Ega­le­ment­sur les écrans.

Me­rylS­treep joue une­mère in­fer­nale dans « Uné­té àO­sa­geCoun­ty , qui sort au­jourd’hui. Un­rôle fort qui lui vaut sa 18e no­mi­na­tion auxOs­cars.

Le Parisien (Paris) - - Les Sortiesaucinéma - ALAIN GRAS­SET

avec Meryl Streep, Ju­lia Ro­berts, Ju­liette Le­wis, Ewan McG­re­gor, Ch­ris Coo­per, Sam She­pard… Du­rée : 1 h 59.

Elle est gra­ve­ment ma­lade, fume beau­coup, boit énor­mé­ment, et ne cesse de par­ler, voire de hur­ler. Meryl Streep est com­me­ça, en Vio­let, mère aca­riâtre de trois filles dans « Un été à Osage Coun­ty » , film de John Wells qui sort au­jourd’hui. Ce mé­lo­drame ra­conte les re­trou­vailles d’une fa­mille dans un coin pau­mé de l’Ok­la­ho­ma, tra­ver­sée de secrets et de ran­coeurs, à la suite du dé­cès du père. Les in­sultes et re­proches pleuvent, par­ti­cu­liè­re­ment exa­cer­bés entre la ma­man, Vio­let, et l’aî­née de ses trois filles, Bar­ba­ra, cam­pée par une im­pres­sion­nante Ju­lia Ro­berts.

C’était hor­rible de clo­per ain­si dans ce bled to­ta­le­ment per­du”

A 64 ans, Meryl Streep, ren­con­trée dans la suite d’un pa­lace pa­ri­sien, ne cache pas qu’elle a hé­si­té avant de se lan­cer dans un tel film : « J’avais vu la pièce de Tracy Letts, dont le film est adap­té. Elle m’avait par­ti­cu­liè­re­ment mar­quée, entre rire et émo­tion. Je n’étais pas vrai­ment at­ti­rée par le scé­na­rio parce que je n’avais pas en­vie d’être en co­lère sur le plateau pen­dant quatre ou cinq mois. Ni de fu­mer des ci­ga­rettes tous les jours pen­dant douze heures, et ris­quer un can­cer. Puis, un jour, ma meilleure amie m’a dit : Tu dois faire ce film parce que tu es une bonne mère ! C’est un grand rôle pour toi ! »

Et Meryl Streep a fi­na­le­ment été

( à gauche), sé­duite par cette Vio­let. « J’ai trou­vé cette femme ab­so­lu­ment in­croyable. Il y a de la dé­me­sure, une sorte de vio­lence, de dé­mence pous­sée à son pa­roxysme, une dé­ter­mi­na­tion à res­ter en vie à tout prix. Elle est né­vro­sée, a le blues, fait de la chimio. C’est une ac­cro aux mé­di­ca­ments afin de cal­mer sa souf­france. Bref, elle in­carne tout un mé­lange toxique. »

Reste que la co­mé­dienne qui ne fume pas dans la vie a bien été obli­gée d’al­lu­mer des ci­ga­rettes de­vant la ca­mé­ra. « Je me sen­tais mi­sé­rable par mo­ments, s’ex­clame- t- elle. Et c’était hor­rible de clo­per ain­si dans ce bled to­ta­le­ment per­du du fin fond de l’Ok­la­ho­ma où nous tour­nions. Un Etat ré­pu­bli­cain, où vous pou­vez fu­mer en toute li­ber­té. En même temps, c’était une am­biance ju­bi­la­toire. » Meryl Streep songe beau­coup aux scènes avec Ju­lia Ro­berts, nom­mée à l’Os­car du meilleur se­cond rôle fé­mi­nin, à qui elle n’avait ja­mais eu l’oc­ca­sion de don­ner la ré­plique. « On se connais­sait un peu. Mais là, dès la pre­mière lec­ture des ré­pé­ti­tions pour le film, j’ai com­pris qu’on al­lait bien s’en­tendre mal­gré nos en­gueu­lades dans l’his­toire. » Ma­riée au sculp­teur Don Gum­mer, Meryl Streep est mère de quatre en­fants, dont trois filles, dans la vie. « En voyant le film, la plus jeune m’a dit : Tu es for­mi­dable, mais tout le monde va te dé­tes­ter ! »

Avec sa per­for­mance, Meryl Streep est nom­mée à l’Os­car pour la 18e fois de sa car­rière. Un re­cord. Après ses deux sta­tuettes comme meilleure ac­trice, pour « la Dame de Fer » en 2012 et « le Choix de So­phie » en 1983, et une en 1980 pour « Kra­mer contre Kra­mer » dans la ca­té­go­rie se­cond rôle, la star hol­ly­woo­dienne est en­core sur­prise. « Ce­la re­lève du mi­racle, conclut- elle. C’est gra­ti­fiant à ce stade de ma vie pro­fes­sion­nelle d’être à nou­veau en lice. Mais pour­quoi votent- ils pour moi ?… »

( Claire Fol­ger.)

Meryl Streep

ac­trice ca­mé­léon de Hol­ly­wood, in­carne une mère aca­riâtre et can­cé­reuse qui dit la vé­ri­té à qui veut l’en­tendre ou pas.

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