« Ici, les­ni­trates, les­pes­ti­cides, les­gen­sy­son­tha­bi­tués… »

Pierre, re­trai­téàDa­gny( Seine- et- Marne)

Le Parisien (Paris) - - Economie - B. L.

de l’as­so­cia­tion France Li­ber­tés et 60 Mil­lions de consom­ma­teurs, la Seine- et- Marne est le dé­par­te­ment où la pré­fec­ture dé­livre le plus de dé­ro­ga­tions pour que les com­munes qui pos­sèdent une eau non conforme

— mais propre à la consom­ma­tion — puissent conti­nuer à la dis­tri­buer. « Les pes­ti­cides des­cendent de­puis des an­nées dans les nappes phréa­tiques. Tout ce qui est em­ployé dans l’agri­cul­ture se re­trouve dans l’eau. Par­fois, les vil­lages du coin dé­con­seillent l’eau du ro­bi­net aux per­sonnes âgées, aux femmes en­ceintes. Mais ça s’ar­rête là » , ex­plique cet ha­bi­tant qui fait par­tie de l’as­so­cia­tion Na­ture En­vi­ron­ne­ment 77. Il n’y a guère que le goût de chlore de l’eau, l’été quand il fait chaud, qui sus­cite l’in­quié­tude des ha­bi­tants. « Ils mettent l’eau une jour­née au fri­go. Le goût dis­pa­raît et ça n’em­bête plus per­sonne. » Chez Pierre, « on mé­lange l’eau potable et l’eau mi­né­rale » . De lourds packs de Vit­tel, d’Hé­par, de Con­trex et par­fois, l’eau du ro­bi­net car « on ne peut pas y échap­per » . « Ici, les ni­trates, les pes­ti­cides, les gens y sont ha­bi­tués. On a l’im­pres­sion qu’on ne peut pas re­ve­nir en ar­rière. » Le sé­lé­nium in­quiète da­van­tage la po­pu­la­tion. A haute dose, Pierre a lu que cet oli­go­élé­ment pou­vait être « can­cé­ri­gène » . Ce qu’il re­doute par- des­sus tout, c’est l’ef­fet cock­tail de toutes ces « pe­tites doses » qu’il in­gère, jour après jour. « Les pes­ti­cides de la pomme, les pes­ti­cides de l’eau... Quel ef­fet ça peut pro­duire ? » s’in­ter­roge- t- il.

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