Les pro­duc­teurs de ba­nanes se dé­fendent

Le Parisien (Paris) - - Enquête - S. R.

Confron­tée à des cri­tiques de plus en plus vi­ru­lentes de la part de cer­tains pro­fes­sion­nels de san­té et des mou­ve­ments éco­lo­gistes, la fi­lière ba­nane des An­tilles n’a pas l’in­ten­tion de se lais­ser faire. « Les ac­cu­sa­tions d’at­teinte à la san­té et à l’en­vi­ron­ne­ment sont fausses et ins­tru­men­ta­li­sées ! at­taque Eric de Lucy, porte- parole des pro­duc­teurs an­tillais de ba­nanes. Les au­to­ri­sa­tions d’épan­dage viennent de l’Etat, elles sont of­fi­cielles. S’il y avait des risques pour la san­té, on ne le fe­rait pas ! »

Risque mor­tel pour l’éco­no­mie lo­cale

Pour cet an­cien nu­mé­ro deux de GBH, le groupe tout- puis­sant de Ber­nard Hayot qui contrôle une grosse par­tie de la pro­duc­tion de ba­nanes des îles, ces at­taques font peser un risque mor­tel sur l’éco­no­mie lo­cale. « La ba­nane, c’est la co­lonne ver­té­brale de l’agri­cul­ture aux An­tilles. Si on la fra­gi­lise, ce sont 10 000 em­plois di­rects qui sont me­na­cés. C’est ce­la que veulent nos dé­trac­teurs ? Au­jourd’hui, tous les pro­duc­teurs de ba­nanes du monde re­courent à ces pes­ti­cides et à l’épan­dage. Même la Ré­pu­blique do­mi­ni­caine, qui pour­tant pro­duit sous le la­bel bio, uti­lise ces pro­duits. Il n’y a rien de plus ef­fi­cace pour lut­ter contre le pa­ra­site de la cer­co­spo­riose noire. Mais nous ne sommes pas inconscients, nous sa­vons que ces pes­ti­cides ne sont pas la so­lu­tion d’ave­nir. De­puis trois ans, nous sommes les seuls au monde à tes­ter une tech­nique d’as­per­sion au sol, avec des pe­tits tracteurs. On at­tend les ré­sul­tats. Et nous sommes en train de mettre au point la ba­nane 925 : un hy­bride conçu sans OGM, ca­pable de ré­sis­ter à la cer­co­spo­riose. Nous ne sommes pas des pleur­ni­chards : si ces ex­pé­riences sont concluantes, on pour­ra li­mi­ter les pes­ti­cides. »

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