« Ma­viea­chan­gé, pas­moi » Si j’avais vou­lu échap­per aux im­pôts, je se­rais par­ti en Suisse”

Sur les écrans. Al’oc­ca­sion de la sor­tie au­jourd’hui de son­nou­veau­film, « Su­per­con­driaque » , Da­nyBoon­ra­conte l’après- « Ch’tis » . Sans langue de bois.

Le Parisien (Paris) - - Les Sortiesaucinéma - Pro­pos re­cueillis par HU­BERT LIZÉ

Après deux jour­nées de pro­mo in­in­ter­rom­pue pour sa nou­velle co­mé­die, « Su­per­con­driaque » , Da­ny Boon af­fiche tou­jours la forme. L’acteur et réa­li­sa­teur, qui re­noue dans ce film au bud­get de 32 M€ avec son com­plice de « Bien­ve­nue chez les Ch’tis » , Kad Me­rad, n’ap­pa­raît pas non plus stres­sé par l’en­jeu fi­nan­cier de cette sor­tie sur 855 écrans. La peur des ma­la­dies a- t- elle vrai­ment pa­ra­si­té votre vie, comme c’est le cas pour votre per­son­nage ?

DA­NY BOON.

Oui, pas mal, mais ça m’a ap­por­té plus de po­si­tif que de né­ga­tif. J’ai évi­té les écueils de la vie de ve­dette, l’al­cool, les sor­ties, la drogue éven­tuel­le­ment. Tout ça me fait peur. Je bois de la bière ou du vin, mais très rai­son­na­ble­ment. Je fais beau­coup de sport, au moins 40 km de vé­lo par jour. J’an­goisse de mal vieillir, de cho­per des trucs. Dès que j’ai une rou­geur, ça prend des pro­por­tions ca­tas­tro­phiques. Vous consul­tez votre mé­de­cin pour un oui, pour un non ? Oh oui ! Je lui en­voie des pho­tos faites avec mon­por­table : « Re­garde, j’ai ça à l’oeil, c’est bi­zarre… » Et j’adore les phar­ma­cies, comme dans le film. Je rentre et je dis : « Qu’est- ce que vous avez comme nou­veau­tés ? »

Pra­ti­quez- vous l’au­to­mé­di­ca­tion ? Evi­dem­ment, sur­tout pour mes en­fants. Je vais vé­ri­fier les po­so­lo­gies sur In­ter­net. Je par­cours les fo­rums. Heu­reu­se­ment, ma femme est l’in­verse de moi. Ça équi­libre. Avec votre vie à Los An­geles, vous pre­nez souvent l’avion… Et c’est ter­rible. Je porte des bas de conten­tion pour la cir­cu­la­tion. Je prends une as­pi­rine ou du Da­flon pour flui­di­fier le sang, évi­ter la phlé­bite. Je me mets des pro­duits vi­ta­mi­nés dans le nez avec des huiles car l’at­mo­sphère est très sèche. Je bois 2 l d’eau. Je ne mange ja­mais. Et j’arrive en forme. Vue de Ca­li­for­nie, la France vous semble- t- elle dé­pri­mée ? As­sez, oui. Il fau­drait qu’on soit un peu plus fiers de nous, un peu moins dé­pri­més. Un exemple : mes en­fants sont au ly­cée fran­çais de Los An­geles, une très bonne école. Mon fils de 8 ans a de très bons ré­sul­tats. Et les bons élèves là­bas re­çoivent une lettre de la Mai­son- Blanche. Elle dit : « Tu es l’ave­nir de ce pays, tu as très bien tra­vaillé, conti­nue comme ça. » Si­gné : Ba­rack Oba­ma. Je trouve ça gé­nial ! Ça tra­duit une vraie fier­té. Du coup, mon fils s’est in­té­res­sé à la vie d’Oba­ma, il a lu des bou­quins sur l’his­toire amé­ri­caine. Il y a un truc

“ fé­dé­ra­teur là- de­dans. Les gens sont en­semble, ils sont ac­cueillis, in­té­grés. La po­pu­la­tion amé­ri­caine est très dis­pa­rate, il y a toutes les ori­gines. On de­vrait trou­ver le moyen d’être un peu plus en­semble en France. La po­lé­mique sur le sa­laire des stars vous a- t- elle af­fec­té ? Non, parce que ça n’a pas eu d’im­pact sur ma re­la­tion avec le pu­blic. Mes films ont rap­por­té beau­coup d’ar­gent : j’ai fait près de 40 mil­lions d’en­trées avec trois longs- mé­trages. Ça fait tra­vailler du monde, ça fi­nance des pe­tits films. C’est vrai que c’est beau­coup d’ar­gent. Mais je n’ai for­cé per­sonne à me payer ces sommes- là. Ce n’est même pas moi qui né­go­cie mes contrats. Un jour, ça mar­che­ra moins bien, je ga­gne­rai moins. Ça fluc­tue. On ra­conte que je fais ce mé­tier pour l’ar­gent, ce qui n’est pas Vous avez été ten­té de tout ar­rê­ter ? Non. J’ai be­soin de faire rire comme de res­pi­rer. J’ai be­soin d’al­ler au contact avec le pu­blic. J’ai fait « Bien­ve­nue chez les Ch’tis » pour faire rire, pour émou­voir, pas pour faire 20 mil­lions ou 27 mil­lions. Je vais d’ailleurs par­tir en Chine pour ren­con­trer le réa­li­sa­teur qui va en faire un re­make… Je n’au­rais pas as­sez de ma vie pour dé­pen­ser ce que j’ai ga­gné avec les « Ch’tis » et avant : je fais du one- man- show de­puis vingt ans, avec suc­cès. Cet ar­gent, je l’uti­lise pour fi­nan­cer des jeunes réa­li­sa­teurs, de jeunes ar­tistes sur scène. De­puis six ans, ma vie a chan­gé, mais pas moi !

Vous payez beau­coup d’im­pôts ? Oui, et je suis content d’en payer en France et aus­si aux Etats- Unis. Là­bas, je suis re­te­nu à la source. J’ha­bite dans l’Etat le plus taxé avec New York. Ici, les en­tre­prises sont taxées à 33 %; là- bas, ma so­cié­té l’est à 50 %. Si j’avais vrai­ment vou­lu échap­per aux im­pôts, je se­rais par­ti en Suisse puisque mon épouse a la na­tio­na­li­té suisse. Vous êtes très at­ten­du avec « Su­per­con­driaque » … Bien sûr mais, sur mes propres films, je pré­fère ça. C’est moi l’au­teur, le réa­li­sa­teur, l’acteur, le co­pro­duc­teur, alors je dis : « Al­lez- y sur les cri­tiques ! Y a au­cun sou­ci. » Mais je n’ai pas le sen­ti­ment de me faire trop al­lu­mer. J’es­saie de res­ter fi­dèle à moi­même, d’être at­ten­tif aux gens. Faire rire et émou­voir, c’est ce qui est im­por­tant pour moi. vrai. Avec ce que j’ai ga­gné, je pour­rais m’ar­rê­ter de tra­vailler. Je ne dé­pense pas des sommes folles.

Dans « Su­per­con­driaque » , où il in­carne un qua­dra­gé­naire ob­sé­dé par sa pho­bie des mi­crobes, Da­ny Boon re­trouve Kad Me­rad, son com­plice de « Bien­ve­nue chez les Ch’tis » .

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.