« Je de­vais sor­tir del’im­passe des sé­ries »

Co­rinne Tou­zet in­carne une femme au pas­sé trouble dans « la Ma­lé­dic­tion de Ju­lia » ce soir sur France 3. Elle nous ra­conte sa nou­velle vie.

Le Parisien (Paris) - - Télévision et médias - Pro­pos re­cueillis par CA­THE­RINE BALLE

Elle tient le rôle prin­ci­pal d’un thril­ler an­gois­sant et san­glant. Dans « la Ma­lé­dic­tion de Ju­lia » ( France 3, 20 h 45), une fic­tion élé­gante mais un peu ro­cam­bo­lesque, Co­rinne Tou­zet in­carne une femme au pas­sé trouble, qui re­tourne sur les lieux de son en­fance et se re­trouve mê­lée à une sé­rie de meurtres. De­puis qu’elle a quit­té « Une femme d’hon­neur » , sur TF 1 en 2007, la co­mé­dienne de 54 ans se par­tage entre les té­lé­films ( elle en tourne un ou deux par an), son mé­tier de pro­duc­trice et le théâtre. Qu’est- ce qui vous a at­ti­rée dans ce rôle par­ti­cu­liè­re­ment sombre ? CO­RINNE TOU­ZET. Je ne trouve pas ce rôle si sombre. On a peur pour l’hé­roïne mais, en même temps, Ju­lia vient de re­prendre contact avec son père, elle est en train de se re­cons­truire… Il y a quelque chose de très tendre et po­si­tif. C’est ce­la qui m’a plu. Et puis Ju­lia est quel­qu’un de très fra­gile, comme moi. On a l’im­pres­sion que vous re­cher­chez des rôles dra­ma­tiques… Non, je cherche des rôles in­té­res­sants, où les per­son­nages ont des choses à dé­fendre. Mais je ne veux pas des rôles sombres à tout prix : d’ailleurs, plus j’avance, plus j’aime la vie. Là, je viens de tour­ner « Un si jo­li men­songe » , une co­mé­die pour France 2 sur une femme qui ment sur son âge ( avec Ané­mone et Fran­cis Re­naud)… Et j’ai ado­ré ça. Re­trou­ver Georges Cor­ra­face, qui jouait le père de votre fils dans « Une femme d’hon­neur » , c’était votre idée ? Non, je ne l’avais pas re­vu de­puis la sé­rie. Mais j’étais ra­vie de le re­trou­ver, car, au fil du temps, on a ac­quis une grande com­pli­ci­té. Sur « la Ma­lé­dic­tion de Ju­lia » , j’ai aus­si re­trou­vé Phi­lippe Na­hon, qui joue mon père et avec qui j’avais tour­né mon pre­mier té­lé­film, à 21 ans. Avez- vous eu du mal à re­trou­ver des rôles après « Une femme d’hon­neur » ? Ce qui a été dur, ça a été de pro­duire des té­lé­films. C’est un mé­tier qui est de­ve­nu très com­pli­qué, et, comme je suis co­mé­dienne, les pro­duc­teurs se sont ser­ré les coudes. Mais comment puisje me plaindre après les vingt an­nées que je viens de pas­ser ? Alors que j’ai des amis qui ont per­du leur sta­tut d’in­ter­mit­tent et qui crèvent de faim ? Moi, je pro­duis de beaux té­lé­films et je suis sur scène de­puis cinq ans. Pour­quoi avoir re­pris le théâtre, en 2008 ? Quand j’ai quit­té « Une femme d’hon­neur » , c’était pour faire de la scène. Ça a été dou­lou­reux, mais je ne re­grette vrai­ment pas. J’avais be­soin de me re­nou­ve­ler. La co­mé­dienne que j’étais de­vait sor­tir de l’im­passe qui était celle des sé­ries… J’ai tel­le­ment ap­pris en cinq ans de théâtre : on re­met constam­ment en ques­tion son travail. En sep­tembre, je vais par­tir en tour­née avec « Une jour­née par­ti­cu­lière » ( NDLR : adap­tée du film d’Et­tore Sco­la). Et je cherche un pro­jet de théâtre pour l’an pro­chain. En 2010, vous étiez re­ve­nue sur TF 1 dans la sé­rie po­li­cière « In­ter­pol » , que vous avez ar­rê­tée après six épi­sodes. Vous ne re­gret­tez pas de ne plus avoir

Je veux mon­trer qu’à 50 ans on est plus riche qu’à 20 en émo­tions et en ex­pé­rience”

de rôle ré­cur­rent ? J’en ai as­sez qu’on me parle de la « fli­quette » de TF 1, de sé­ries… Je veux conti­nuer le théâtre le plus long­temps pos­sible, vivre, avec un v ma­jus­cule, ren­con­trer des tas de gens que je ne connais pas, être ai­mée par l’homme que j’aime… Et mon­trer qu’à 50 ans on est plus riche qu’à 20 en émo­tions et en ex­pé­rience. J’ai le sen­ti­ment d’avoir avan­cé. Qu’est- ce que vous faites quand vous ne tra­vaillez pas ? Après des an­nées dans le Mi­di, je suis re­ve­nue à Pa­ris à cause du théâtre. Le so­leil, la la­vande, le ro­ma­rin me manquent… Je ne peux plus jar­di­ner, mais je lis beau­coup de ro­mans et je me ba­lade à vé­lo.

( Abra­films/ Ma­nuelle Tous­saint.)

A 54 ans, Co­rinne Tou­zet, l’ex- « femme d’hon­neur » de TF 1, mul­ti­plie les pro­jets, comme ce soir dans « la Ma­lé­dic­tion de Ju­lia » . Elle y in­ter­prète une hé­roïne tour­men­tée qui re­tourne au­près de sa fa­mille, de riches bour­geois du Nord.

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