LeCon­seild’Etat­se­pro­nonce sur­le­chan­tier­de­laSa­ma­ri­taine

Les­tra­vaux­de­dé­mo­li­tio­nont­com­men­céi­lya­quel­ques­mois­mal­gréun­re­cours­con­tre­le­per­mis­de­cons­truire

Le Parisien (Paris) - - Paris - PHI­LIPPE BA­VE­REL

Le Con­seil d’Etat se pro­non­ce­ra cet après- mi­di à 14 heures sur le per­mis de construire ob­te­nu en dé­cembre 2012 par le groupe LVMH pour trans­for­mer la Sa­ma­ri­taine ( Ier), an­cien grand ma­ga­sin fer­mé en 2005, en hô­tel de luxe avec centre com­mer­cial, bu­reaux, crèches et 96 lo­ge­ments so­ciaux.

La so­cié­té pour la pro­tec­tion des pay­sages et de l’es­thé­tique de la France ( SPPEF) et l’as­so­cia­tion de dé­fense du patrimoine et de l’en­vi­ron­ne­ment SOS Pa­ris, ont dé­po­sé en juillet 2013 au­près du Con­seil d’Etat, un re­cours en illé­ga­li­té de ce per­mis de construire. « Ju­ri­di­que­ment, il manque un agré­ment pré­fec­to­ral dans la pro­cé­dure d’au­to­ri­sa­tion d’ex­ploi­ta­tion com­mer­ciale de la fu­ture ga­le­rie mar­chande » , fait va­loir Alexandre Ga­dy, pré­sident de la SPPEF et pro­fes­seur d’his­toire de l’art à la Sor­bonne.

Au- de­là de cet élé­ment de pro­cé­dure, Alexandre Ga­dy conteste sur­tout le fait que le pro­jet LVMH brise la pers­pec­tive des im­meubles hauss­man­niens qui bordent la rue de Ri­vo­li jus­qu’au Louvre. L’agence d’architecture Sanaa, choi­sie pour re­des­si­ner la nou­velle Sa­ma­ri­taine ( qui n’ou­vri­ra pas avant fin 2016), pré­voit d’édi­fier une façade en verre on­du­lé. Or, pour construire ce nou­veau bâ­ti­ment, il faut préa­la­ble­ment dé­mo- lir quatre im­meubles da­tant du mi­lieu du XIXe siècle ayant pi­gnon sur la rue de Ri­vo­li et, se­lon les as­so­cia­tions, deux mai­sons du XVIIIe, si­tuées rue de la Mon­naie.

Le re­cours in­tro­duit par les as­so­cia­tions n’étant pas sus­pen­sif, force est de consta­ter que l’en­tre­prise de dé­mo­li­tion, mas­quée par des bâches, est dé­jà bien avan­cée ! « LVMH a mis les bou­chées doubles ces der­niers jours ! constate Alexandre Ga­dy. Ré­sul­tat : sur les quatre im­meubles de la rue de Ri­vo­li, il n’en reste qu’un seul ca­ché sous une bâche, à l’angle de la rue de l’Arbre- Sec. Les

C’est la pre­mière fois, de­puis la dé­mo­li­tion des Halles sous Pom­pi­dou, qu’on dé­truit un îlot en­tier au coeur de Pa­ris”

trois autres ont dé­jà été bien gri­gno­tés. Quant aux deux mai­sons de la rue de la Mon­naie, il n’en sub­siste qu’une dont la façade Louis XV a dé­jà été bien at­ta­quée. »

Au­tant dire, sans pré­ju­ger de la dé­ci­sion du Con­seil d’Etat, que la pers­pec­tive hauss­man­nienne a vé­cu… « C’est la pre­mière fois, de­puis la dé­mo­li­tion des Halles sous Georges Pom­pi­dou, qu’on dé­truit un îlot en­tier au coeur de Pa­ris, se dé­sole Alexandre Ga­dy. Il y a comme une ma­lé­dic­tion dans ce sec­teur… »

( LP/ Ph. B.)

Rue de Ri­vo­li ( Ier), sa­me­di. Un seul des quatre im­meubles du XIXe siècle ayant pi­gnon sur rue reste ca­ché sous une bâche. Les trois autres ont dé­jà été gri­gno­tés pour trans­for­mer la Sa­ma­ri­taine et construire le nou­veau bâ­ti­ment.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.