Le­sa­lon­del’agri­cul­tu­rein­fil­tré­par­les­marques

De­grand­snom­sde la dis­tri­bu­tion, de la res­tau­ra­tion ou­du­prêt- à- por­ter sont au Sa­lon. Une­vi­trine etun­lieu de bu­si­ness.

Le Parisien (Paris) - - Economie - BÉ­RAN­GÈRE LEPE­TIT

Le Sa­lon de l’agri­cul­ture, ses vaches, ses poules et ses 700 000 vi­si­teurs, est la vi­trine bien connue des po­li­tiques. Mais aus­si celle des marques de la grande dis­tri­bu­tion, de la res­tau­ra­tion ra­pide ou même du prêt- à- por­ter qui s’y pressent pour re­do­rer leur image, jouer la trans­pa­rence au­près du pu­blic et, ac­ces­soi­re­ment, ren­con­trer les agri­cul­teurs qui les four­nissent. Le hall 4 no­tam­ment, ce­lui des bo­vins, re­groupe, non sans quelques re­mous ( lire en­ca­dré), Car­re­four, Au­chan, In­ter­mar­ché et l’une des pion­nières du Sa­lon, la marque McDo­nald’s, qui a pris ses quar­tiers pour la qua­tor­zième an­née consé­cu­tive dans un pa­villon de bois de 150 m2 où elle pro­pose un « par­cours lu­dique et pé­da­go­gique » . La marque y ex­plique no­tam­ment comment… « faire des frites de qua­li­té » .

« Ici se nouent par­fois des par­te­na­riats in­té­res­sants, confie Del­phine Smag­ghe, vice- pré­si­dente du dé­ve­lop­pe­ment du­rable de la marque de fast- food. C’est ici que nous avons si­gné pour notre sand­wich cha­ro­lais McDo. » Juste à cô­té, dans des odeurs de bif­teck grillé, la marque Cha­ral tend aux vi­si­teurs des pe­tits bouts de viande cuits mi­nute.

A quelques mètres, Pay­san bre­ton, deuxième marque de beurre en France, est pré­sent pour la pre­mière fois au Sa­lon à l’oc­ca­sion de son 45e an­ni­ver­saire. Elle a dé­bour­sé 200 000 € pour son stand et mise sur le lait Ri­bot, qu’elle fait goû­ter. Hall 2, LU a fait son ap­pa­ri­tion en 2010. « En 2013, 10 % des vi­si­teurs du Sa­lon, soit 70 000, étaient pas­sés sur notre stand de 150 m2. C’est un évé­ne­ment clé pour nous. On ren­contre tous nos pu­blics, clients et agri­cul­teurs » , in­dique Elo­die Parre, res­pon­sable de la fi­lière LU Har­mo­ny qui pro­meut « une agri­cul­ture pru­dente » .

« On a in­té­rêt à ce que de plus en plus de marques aient un lien avec les agri­cul­teurs, in­dique Juan­na Mo­re­no, di­rec­trice du Sa­lon de l’agri­cul­ture. Mais Co­mex­po­sium, so­cié­té qui com­mer­cia­lise les stands, res­pecte un rè­gle­ment mo­ral. Il faut que la marque ait un lien avec le monde agri­cole et pro­duise en France. » Les ex­po­sants sont très fi­dèles : 90 % d’entre eux re­viennent. Co­mex­po-

On ren­contre tous nos pu­blics”

Elo­die Parre, res­pon­sable de la fi­lière LU Har­mo­ny sium doit donc chaque an­née trou­ver pre­neur pour 10 % du Sa­lon. Et pour­quoi, par exemple, McDo­nald’s et pas son concur­rent Quick ? « Nous ne sommes pas al­lés cher­cher Quick. C’est McDo­nald’s qui nous sol­li­cite an­née après an­née » , pour­suit la di­rec­trice. Ques­tion de stra­té­gie de marque, donc, mais aus­si de… gros sous. Si les agri­cul­teurs qui ex­posent bé­né­fi­cient de ta­rifs pré­fé­ren­tiels, les marques dé­boursent, elles, des sommes consé­quentes. « On n’est là que pour le bu­si­ness » , as­sume le res­pon­sable écos­sais du stand de la marque de vê­te­ments Bar­bour, dans le hall 5. « Mais cette an­née, on n’est pas contents. On a payé 10 000 € pour un stand très mal si­tué. »

Pa­ris ( XVe), hier. Par­mi les grandes marques qui veulent mon­trer une proxi­mi­té avec l’agri­cul­ture, McDo­nald’s, pré­sent de­puis qua­torze ans au sa­lon.

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