Les can­di­dats se font dé­si­rer

Aune se­maine de la date li­mite du­dé­pôt des can­di­da­tures, de nom­breuses pré­fec­tures s’alarment du faible nombre de listes dé­po­sées.

Le Parisien (Paris) - - Politique - VA­LÉ­RIE HACOT ET DI­DIER MICOINE

Les can­di­dats au­raient- ils per­du leur mo­ti­va­tion ? Une se­maine tout juste avant la clô­ture des dé­pôts de can­di­da­ture ( jeu­di 6 mars), ils ne se bous­culent pas dans les pré­fec­tures pour faire en­re­gis­trer leurs listes. « Ce­la dé­marre très mol­le­ment » , constate la pré­fec­ture de l’Es­sonne. A tel point que nombre de pré­fets tirent la son­nette d’alarme. C’est le cas dans le Var ( lire ci- des­sous) mais aus­si en Gi­ronde — où 45 % des com­munes de plus de 1 000 ha­bi­tants n’avaient au­cun can­di­dat dé­cla­ré —, dans les Hautes- Py­ré­nées ( 57 % de pe­tits vil­lages sans can­di­dats), en Bre­tagne ou en­core dans le Nord, où des com­mu­ni­qués ont été pu­bliés pour in­ci­ter les can­di­dats à se dé­cla­rer. « Jus­qu’à pré­sent, c’était très lent, mais ça com­mence à se ré­veiller. Mar­di, 46 % des com­munes de moins de 1000 ha­bi­tants n’avaient pas de can­di­dats, hier, elles n’étaient plus que 36 % » , pré­cise- ton à la pré­fec­ture du Nord.

Les nou­velles règles élec­to­rales ex­pliquent, en par­tie, ce peu d’en­goue­ment. Pour la pre­mière fois cette an­née, les can­di­dats dans les com­munes de moins de 1 000 ha­bi­tants doi- vent im­pé­ra­ti­ve­ment dé­po­ser leur can­di­da­ture à la pré­fec­ture. Pour les villes de 1 000 à 3 500 can­di­dats, il est obli­ga­toire de pré­sen­ter des listes pa­ri­taires, et les listes doivent être com­plètes.

Dans cer­tains cas, une tac­tique élec­to­rale

Mais au- de­là du simple cas­se­tête ad­mi­nis­tra­tif, ces nou­veau­tés posent des pro­blèmes très concrets aux can­di­dats. Il est plus dif­fi­cile de consti­tuer des listes étof­fées. Le Front na­tio­nal — qui a no­tam­ment dû je­ter l’éponge pour cette rai­son à Bas­tia en dé­but de se­maine — en fait l’amère ex­pé­rience. A Saint- Mar­tin- d’Hères, dans la ban­lieue de Gre­noble, par exemple, Mun­go She­mat­si, qui rê­vait de pré­sen­ter pour la 1re fois une liste FN dans ce bas­tion com­mu­niste, a dû re­non­cer. « On était par­ve­nu à réunir trente co­lis­tiers, il nous en man­quait en­core neuf, sou­pire- t- il. C’est une com­mune dans la­quelle le FN n’avait ja­mais fait cam­pagne. J’ai dé­mar­ché les as­so­cia­tions, les clubs spor­tifs, mais ce­la n’a pas suf­fi… » Ce mi­li­tant d’ori­gine congo­laise, qui a re­joint le FN après avoir été adhé­rent du PS, fi­gu­re­ra fi­na­le­ment en troi­sième po­si­tion sur la liste d’Alexis Jol­ly dans la com­mune voi­sine d’Echi­rolles. « Le par­ti de Ma­rine Le Pen a beau se ba­na­li­ser au­près des élec­teurs, il a en­core du mal à trou­ver des can­di­dats prêts à fi­gu­rer sur ses listes » , ex­plique le so­cio­logue Syl­vain Cré­pon. Au glo­bal, le FN, qui avait in­ves­ti 700 can­di­dats, de­vrait pré­sen­ter quelque 500 listes d’ici le 6 mars.

Le par­ti le­pé­niste n’est tou­te­fois pas le seul à ren­con­trer des dif­fi­cul­tés. « Mon op­po­sant UMP pas­sait en­core des coups de fil hier pour trou­ver des co­lis­tiers » , af­firme, sous cou­vert d’ano­ny­mat, un élu d’une ville moyenne de Sa­voie. Dans les pe­tits vil­lages, les vo­lon­taires ne sont pas lé­gion. « Dans ma cir­cons­crip­tion, ils ont vrai­ment du mal à bou­cler les listes » , constate Phi­lippe Vi­gier, dé­pu­té cen­triste dans l’Eure- et- Loir.

Si d’autres ne sont pas en­core pas­sés à la pré­fec­ture, c’est pour des rai­sons stra­té­giques ou tac­tiques : ils pré­fèrent jouer la montre. Au mi­nis­tère de l’In­té­rieur, on re­doute dé­jà un vé­ri­table em­bou­teillage pour la se­maine pro­chaine.

( PhotoPQR/ « la Voix du Nord » / Pas­cal Bon­nière.)

Pour la pre­mière fois cette an­née, les can­di­dats dans les com­munes de moins de 1 000 ha­bi­tants doivent im­pé­ra­ti­ve­ment dé­po­ser leur can­di­da­ture à la pré­fec­ture.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.