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Com­ments’y re­trou­ver dans la jungle des ap­pli­ca­tions lu­do- édu­ca­tives sur por­ta­bleou­ta­blette ? Sui­vez­nos conseils et notre sé­lec­tion pour pro­po­ser les meilleures et les plus adap­tées à vos pe­tits.

Le Parisien (Paris) - - Lerendez- Vous - FLO­RENCE DEGUEN

Elles sont des cen­taines de mil­liers. Du la­pin pixe­li­sé co­pié col­lé sur In­ter­net qui dit « la­pin » quand on ap­puie des­sus à la pé­pite d’ani­ma­tion, qui a de­man­dé des heures et des heures de sa­voir- faire à ses créa­teurs et fe­ra pro­gres­ser votre en­fant en maths sans en avoir l’air… Les ap­pli­ca­tions lu­do- édu­ca­tives sur smart­phone et ta­blette sont souvent vos meilleures amies pen­dant les va­cances, pour par­ta­ger un temps calme, faire oublier un tra­jet un peu long sur la route des va­cances ou lais­ser souf­fler une ma­mie fa­ti­guée. Ou… vos pires en­ne­mies, si votre ga­min clique à votre insu sur de la pub ou des achats in­té­grés. Mais comment s’y re­trou­ver ?

nMé­fiez- vous du gratuit

« Quand c’est gratuit, c’est que c’est vous le pro­duit ! » sou­rit Odile Le­veugle, au­teur d’Ap­pli­mi­ni, un site In­ter­net qui sé­lec­tionne des ap­plis « chouettes et bien faites » pour les en­fants. « Les pa­rents ont du mal à in­ves­tir ne se­rait- ce que 2 € dans cet ou­til- là, alors qu’ils n’hé­si­taient pas à mettre 20 € dans les Cd- roms il y a dix ans ! Mais il n’y a pas de mys­tère : une belle ap­pli­ca­tion a un coût. » Il est gé­né­ra­le­ment faible : de 0,70 € à 5 ou 6 € maxi. Alors, certes, quelques gros édi­teurs peuvent se per­mettre de faire du beau pour rien, mais, la plu­part du temps, vous au­rez af­faire à du « gratuit avec achats in­té­grés » . Au­tre­ment dit une ap­pli gra­tuite dans sa ver­sion « light » , qu’il fau­dra en­suite dé­blo­quer en dé­bour­sant quelques eu­ros. C’est le seul moyen qu’ont trou­vé les pe­tits édi­teurs pour vivre de leurs créa­tions !

nLi­sez bien le des­crip­tif

In­utile de té­lé­char­ger une ap­pli dont le conte­nu est dé­crit dans un fran­çais ap­proxi­ma­tif : c’est mau­vais signe. Re­gar­dez bien, aus­si, les cap­tures d’écrans qui pré­sentent le jeu : on dis­tingue gé­né­ra­le­ment en un coup d’oeil un conte­nu lé­ché d’un gra­phisme pau­vret.

Les com­men­taires des uti­li­sa­teurs peuvent vous éclai­rer, sur­tout s’ils sont mau­vais, d’ailleurs ( les bons com­men­taires sont par­fois « tru­qués » ) . Après il n’y a pas de mi­racle, exac­te­ment comme on de­mande à son li­braire de sug­gé­rer un bon livre pour un en­fant de 8 ans, on peut s’en re­mettre aux re­com­man­da­tions des pros, comme celles de cet autre site In­ter­net très bien fait, la Sou­ris grise, dont la fon­da­trice est en train de fé­dé­rer les édi­teurs d’ap­pli­ca­tions lu­do- édu­ca­tives fran­co­phones au­tour d’une charte de qua­li­té.

« Il y a tel­le­ment de pro­duits ma­gni­fiques mais qui res­tent to­ta­le­ment mal­heu­reu­se­ment in­con­nus, tel­le­ment d’ap­plis mal faites aus­si… ex­plique Laure Des­champs, qui forme éga­le­ment les per­son­nels des mé­dia­thèques à l’usage de l’ou­til. Tout est à faire pour construire des re­pères. »

nNi pub, ni piège, ni blo­cages dé­cou­ra­geants

Té­lé­char­ger une « app » qui a l’air sym­pa et lais­ser im­mé­dia­te­ment l’en­fant s’y plon­ger sans l’ac­com­pa­gner, c’est dom­mage et c’est ris­qué. « Une ap­pli pour en­fant ne doit avoir ni ban­deaux de pu­bli­ci­té ex­ternes qui cli­gnotent, ni achats in­té­grés ac­ces­sibles sans sé­cu­ri­téou liens vers Fa­ce­book » , pour­suit Laure Des­champs. « Si­non tôt ou tard l’en­fant va ap­puyer­des­su­set s’éga­rer hors du jeu, voire dé­clen­cher des achats mal­gré lui » . Pour s’as­su­rer de la sé­cu­ri­té, mais aus­si de la per­ti­nence lu­do- édu­ca­tive de l’ap­pli, il faut donc la tes­ter. Veillez tou­jours à choi­sir des jeux « bien­veillants » , qui en­cou­ragent l’en­fant et ne le laissent pas en échec, blo­qué dans un labyrinthe s’il se trompe. « Et ne vous leur­rez pas trop, conclue Odile Le­veugle, ce n’est pas en ache­tant Dic­tée ma­gique ou Je sais comp­ter à 3 ans que votre en­fant va faire des bonds de géant à l’école. L’ap­pli pour en­fant est un su­per ou­til qui per­met de dé­cou­vrir des tas de choses en s’amu­sant. Il est com­plé­men­taire, mais ce n’est pas un prof ! »

La Sou­ris grise mène l’en­quête. Comme il n’existe au­cune en­quête sta­tis­tique sur les usages des ap­pli­ca­tions pour en­fants sur ta­blettes ou smart­phones en France, le site La Sou­ris grise vient de lan­cer un ques­tion­naire en ligne pour les pa­rents et les pro­fes­sion­nels de l’en­fance. Comment les en­fants uti­lisent- ils réel­le­ment la ta­blette ? Lisent- ils, jouent- ils, font- ils leurs de­voirs sur leur ta­blette ? 600 per­sonnes ont dé­jà ré­pon­du. Si vous sou­hai­tez par­ti­ci­per il vous en coû­te­ra deux mi­nutes à peine de votre temps : sou­ris- grise. fr.

( LP/ Yann Fo­reix.)

Des cen­taines de mil­liers d’ap­pli­ca­tions pour que les en­fants puissent ap­prendre en s’amu­sant existent sur smart­phone et ta­blette.

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