Le­foot­bal­leur­chauf­fard condam­néà­la­mar­cheà­pied

Au­teur d’un ro­déoau­vo­lant d’une Fer­ra­ri, M’baye Niang, at­ta­quant de Mont­pel­lier, a été con­dam­né­hier à dix- huit mois de pri­son avec sur­sis et son­per­mis a été an­nu­lé.

Le Parisien (Paris) - - Faits divers - MONT­PEL­LIER ( HÉ­RAULT) De notre cor­res­pon­dant CLAUDE MASSONNET

« J’ai drib­blé entre les voi­tures. » Voi­là ce que M’Baye Niang, jeune foot­bal­leur pro­fes­sion­nel de 19 ans, avait ex­pli­qué en garde à vue après son gros écart de conduite, le 2 fé­vrier à Mont­pel­lier, au vo­lant d’une Fer­ra­ri dont on lui avait confié les clés. L’at­ta­quant, qui adore la vi­tesse et les belles spor­tives, a re­con­nu les faits hier de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Mont­pel­lier. Il a été condam­né à dix- huit mois de pri­son avec sur­sis pour mise en dan­ger d’au­trui, dé­lit de fuite et conduite sans per­mis va­lide, car il avait per­du ses points à cause de pré­cé­dents dé­lits de grande vi­tesse dans l’Eure.

Le di­manche 2 fé­vrier dans l’après- mi­di, en sor­tant d’un res­tau­rant, M’Baye Niang avait exé­cu­té une sorte de sla­lom à grande vi­tesse de­puis le centre de Mont­pel­lier jus­qu’au centre d’entraînement de Gram­mont. Lan­cée à vive al­lure, la Fer­ra­ri Tes­ta Ros­sa rouge avait em­bou­ti quatre voi­tures, dont une pous­sée sur cin­quante mètres, avant de ter­mi­ner sa course contre un arbre, dé­ra­ci­né. Le pro­met­teur at­ta­quant du club de Mont­pel­lier ( Ligue 1) avait dou­blé par la droite, brû­lé un feu rouge et exé­cu­té plu­sieurs tête à queue. La Fer­ra­ri Tes­ta Ros­sa à 220 000 € avait été dé­cou­verte to­ta­le­ment dé­truite, so­no à fond, mais sans le conduc­teur et son pas­sa­ger, en fuite. nIl « Je re­con­nais les faits. Je re­grette et m’ex­cuse. J’ai été pris de pa­nique, d’un coup de fo­lie » , mur­mure à la barre le foot­bal­leur qui s’était fait prê­ter ce bo­lide de­puis huit jours parce qu’il sou­hai­tait en faire l’ac­qui­si­tion. « Je la condui­sais ex­cep­tion­nel­le­ment » , ex­plique- t- il au tri­bu-

plaide la « stu­pi­di­té »

nal. « Six à sept séances de conduite dans une se­maine, ce n’est plus de l’ex­cep­tion » , ob­jecte le pré­sident Paul Bau­doin. Et le ma­gis­trat s’étonne que ce jeune conduc­teur puisse ain­si pi­lo­ter une voi­ture sans per­mis, de­puis qu’il a per­du tous ses points le 31 mai 2013 de­vant le tri­bu­nal de po­lice de Caen. « Je n’ai pas re­çu la convo­ca­tion » , mur­mure M’Baye Niang. Du cô­té du pro­cu­reur, on ré­sume le com­por­te­ment du pré­ve­nu en deux mots. « Stu­pi­di­té et im­ma­tu­ri­té » , as­sène Pa­trick Bot­te­ro, qui a en­suite re­quis 170 heures de tra­vaux d’in­té­rêt gé­né­ral et une sus­pen­sion du per­mis. « Ju­ri­di­que­ment, c’est un ac­ci­dent. La réa­li­té, c’est un jeu vi­déo, une agres­sion » , es­time Me Lafont pour les parties ci­viles, comme Fran­cis, dont la C3 a été pous­sée sur cin­quante mètres. « J’ai eu la peur de ma vie. J’en tremble en­core » , ex­plique- t- il à la sor­tie de l’au­dience.

Me Luc Abrat­kie­wicz, avo­cat du bu­teur chauf­fard, re­prend à son compte la for­mule du pro­cu­reur, « stu­pi­di­té et im­ma­tu­ri­té » , pour adou­cir un peu la sanc­tion ju­di­ciaire, pré­co­ni­sant une peine avec sur­sis et une sus­pen­sion lé­gère du per­mis. Les juges sont fi­na­le­ment al­lés au­de­là des ré­qui­si­tions du par­quet. En plus des dix- huit mois avec sur­sis, l’at­ta­quant prê­té à Mont­pel­lier par l’AC Mi­lan a vu son per­mis an­nu­lé avec in­ter­dic­tion de le re­pas­ser avant trois ans. Il de­vra aus­si payer 700 € d’amende et ver­ser en­vi­ron 12 000 € de dom­mages et in­té­rêts à ses vic­times.

Mont­pel­lier ( Hé­rault), hier. M’Baye Niang a été condam­né hier pour mise en dan­ger d’au­trui, dé­lit de fuite et conduite sans per­mis va­lide. Le jeune at­ta­quant, à l’ori­gine d’un spec­ta­cu­laire ac­ci­dent le 2 fé­vrier, a plai­dé un coup de fo­lie.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.