 50 ans, in­quiète de ne pas pou­voir en­trer : ils ont chan­té à s’en feu­trer la voix, et ra­jou­té de l’es­poir à leurs prières.

On se sent si loin !”

Ores­ta, 50 ans

« Vous sa­vez, pour les Ukrai­niens, la foi c’est très im­por­tant » , ex­plique Pa­ras­ka, qui vit en France de­puis douze ans. « Au­jourd’hui, c’est en­core plus im­por­tant, parce qu’on sent que notre pays est au bord de quelque chose de nou­veau, parce qu’on es­père qu’il n’y au­ra plus toutes ces vio­lences » . « On prie tous beau­coup pour que ça aille mieux » , ajoute sa voi­sine. « Et on prie pour ceux qui sont morts, pour ceux qui ont été bles­sés à Kiev, tous les jours on pense à eux » , com­plète une troi­sième.

A Saint- Vla­di­mir, l’on vient beau­coup en groupe, fa­milles et amis, toutes gé­né­ra­tions ras­sem­blées, pour se mas­ser sous les icônes co­lo­rées qui ha­billent les murs blancs, ou s’age­nouiller sur le par­quet im­pré­gné de la myrrhe qui en­ve­loppe toute l’église. « Notre pope fait des prières d’es­poir » , com­mente un homme à voix basse, lorsque les chants se taisent. « Au­jourd’hui c’est par­ti­cu­lier » , com­plète Ores­ta, la quin­qua­gé­naire. Sou­la­ge­ment ? In­quié­tude ? « On suit tous les évé­ne­ments sur le ca­nal 5 de la té­lé­vi­sion, ra­conte- t- elle, mais on se sent si loin ! Ma fa­mille n’est pas à Kiev, mais c’est dur aus­si pour les autres, dans tout le pays » . Alors pour Ores­ta, ou pour le ti­mide Rus­lan, 38 ans, « ce n’est peut- être pas fi­ni, mais nous vou­lons y croire » .

Pa­ras­ka et Ga­le­na ont aus­si les yeux ri­vés, comme leurs com­pa­triotes, sur ce « ca­nal 5 » sa­tel­li­taire qui leur en­voie en boucle des images ter­ribles. « On vou­drait faire quelque chose, mais quoi ? Je vis avec la té­lé­vi­sion et le té­lé­phone al­lu­més en per­ma­nence, même au travail. Ma fa­mille est à 500 km de Kiev, mais j’y connais des gens. On connaît tous des gens qui sont là- bas, alors on prie pour que ça aille mieux » . Vo­lo­di a prié. Mais main­te­nant ce qua­dra­gé­naire s’est trou­vé un autre re­père : « On vient d’ap­prendre qu’il y au­ra une élec­tion pré­si­den­tielle le 25 mai, c’est très im­por­tant. Nous se­rons très nom­breux à al­ler vo­ter à l’am­bas­sade d’Ukraine » .

( LP/ E. S.)

Bou­le­vard Saint- Ger­main, ( VIe) hier. En­vi­ron 6 000 Ukrai­niens vivent en ré­gion pa­ri­sienne, et 30 000 dans toute la France. La ca­thé­drale Saint- Vla­di­mir- le- Grand et son école sont un im­por­tant lieu de ras­sem­ble­ment.

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