Le­fils­deMi­chelA­tan­ga­naat­tend­son­père

Le Parisien (Paris) - - Faitsdivers - TI­MO­THÉE BOU­TRY ( AVEC PAS­CALE ÉGRÉ)

Libre. En­fin. Après dix- sept an­nées de dé­ten­tion au Ca­me­roun dans des condi­tions que l’ONU a qua­li­fiées « d’in­hu­maines » , le Fran­çais Mi­chel Atan­ga­na a pu quit­ter sa cel­lule lun­di soir. Après un pas­sage par l’am­bas­sade de France et une nuit à l’hô­tel, cet homme de 49 ans d’ori­gine ca­me­rou­naise de­vrait re­ga­gner l’Hexa­gone de­main. « Quel bon­heur ! » s’ex­clame Eric, son fils, qui s’ap­prête à re­voir un père in­car­cé­ré alors qu’il n’avait que 5 ans. « J’ai pu le joindre briè­ve­ment : il est évi­dem­ment très content, même s’il est un peu dé­bous­so­lé. »

Le cal­vaire de Mi­chel Atan­ga­na, en­voyé au Ca­me­roun pour me­ner des pro­jets rou­tiers, dé­bute en 1997. En avril, Ti­tus Ed­zoa, pré­sen­té comme un de ses proches, est ar­rê­té. Cet homme — lui aus­si li­bé­ré lun­di soir — ve­nait de rompre avec le tout- puis­sant pré­sident Paul Biya et d’an­non­cer sa can­di­da­ture à la pré­si­den­tielle. Mi­chel Atan­ga­na est in­ter­pel­lé dans la fou­lée puis condam­né à quinze ans de pri­son pour des dé­tour­ne­ments de fonds qu’il conteste. En 2012, il est de nou­veau condam­né à vingt ans de pri­son pour les mêmes faits. « Il est l’otage d’un conflit po­li­tique » , nous confiait son fils il y a un an et de­mi.

La prio­ri­té, c’est qu’il aille bien”

Eric, le fils de Mi­chel Atan­ga­na

Alors que ses proches n’ont ja­mais per­du es­poir et qu’un co­mi­té de sou­tien s’est créé, les évé­ne­ments se sont ac­cé­lé­rés ces der­niers mois. « Deux élé­ments ont joué, avance Me Do­mi­nique Tri­caud, son avo­cat fran­çais. D’abord, le dé­pôt d’une plainte en dé­cembre à Pa­ris contre trois mi­nistres ca­me­rou­nais pour dé­ten­tion ar­bi­traire. Mais, sur- tout, le rap­port très cri­tique du Haut- Com­mis­sa­riat aux droits de l’homme de l’ONU. » Dans cet avis, le groupe de travail des Na­tions unies « re­com­mande au gou­ver­ne­ment ca­me­rou­nais de pro­cé­der à la li­bé­ra­tion im­mé­diate de M. Atan­ga­na » .

Le rap­port ac­cuse éga­le­ment les ins­tances ju­di­ciaires lo­cales d’avoir « man­qué d’im­par­tia­li­té » . En mai der­nier, Fran­çois Hollande avait aus­si pris po­si­tion en fa­veur du Fran­çais. Le com­bat de Mi­chel Atan­ga­na n’est pas clos : il va dé­sor­mais s’at­te­ler à ob­te­nir ré­pa­ra­tion. « Mais la prio­ri­té, c’est qu’il aille bien. On va prendre le temps qu’il faut » , pré­cise son fils.

Cette li­bé­ra­tion a éga­le­ment fait naître un es­poir chez les proches de Lydienne Yen Eyoum, une avo­cate ca­me­rou­naise de 54 ans ma­riée à un Fran­çais, in­car­cé­rée dans son pays d’ori­gine de­puis 2010, vi­sée par des ac­cu­sa­tions de dé­tour­ne­ment de fonds qu’elle conteste. En France, cons­ta­tant que la dé­ten­tion pro­vi­soire avait dé­pas­sé les dé­lais lé­gaux, ses conseils ont por­té plainte en 2011 pour dé­ten­tion ar­bi­traire et trai­te­ments in­hu­mains. Une en­quête est en cours. Mais, au Ca­me­roun, son pro­cès de­vant un tri­bu­nal spé­cial a débuté. « La li­bé­ra­tion de Mi­chel Atan­ga­na prouve que tout est pos­sible. Es­pé­rons que Lydienne puisse elle aus­si sor­tir de l’en­fer » , avance son avo­cate Me Caroline Was­ser­mann.

( AFP/ Strin­ger.)

Yaoun­dé ( Ca­me­roun), hier. Le Fran­co- ca­me­rou­nais Mi­chel Atan­ga­na sept an­nées de pri­son.

a été li­bé­ré lun­di après dix-

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