Sos­coeu­ren­miettes « J

Le Parisien (Paris) - - Loisirs et spectacles - PIERRE VAVASSEUR

e n’ai rien de­man­dé, j’ai fait des en­fants, la vais­selle, j’ai payé les fac­tures, j’ai gueu­lé un peu, souvent, parce que j’avais peur de ne pas y ar­ri­ver. Je n’ai pas trom­pé, j’ai fait at­ten­tion à res­ter re­gar­dable, tout le temps. » Sarah broie du noir. Elle a mis son ma­ri à la porte le jour où des mots d’amour et de dé­sir se sont af­fi­chés sur le té­lé­phone qu’elle lui avait em­prun­té. Ce dé­pit, cette vexa­tion, cette so­li­tude, servent de coque à un livre fu­rieu­se­ment bien écrit, avec un art de la for­mule aus­si in­né qu’ef­fi­cace, puisque l’au­teure, ré­vé­lée dès son pre­mier livre, « Pa­pa Was Not a Rol­ling Stone » , n’a pas tra­vaillé pour rien dans la pu­bli­ci­té. Le slo­gan « Re­gar­dez- moi dans les yeux » , c’est elle.

nMo­ments

de grâce et hu­mour tran­chant

Ici, pas d’ef­fets de manche pour at­tra­per le lec­teur. Et sur­tout la lec­trice. Juste une sincérité à fleur de mots, au fur et à me­sure que Sarah, plus ou moins bien conseillée par son en­tou­rage, re­monte du fond du puits vers la lu­mière. « Bonne à ( re) ma­rier » est un ro­man vrai qui ne fait pas d’el­lipse, qui ne par­donne rien mais re­cons­truit peu à peu le puzzle de la confiance. Il y a de beaux mo­ments de grâce, un hu- mour tran­chant, des por­traits au cou­teau ( le pa­tron de l’agence, amou­reux dans l’ins­tant, qui ne lui laisse même pas « faire son deuil » ) et des actes dé­fi­ni­tifs propres à ce que le bon­heur « re­de­vienne une pos­si­bi­li­té » . On lui sou­haite tout le suc­cès pos­sible.

« Bonne à ( re) ma­rier » , de Syl­vie Ohayon, Ed. Ro­bert Laf­font, 251 pages, 18,50 €

Syl­vie Ohayon signe son troi­sième ro­man.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.