Sé­go­lène Royal bien­tôt mi­nistre ?

Le Parisien (Paris) - - La Une - NA­THA­LIE SCHUCK

Le come- back de Sé­go­lène Royal au gou­ver­ne­ment ? « Il est évident que c’est ac­té ! » , lance l’un de ses fi­dèles. Au som­met de l’Etat, de fait, on n’uti­lise qua­si­ment plus le condi­tion­nel pour par­ler de son re­tour. Avec 79 % des Fran­çais mé­con­tents de son ac­tion, se­lon l’Ifop, Fran­çois Hollande a un be­soin urgent de re­cru­ter des poids lourds pour le re­ma­nie­ment qu’il concocte, se­lon de mul­tiples sources, pour le len­de­main des mu­ni­ci­pales. Or, ils se comptent sur les doigts d’une seule main dans la ma­jo­ri­té. Les par­ti­sans de Royal listent ses atouts : ex- can­di­date à la pré­si­den­tielle, elle a af­fron­té Ni­co­las Sar­ko­zy, a une image ré­pu­bli­caine ( « l’ordre juste » ) , du flair po­li­tique, et c’est une femme ! Sans par­ler de sa cote dans l’opi­nion. Le son­dage Ifop pour « Pa­ris Match » pu­blié hier, dans le­quel 19 % des son­dés l’ima­ginent à l’In­té­rieur, l’a ra­vie… et d’abord éton­née. C’est la rup­ture avec Va­lé­rie Trier­wei­ler qui a contri­bué à chan­ger la donne. « La fat­wa est le­vée » , lan­çait un de ses proches peu après. Le fait qu’elle soit la mère des quatre en­fants du pré­sident ne se­rait plus un su­jet de pré­oc­cu­pa­tion. « Les Fran­çais s’en fichent roya­le­ment, sans jeu de mots ! La prio­ri­té, c’est l’ef­fi­ca­ci­té » , dé­fend un proche du chef de l’Etat.

Elle mène une cam­pagne sou­ter­raine

Reste à sa­voir quel fau­teuil elle pour­rait oc­cu­per. On prête à l’ex- mi­nistre de l’En­vi­ron­ne­ment de Pierre Bé­ré­go­voy des vues sur un grand mi­nis­tère de l’Eco­lo­gie. Ou sur un pôle Culture- Edu­ca­tion, elle qui fut mi­nistre de l’En­sei­gne­ment sco­laire de Lio­nel Jos­pin. « Ça fait des mois qu’elle a plan­té sa tente en bas de chez nous » , s’agace un proche de Vincent Peillon. Cer­tains citent la Jus­tice — Hollande le lui avait pro­po­sé en mai 2012, mais elle avait re­fu­sé — ou le Quai d’Or­say si, se­lon une hy­po­thèse qui cir­cule, Laurent Fa­bius at­ter­ris­sait à Ma­ti­gnon. Pour le pré­sident, l’ar­ri­vée de Royal au­rait un autre avan­tage : créer de l’ému­la­tion avec Ma­nuel Valls — s’il n’est pas nom­mé à Ma­ti­gnon — et Ar­naud Mon­te­bourg.

En at­ten­dant la fu­mée blanche, la pré­si­dente de la ré­gion Poi­tou- Cha­rentes mène une cam­pagne sou­ter­raine. Ses proches parlent pour elle. « Elle mé­rite sa place au gou­ver­ne­ment. C’est une grande femme d’Etat » , louait hier le mi­nistre « roya­liste » de l’Agroa­li­men­taire Guillaume Ga­rot, sur Ra­dio Clas­sique. L’in­té­res­sée, elle, se fait dis­crète. Elle a an­nu­lé plu­sieurs ren­dez- vous mé­dia­tiques, no­tam­ment pour ne pas avoir à com­men­ter la chute de Trier­wei­ler. Au­jourd’hui, on la ver­ra tou­te­fois au Sa­lon de l’agri­cul­ture. « Elle fait pro­fil bas, elle se dit que c’est jouable » , dé­crypte un ha­bi­tué de l’Ely­sée. Mais elle n’a guère be­soin de faire cam­pagne : elle parle à Hollande plu­sieurs fois par se­maine. Ils se sont ain­si té­lé­pho­nés avant sa vi­site aux Etats- Unis. Car les an­ciens concu­bins sont de­ve­nus des com­plices po­li­tiques.

Pour Royal, ce re­tour si­gne­rait la fin de la tra­ver­sée du dé­sert. Hollande avait été meur­tri par sa dé­faite aux lé­gis­la­tives. Or, comme l’ob­serve un pi­lier du PS : « Si elle va aux ré­gio­nales, elle n’est pas sûre de ga­gner. Il faut l’ex­fil­trer avant. »

Sé­go­lène Royal pour­rait bien dé­cro­cher un mi­nis­tère en cas de re­ma­nie­ment.

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