« Hap­py » , la fo­lie pla­né­taire

Le clip de Phar­rell Williams a conquis le monde en­tier. Des mil­liers de ver­sions cir­culent sur la Toile. Décryptage d’un phé­no­mène.

Le Parisien (Paris) - - La Une - EM­MA­NUEL MAROLLE

Il arrive tran­quille­ment, sou­riant. For­cé­ment. Phar­rell Williams est in­évi­ta­ble­ment heu­reux en ce mo­ment. Le chan­teur- pro­duc­teur- com­po­si­teur amé­ri­cain de 40 ans en­chaîne les tubes mon­diaux de­puis un an. La voix de « Get Lu­cky » de Daft Punk, c’est lui, celle de « Blur­red Lines » , au cô­té de Ro­bin Thicke, aus­si. Et voi­là que, ces der­nières se­maines, son nou­veau single, « Hap­py » , vire au phé­no­mène. La chan­son est nu­mé­ro 1 des ventes en France et dans 11 autres pays, son clip fait l’ob­jet de pa­ro­dies ve­nues du monde en­tier. Et le mor­ceau com­mence à être chan­té dans les écoles pri­maires en France.

« Waow. Alors ça, je l’igno­rais » , com­men­tait l’in­té­res­sé, bouche bée, hier après- mi­di lors d’une pe­tite confé­rence de presse dans les lo­caux de Ca­nal +, avant d’en­re­gis­trer un live pour « le Grand Jour­nal » , dif­fu­sé lun­di pro­chain, jour de la sor­tie de son nouvel album, « Girl » ( voir en­ca­dré). « On a vrai­ment de la chance d’en­tendre ce genre d’his­toire, c’est ex­tra­or­di­naire, c’est comme un ca­deau per­ma­nent, cette chan­son. » Sur­tout que Phar­rell Williams a failli ne ja­mais l’écrire. « Je tra­vaillais sur des mor­ceaux pour le film Moi, moche et mé­chant 2. J’avais fait 9 chan­sons, dont cer­taines très bonnes. Mais les pro­duc­teurs du film me di­saient c’est pas mal, mais bon… Je n’avais plus d’idées. Et il y avait cette scène où le hé­ros, Gru, est très content, alors qu’il est tou­jours en co­lère. Je me­suis dit : comment faire une chan­son sur un mec qui est heu­reux ? Et la ré­ponse était dans la ques­tion : faire une chan­son qui va s’ap­pe­ler Hap­py. »

Un pas­sé d’homme de l’ombre

Le film sort l’été der­nier, fait un car­ton, mais la chan­son passe re­la­ti­ve­ment in­aper­çue. Jus­qu’au 21 no­vembre, lorsque Phar­rell Williams met en ligne un clip géant de vingt- quatre heures, où ano­nymes et per­son­na­li­tés comme Steve Ca­rell, Ja­mie Foxx ou Ma­gic John­son chantent et dansent sur « Hap­py » . La vi­déo réa­li­sée par le col­lec­tif fran­çais We are from LA, dé­jà re­mar­qué pour la pub Evian où des adultes se voient en bé­bés dans la glace, va plus loin. Elle in­vite cha­cun à réa­li­ser son propre pe­tit clip « joyeux » . De­puis, des di­zaines de clips fleu­rissent sur la Toile sous le nom de « We are from Bor­deaux » , « We are from An­gers » , « We are from Neuf­châ­tel » , sur le même prin­cipe que l’ori­gi­nal : seul, à deux ou en bande, on chante et on danse dans les rues de sa ville.

Un phé­no­mène qui fait en­fin de Phar­rell Williams une su­per­star po­pu­laire. Car, jusque- là, le mu­si­cien était plus un homme de l’ombre, ar­chi­tecte so­nore pour les autres au sein de son col­lec­tif de pro­duc­teurs, The Nep­tunes. En 2001, on lui doit la mue sexy de la toute jeune Brit­ney Spears dans « I’m a Slave 4 U » , ou la cré­di­bi­li­té ar­tis­tique de Jus­tin Tim­ber­lake sur son pre­mier album, « Jus­ti­fied » . De­puis, Phar­rell Williams a en­chaî­né les col­la­bo­ra­tions avec Sha­ki­ra, Ma­don­na, Snoop Dogg, jus­qu’aux Fran­çais de Daft Punk l’an pas­sé. « Tout ce qui m’arrive, c’est aus­si grâce à eux, confirme le chan­teur, qui était à leur cô­té lors de leur sacre aux ré­cents Gram­my Awards, à Los An­geles. Je suis amé­ri­cain, ils sont fran­çais, je suis hu­main, ce sont des ro­bots ( rires). Et on pense la mê­me­chose. » Et tout le monde est… heu­reux.

Le clip de « Hap­py » , écrite pour « Moi, moche et mé­chant 2 » , ac­cueille les Mi­nions du film. De plus en plus de dé­cli­nai­sons sont réa­li­sées comme « Hap­py, We are from Bor­deaux » .

Pa­ris ( XVe), hier. Phar­rell Williams est ve­nu pré­sen­ter son nouvel album.

La conta­gion est pla­né­taire, voi­ci le clip « Hap­py, We are from Co­to­nou » au Bé­nin.

La vi­déo ama­teur « Hap­py, We are from An­gers » est l’une des plus réus­sies.

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