« Ter­re­de­sours » , tour­na­ge­de­ti­tans

Documentaire. Ce film splen­dide, en3D, tour­né en Si­bé­rie, est une pre­mière. At­ten­tion, avec son­tem­po­con­tem­pla­tif, ce film n’est pas adap­té aux tout- pe­tits.

Le Parisien (Paris) - - Les Sortiesaucinéma - CHAR­LOTTE MO­REAU

de Guillaume Vincent, ra­con­té par Marion Co­tillard. Du­rée : 1 h 27.

Tour­ner avec des ours non dres­sés. En Si­bé­rie. Et en 3D. Quand le do­cu­men­ta­riste Guillaume Vincent se lance dans un pro­jet, il n’y va pas de main morte. Sa « Terre des ours » , qui sort au­jourd’hui, est en toute sim­pli­ci­té une pre­mière mon­diale. Et, co­co­ri­co, elle bat pa­villon tri­co­lore.

re­fus du for­ma­tage. Gare aux pa­rents pen­sant ins­tal­ler leur pro­gé­ni­ture de­vant un di­ver­tis­se­ment ul­tra- scé­na­ri­sé et bour­ré de re­bon­dis­se­ments. Avec sa nar­ra­tion douce ( si­gnée Marion Co­tillard) et ses en­jeux na­tu­ra­listes ( le cycle des sai­sons au Kamt­chat­ka, à l’ex­trême- est de la Rus­sie), ce documentaire tient plus de la mé­lo­pée contem­pla­tive que du block­bus­ter. « On n’a pas cher­ché à dé­cou­per le film comme une fic­tion, à faire des bons et des mé­chants, ce qui est de­ve­nu qua­si­ment obli­ga­toire si on veut cap­ter l’at­ten­tion des très jeunes en­fants » , pré­cise Guillaume Vincent.

vrai spec­tacle. Par la splen­deur des images, la proxi­mi­té bluf­fante avec les ani­maux. Et par la na­ture même de ces hé­ros. « L’ours, c’est la dou­ceur et la vio­lence à la fois, une am­bi­va­lence qui fait de lui un per­son­nage de ci­né­ma, ana­lyse le réa­li­sa­teur, re­ven­di­quant le wes­tern et l’oeuvre de Ter­rence Ma­lick comme sources d’ins­pi­ra­tion. Son rythme na­tu­rel est très lent mais il est ca­pable de pas­ser en une de­mi- se­conde à 60 km/ h quand il pêche du sau­mon ! »

Se faire ac­cep­ter. Im­pos­sible, même s’ils sont myopes, d’es­pé­rer pas­ser in­aper­çu face aux co­losses poi­lus qui vous lo­ca­lisent grâce à leur odo­rat sur­dé­ve­lop­pé. A dé­faut d’être dis­cret, il faut donc se faire ac­cep­ter. « La meilleure tech­nique, c’est de res­ter grou­pés pour qu’ils res­sentent la masse, sou­rit Guillaume Vincent.

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Le poids de notre ma­té­riel nous em­pê­chait de toute fa­çon de les har­ce­ler en leur cou­rant après. Donc, on s’ins­tal­lait à des en­droits stra­té­giques et on at­ten­dait. On ne se ca­chait ja­mais, on était même en­cou­ra­gés à par­ler, faire du bruit. » Seule en­torse à cette co­ha­bi­ta­tion, l’un des mor­ceaux de bra­voure du film : une sé­quence dans une ta­nière où un mi­nus­cule our­son cra­pa­hute sur sa mère en­dor­mie. Tour­née en une heure chro­no, après de mul­tiples re­pé­rages. « On sa­vait exac­te­ment où pla­cer nos ca­mé­ras le jour J et on s’est in­ter­dit de fil­mer trop long­temps. »

la sur­chauffe. 27 se­maines

nE­vi­ter

de tour­nage ont été né­ces­saires. Cer­taines sé­quences ont été mises en boîte en plein hi­ver, par - 30 ° C. « On sto­ckait les ca­mé­ras à l’ex­té­rieur pour les gar­der à tem­pé­ra­ture constante, car ce sont les écarts qui les en­dom­magent, en créant de la conden­sa­tion… ou en les fai­sant ex­plo­ser ! » Au fil des sai­sons, le ma­té­riel 3D était ache­mi­né sur ses contrées sans sen­tiers : pa­lan­quins, luges… ou brouettes.

James Ca­me­ron. Pas­sion­né de do­cu­men­taires et de 3D, le réa­li­sa­teur d’ « Ava­tar » a créé une so­cié­té spé­cia­li­sée en la ma­tière et son sté­réo­graphe Man­ning Till­mann est

nMer­ci,

ve­nu prê­ter main- forte à l’équipe de « Terre des ours » . C’est lui qui règle, à chaque plan, les po­si­tions des deux ca­mé­ras syn­chro­ni­sées ( cor­res­pon­dant au re­gard hu­main) né­ces­saires à l’ef­fet 3D : « Il est ha­bi­tué à tra­vailler en studio. Mais avec un documentaire, il n’y a pas de sto­ry­board, vous ne sa­vez ja­mais où va se dé­pla­cer l’ani­mal. A la fin de la jour­née, il était épui­sé! » s’amuse Guillaume Vincent, qui planche dé­jà sur son pro­chain documentaire, in­ti­tu­lé « Géants des mers » . De quoi faire vi­brer, là en­core, la corde sen­sible de Mon­sieur « Ti­ta­nic » .

( Igor Shi­pi­le­nok.)

Au fil des 27 se­maines de tour­nage, au fil des sai­sons, Guillaume Vincent et son équipe ont réus­si à ap­pro­cher au plus près les ours bruns du Kamt­chat­ka, dans l’est de la Rus­sie. Le ré­sul­tat, vi­sible en 3D dans les salles équi­pées, est bluf­fant.

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