Pro­fes­sion: cher­cheuse de­per­son­nes­dis­pa­rues

Ché­rie25,20 h 45. Cha­quean­née, 50 000per­son­nesne donnent plus signe de vie. Patricia Fa­gué en a re­trou­vé plu­sieurs mil­liers.

Le Parisien (Paris) - - Télévision Etmédias - CAR­LOT­TA HA­KI­KI

En­quê­ter, foui­ner, dé­ni­cher. De­puis plus de vingt ans, Patricia Fa­gué a fait de la re­cherche de per­sonnes dis­pa­rues son mé­tier, sa « vo­ca­tion » , dit- elle. Une pas­sion née par ha­sard, au dé­tour du pre­mier travail de sa car­rière. C’était au dé­but des an­nées 1990, alors que, fraî­che­ment di­plô­mée d’école de jour­na­lisme, elle in­tègre l’équipe de Jacques Pra­del, dans l’émission de TF 1 « Per­du de vue » : « Je suis ar­ri­vée comme sta­giaire. C’était un autre monde pour moi. En­quê­ter et per­cer les mys­tères, j’adore ça, et j’ai dé­cou­vert avoir une sorte de don. A par­tir de ce mo­ment, je n’ai plus ces­sé d’ai­der les fa­milles à re­trou­ver leurs proches. A l’an­tenne, puis via mon site In­ter­net* » , ex­plique cette qua­dra­gé­naire au sou­rire ma­li­cieux, qui lance ce soir, sur Ché­rie 25, « Dans l’es­poir de se re­trou­ver » , une émission cal­quée sur l’an­cien pro­gramme ve­dette de la pre­mière chaîne.

« Après Per­du de vue, j’ai été contac­tée à plu­sieurs re­prises pour re­lan­cer le concept. Mais, à chaque fois, les chaînes im­po­saient des contraintes : ne par­lons pas des nais­sances sous X, ni de per­sonnes mortes. Ça ne s’est ja­mais fait jus­qu’à ce jour. Mon émission n’a pas de ta­bou, tout se passe sur le ter­rain, loin des stu­dios té­lé. Les té­lé­spec­ta­teurs suivent mes re­cherches au jour le jour. »

Ai­der les fa­milles à se re­cons­ti­tuer est une réus­site

pour moi”

Du haut de ses ta­lons de 10 cm, la jour­na­liste, ori­gi­naire de Dra­gui­gnan ( Var), mène l’en­quête dans les vil­lages et les lieux- dits de France pour réunir, le plus souvent, des en­fants et des pa­rents per­dus de vue. C’est le cas de Kelly, dont l’his­toire est la pre­mière pré­sen­tée ce soir. A 20 ans, la jeune femme n’a plus au­cune nou­velle de son père de­puis l’âge de 6 ans. Il s’est vo­la­ti­li­sé du jour au len­de­main. Après des an­nées pas­sées « à tout es­sayer pour le re­trou­ver » , le mi­racle opère. En à peine deux dé­pla­ce­ments et une en­quête de voi­si­nage éclair, la jour­na­liste re­monte le fil qui l’amène à 20 kmde la mai­son de Kelly, là où vit son père.

Une ra­pi­di­té qui pour­rait faire dou­ter de la réa­li­té des his­toires ra­con­tées. « Les gens ne savent pas cher­cher, ré­torque Patricia Fa­gué. Ils ne connaissent pas leurs droits, ignorent quels do­cu­ments ils peuvent ob- te­nir de l’ad­mi­nis­tra­tion. Par­fois, un simple acte d’état ci­vil per­met de ga­gner un temps pré­cieux. Et, des fois, il faut faire preuve d’in­gé­nio­si­té. » Com­me­quand elle par­vient à consul­ter le fi­chier de Dar­ty, « parce qu’on a tous un compte là- bas » , pour re­trou­ver les co­or­don­nées d’une per­sonne dis­pa­rue de longue date.

Chaque an­née, 50 000 per­sonnes en France fuient sans lais­ser de traces. « Il s’agit ma­jo­ri­tai­re­ment de femmes qui ac­couchent seules, qui aban­donnent leur en­fant, ou de pères dont le droit de vi­site, à la suite d’un di­vorce, n’est pas res­pec­té, dé­crypte Patricia Fa­gué. Mais parce qu’on a tous be­soin de sa­voir d’où on vient, les en­fants fi­nissent par vou­loir re­trou­ver leur gé­ni­teur. » En vingt- trois ans de car­rière, l’en­quê­trice a réus­si à dé­ni­cher des mil­liers de dis­pa­rus. « J’ai tou­jours éprou­vé l’en­vie de me rendre utile. Ai­der les fa­milles à se re­cons­ti­tuer est une réus­site pour moi. » Une réus­site qui a un coût : à par­tir de 2 000 €, l’en­quête pour une re­cherche ef­fec­tuée dans le cadre du site In­ter­net, somme ver­sée uni­que­ment en cas de suc­cès.

* Per­son­ne­dis­pa­rue. com.

( Ché­rie 25.)

Patricia Fa­gué a fait de sa pas­sion un mé­tier. A la re­cherche du père, de la mère, du frère ou de la soeur, cer­taines de ses en­quêtes sont dif­fu­sées sur la TNT.

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