La­droi­te­se­dé­chi­reàaix

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Le Parisien (Paris) - - Politique - De notre cor­res­pon­dant AIX- EN- PRO­VENCE ( BOUCHES- DU- RHÔNE) MARC LERAS

Elle a long­temps vé­cu dans l’ombre de la soeur en­ne­mie mar­seillaise, mais Aix- enP­ro­vence s’ap­prête à vivre une sé­vère ba­taille mu­ni­ci­pale, avec sept listes en lice. Et les ré­sul­tats pè­se­ront très lourd dans la com­po­si­tion de la ma­jo­ri­té de la très contes­tée mé­tro­pole Aix- Mar­seilleP­ro­vence, qui ver­ra le jour en 2016.

Bat­tue par un so­cia­liste aux der­nières lé­gis­la­tives, l’UMP Ma­ryse Jois­sains- Ma­si­ni lance toutes ses forces pour conser­ver un siège qu’elle dé­tient de­puis deux man­dats et trois élec­tions. En 2009, après l’in­va­li­da­tion du scru­tin pré­cé­dent, cette in­con­di­tion­nelle de Ni­co­las Sar­ko­zy l’avait en ef­fet de nou­veau em­por­té… de 187 voix.

Alors que son camp est di­vi­sé avec une liste cen­triste UDI, la sor- tante fait face au FN, qui était ab­sent en 2008, et à une op­po­si­tion dis­per­sée mais bien dé­ci­dée à s’unir pour la battre au se­cond tour.

« Je se­rai en tête au pre­mier tour, en­suite ce­la dé­pen­dra de la vo­lon­té des élec­teurs, pré­voit- elle. Ce­la fait treize ans que j’ai le fau­teuil, ils bavent tous pour l’avoir. Mais j’ai en face de moi des per­sonnes qui ne sont pas ca­pables de gé­rer la ville. Si les Aixois sont in­tel­li­gents, ils ne vo­te­ront pas pour ces trois fi­fre­lins. »

maire en garde à vue en dé­cembre

nLa Sous les pla­tanes de cette cité pro­ven­çale de 142000 ha­bi­tants, qui a don­né 53 % à Ni­co­las Sar­ko­zy en 2012, les op­po­sants se prennent à rê­ver à une tri­an­gu­laire po­ten­tiel­le­ment des­truc­trice pour la sor­tante, em­pê­trée dans une af­faire d’em­plois pré­su­més fic­tifs qui lui a va­lu une jour­née de garde à vue en dé- cembre. Outre le Front de gauche et EELV, ses ad­ver­saires les plus sé­rieux viennent eux aus­si de grandes fa­milles aixoises. Triom­pha­teur de la pri­maire so­cia­liste d’oc­tobre der­nier avec 65 % des suf­frages, Edouard Bal­do est le fils de l’an­cien se­cré­taire gé­né­ral de la mai­rie. Avo­cat et fi­gure res­pec­tée de la très im­por­tante com­mu­nau­té des ra­pa­triés, il a été ben­ja­min du con­seil mu­ni­ci­pal dans les an­nées 1980, membre de ca­bi­nets mi­nis­té­riels puis avo­cat in­ter­na­tio­nal avant de se re­lan­cer dans la po­li­tique lo­cale il y a deux ans. « La ville perd des em­plois et des ha­bi­tants, il y a 5 000 étu­diants de moins, le comble pour une ville uni­ver­si­taire, les tran­sports marchent mal et les loyers sont de­ve­nus trop chers, mar­tèle Edouard Bal­do. C’est le ré­sul­tat d’une ges­tion au jour le jour, sans idée ni ré­flexion d’ave­nir. »

Le cen­triste Fran­çois- Xa­vier de Pe­ret­ti a lui aban­don­né son éti­quet- te Mo­Dem pour la plus lo­cale Union pour Aix, où il a été re­joint par d’an­ciens élus so­cia­listes, ra­di­caux ou éco­lo­gistes. Re­çu par Fran­çois Hollande, of­fi­ciel­le­ment pour par­ler de la mé­tro­pole, il appelle à un ras­sem­ble­ment an­ti- Jois­sains au se­cond tour. L’UDI Bru­no Gen­za­na, qui pré­sente 27 UMP sur sa liste ( dont Sa­li­ma Saa, conseillère po­li­tique dans l’équipe de Jean- Fran­çois Co­pé), voit, lui, le pre­mier tour comme une pri­maire à droite. « Ma­ryse Jois­sains n’est plus en me­sure d’em­pê­cher les so­cia­listes de prendre la mai­rie, es­time- t- il. Ce se­rait un vrai pa­ra­doxe que le PS s’em­pare d’Aix dans la pé­riode ac­tuelle. »

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