« En­tre­rau­mu­sée, c’es­tun­jo­li­pied­de­nez »

Sé­bas­tien­va­lie­la, au­teur­de­la­pho­to­de­hol­lan­deen­cas­que­pu­bliée­par « Clo­ser »

Le Parisien (Paris) - - Loisirs et spectacles - HU­BERT LIZÉ.

Il est l’homme par qui le scan­dale arrive… à scoo­ter, et il l’as­sume très tran­quille­ment. Le pa­pa­raz­zi Sé­bas­tien Va­lie­la, vingt- deux ans de mé­tier, au­rait même ap­pré­cié que sa pho­to de Fran­çois Hollande cas­qué sor­tant d’un ren­dez- vous amou­reux avec l’ac­trice Ju­lie Gayet, celle qui a fait la une de « Clo­ser » et pro­vo­qué une dé­fla­gra­tion po­li­ti­co- mé­dia­tique, fi­gure dans l’ex­po de Metz. « J’ai pro­po­sé qu’elle y soit, elle au­rait mé­ri­té d’y fi­gu­rer, nous confie- til. On m’a rap­pe­lé le len­de­main pour me dire que ce ne se­rait pas pos­sible. Je com­prends ça… Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un musée d’Etat qui dé­pend du mi­nis­tère de la Culture. » Va­lie­la pré­pare dé­jà un livre sur son coup d’éclat HollandeGayet, où il don­ne­ra les dé­tails de la planque.

Se voir ex­po­sé ain­si dans une ins­ti­tu­tion cultu­relle, ça l’amuse plu­tôt. « Je prends ce­la comme un jo­li pied de nez. C’est une forme de re­con­nais­sance pour nous, les pa­pa­raz­zis, car on est tou­jours très dé­criés. Les gens com­mencent à com­prendre que, même si on n’est pas des ar­tistes, ces pho­tos ont un style, im­po­sé par les contraintes dans les­quelles on les réa­lise. »

Un de ses scoops re­ten­tis­sants, le pre­mier cli­ché ja­mais pu­blié de Ma­za­rine avec son père, Fran­çois Mit­ter­rand, en 1994, fi­gure en bonne place dans le par­cours. « Cette pho­to a été plus com­pli­quée que celle de Hollande en rai­son de l’im­por­tant dis­po­si­tif de sé­cu­ri­té, se sou­vient- il. On était plan­qués der­rière un pe­tit mu­ret avec Pierre Suu, l’autre pho­to­graphe. Il a fal­lu des se­maines de pré­pa­ra­tion pour la réus­sir. Elle nous a rap­por­té 350 000 francs à l’époque. Plus qu’une star fran­çaise, mais moins qu’une star in­ter­na­tio­nale re­ven­due dans plu­sieurs pays. » Le prix des tur­bu­lences pro­vo­quées par la pu­bli­ca­tion du cli­ché dans « Pa­ris Match » . « Ça avait se­coué beau­coup, on nous re­pro­chait d’avoir été trop loin. Au lieu de s’in­ter­ro­ger sur le coût pour les Fran­çais d’une fille ca­chée du pré­sident. »

Quand on touche

au som­met de l’Etat, on a des images qui res­tent un peu dans l’his­toire”

Le pa­pa­raz­zi a aus­si shooté Li­liane Bet­ten­court bar­bo­tant dans la piscine de sa mai­son de Ma­jorque, une image ri­go­lote qui fi­gure dans l’ex­po­si­tion de Metz. « J’avais pas­sé deux jours ca­ché dans une fo­rêt où j’aper­ce­vais un pe­tit bout de piscine. J’ai fi­ni par l’aper­ce­voir dans mon té­lé. Elle n’a pas por­té plainte. Je pense que ça l’a fait rire. »

On ne prête qu’aux riches. De­puis son ex­ploit de Hollande à scoo­ter, Sé­bas­tien Va­lie­la a été en­ten­du par la po­lice pour une pho­to de Ju­lie Gayet en voi­ture pa­rue la se­maine sui­vante. « Une convo­ca­tion de pure forme, as­sure- t- il. Ce n’est pas moi qui l’ai faite, je le leur ai dit. » L’au­teur du scoop de l’an­née a re­pris ses fi­la­tures clas­siques sur des cé­lé­bri­tés plus or­di­naires. « Des pho­tos ou­bliées dès la se­maine qui suit. » En at­ten­dant un nou­veau coup d’adré­na­line pré­si­den­tiel. « Quand on touche au som­met de l’Etat, on a des images qui res­tent un peu dans l’his­toire. »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.