Pre­miers­re­toursd’ha­bi­tantsà­fu­ku­shi­ma

300ri­ve­rains de la cen­trale ja­po­naise dé­vas­tée en mars 2011 vont pou­voir re­ga­gner leurs mai­sons.

Le Parisien (Paris) - - Société - FRÉ­DÉ­RIC MOUCHON

Presque trois ans après avoir été contraints d’aban­don­ner leurs mai­sons en ur­gence, 300 ri­ve­rains de la cen­trale ac­ci­den­tée de Fu­ku­shi­ma pour­ront re­tour­ner chez eux à par­tir du 1er avril. Sur les 210 000 per­sonnes éva­cuées de la zone conta­mi­née au len­de­main de la catastrophe, une cen­taine de mil­liers ne sont pas ren­trées chez elles. 30 000 se­ront au­to­ri­sées à le faire dans les deux ans à ve­nir. Mal­gré ce feu vert of­fi­ciel et les opé­ra­tions de dé­con­ta­mi­na­tion me­nées dans la zone de re­tour, cer­tains ré­fu­giés hé­sitent à re­tour­ner dans des sec­teurs qui ont été for­te­ment tou­chés par les ra­dia­tions et où le ni­veau de ra­dio­ac­ti­vi­té reste éle­vé.

consignes très strictes à res­pec­ter

nDes Les pre­miers si­nis­trés qui re­trou­ve­ront leurs lo­ge­ments sont ori­gi­naires de Ta­mu­ra, une ville si­tuée à une ving­taine de ki­lo­mètres à l’ouest de la cen­trale. Le sec­teur où le gou­ver­ne­ment au­to­rise pro­gres­si­ve­ment le re­tour des po­pu­la­tions s’étend sur 460 km2, soit 40 % de la su­per­fi­cie des sur­faces éva­cuées. Le gou­ver­ne­ment ja­po­nais es­time qu’une zone est de nou­veau ha­bi­table si une per­sonne y est ex­po­sée à une dose ra­dio­ac­tive de moins de 20 mil­li­sie­verts ( mSv) par an. Au­tour d’une cen­trale nu­cléaire fran­çaise, la li­mite ré­gle­men­taire à ne pas dé­pas­ser pour la po­pu­la­tion est vingt fois moindre. « Mais, entre 1 et 20 mSv par an, au­cune étude épi­dé­mio­lo­gique n’a mon­tré d’aug­men­ta­tion du risque de can­cer » , af­firme Jean- Re­né Jour­dain, ad­joint à la di­rec­tion de la pro­tec­tion de l’homme à l’Ins­ti­tut de ra­dio­pro­tec­tion et de sû­re­té nu­cléaire.

Ce spé­cia­liste re­con­naît tou­te­fois que des consignes très strictes de­vront être res­pec­tées par les can­di­dats au re­tour. « Les ha­bi­tants ne pour­ront plus culti­ver de lé­gumes dans leur jar­din car les plantes ont ten­dance à pom­per le cé­sium par leurs ra­cines, pré­cise- t- il. Il se­ra sans doute in­ter­dit de creu­ser la terre et, en fo­rêt, il ne fau­dra sur­tout pas ra­mas­ser de cham­pi­gnons, con­som­mer des baies sau­vages ou du gi­bier. » Les ré­fu­giés qui sou­haitent re­tour­ner chez eux de­vront par ailleurs re­non­cer aux 715 € men­suels d’in­dem­ni­té qui leur étaient ver­sés en re­con­nais­sance de leur pré­ju­dice mo­ral.

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