La­re­la­tion « in­ap­pro­priée » du­pro­fes­seur

Le Parisien (Paris) - - Faitsdivers - GEOF­FROY TOMASOVITCH

Son sort ju­di­ciaire est sus­pen­du aux ex­per­tises ADN. Si elles le dis­culpent, ce pro­fes­seur d’an­glais de 56 ans, dé­te­nu de­puis oc­tobre 2013, pour­rait sor­tir de pri­son. Dans le cas contraire, le quin­qua­gé­naire, en­sei­gnant dans un ly­cée près de Tours ( Indre- etLoire), se­ra pas­sible de la cour d’as­sises pour viol sur mi­neure de 15 ans, avec la cir­cons­tance ag­gra­vante qu’elle souffre d’un lé­ger re­tard men­tal et de sur­di­té pro­fonde.

« Mon client n’a ja­mais contes­té avoir eu une re­la­tion in­ap­pro­priée avec cette jeune fille de 14 ans, mais il a jours nié toute re­la­tion sexuelle, et, bien sûr, tout viol » , confie Me Marc Mo­rin, l’avo­cat de l’en­sei­gnant, cons­cient que les ex­per­tises gé­né­tiques s’avèrent dé­ter­mi­nantes. En at­ten­dant, c’est « parole contre parole » , ajoute- t- il. Des dé­cla­ra­tions pas tou­jours spon­ta­nées. Le prof d’an­glais a ain­si dic­té à la jeune fille une lettre dans la­quelle elle af­fir­mait qu’il ne s’était ja­mais rien pas­sé entre eux. Le des­ti­na­taire, le pro­cu­reur de Tours, n’a pas été dupe. L’or­tho­graphe et la syn­taxe étaient trop par­faites. La ten­ta­tive de ma­ni­pu­la­tion s’est re­tour­née contre l’en­sei­gnant, qui avait es­pé­ré échap­per, grâce à ce cour­rier, à un pro­cès en cor­rec­tion­nelle pour cor­rup­tion de mi­neurs et at­tou­che­ments. Cette af­faire, ré­vé­lée par la « Nou­velle Ré­pu­blique » , s’est en ef­fet dé­rou­lée en plu­sieurs pha- ses. Tout com­mence lors d’un arbre de Noël or­ga­ni­sé dans la com­mune où vit le pro­fes­seur d’an­glais. Ega­le­ment conseiller mu­ni­ci­pal, il y croise l’ado­les­cente qui ha­bite la même rue. Ma­rié et père de fa­mille, il tombe sous le charme, mal­gré le jeune âge de sa voi­sine. Ils en­tament un flirt, comme en at­testent les 400 tex­tos en­voyés par le prof. « Echanges ré­ci­proques » , pré­cise Me Mo­rin. Sans an­té­cé­dent ju­di­ciaire et bien no­té, l’en­sei­gnant est convo­qué en cor­rec­tion­nelle en juin 2013. L’af­faire est ren­voyée. Un mois plus tard, le père de la mi­neure le sur­prend dans la chambre de sa fille. L’homme le bous­cule et s’en­fuit. Puis, ce même été, l’ado­les­cente ac­cuse son voi­sin de l’avoir vio­lée, entre mai et juillet 2013. Plai­dée au dé­but du mois, la de­mande de re­mise en li­ber­té du mis en exa­men a été re­je­tée. Reste à at­tendre l’ADN.

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