Trois­grand­spa­trons­dontles sa­lai­res­son­tre­vusà­la­baisse

Les­di­ri­geants­du­fran­çaisNexans, du­suis­seNo­var­tis et­del’al­le­mandRWEon­tre­non­céàu­ne­par­tie­de­leurs ré­mu­né­ra­tions. Les­quel­les­res­ten­ten­co­reé­le­vées.

Le Parisien (Paris) - - Economie - BRU­NO MAZURIER

Ces cas fe­ront- ils école ? Ces der­niers jours, les di­ri­geants de trois so­cié­tés — l’élec­tri­cien fran­çais Nexans, le phar­ma­cien suisse No­var­tis et l’éner­gé­ti­cien al­le­mand RWE — ont ac­cep­té une baisse, toute re­la­tive certes, d’une par­tie de leur ré­mu­né­ra­tion. Chez Nexans, le con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion a dé­ci­dé de ne pas at­tri­buer de bo­nus à son PDG, Fré­dé­ric Vincent, pour l’exer­cice 2013. Pri­vant ce der­nier de 472 000 €. Une dé­ci­sion, pré­cise- t- on à la di­rec­tion, prise « sur l’ini­tia­tive » de son di­ri­geant et « compte te­nu des plans so­ciaux en cours » : la so­cié­té spé­cia­li­sée dans les câbles élec­tro­niques a ac­cu­sé une perte de 333 M€ en 2013 et sup­prime près de 500 postes en Eu­rope.

A No­var­tis, le pré­sident Jörg Rein­hardt et les dix autres membres du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion se sont at­tri­bués, eux, seule­ment… 8 mil­lions de francs suisses ( soit 6,56 M€) de ré­mu­né­ra­tion. Une forte somme mais qui re­pré­sente 30 % de moins qu’en 2013 et une baisse de 58 % par rap­port à 2012. Le géant phar­ma­ceu­tique s’est plié à l’ini­tia­tive po­pu­laire Min­der, à l’is­sue de la­quelle les Suisses ont vo­té la fin des ré­mu­né­ra­tions abu­sives ( le texte est en­tré en vi­gueur le 1er jan­vier). Ce­pen­dant, si au­cun ad­mi­nis­tra­teur ne per­çoit de part va­riable en cash, celle- ci peut en re­vanche prendre la forme de dis­tri­bu­tion d’ac­tions.

nDes cas iso­lés

En­fin, chez l’al­le­mand RWE, quatre di­ri­geants viennent de re­non­cer à 500 000 €, en signe de so­li­da­ri­té avec les sa­la­riés. « La so­cié­té est dans une si­tua­tion par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­cile. Il est na­tu­rel pour nous d’ap­por­ter notre con­tri­bu­tion » a ex­pli­qué Pe­ter Te­rium, son PDG. Ac­cu­sant de lourdes pertes, le groupe est en­ga­gé dans d’im­por­tantes sup­pres­sions d’em­plois.

A l’ex­cep­tion de la banque fran­co- belge Dexia, au bord de la faillite il y a deux ans, et dont quatre di­ri­geants ont ré­duit leur ré­mu­né­ra­tion, ces trois exemples res­tent pour le mo­ment des cas iso­lés. Dans l’Hexa­gone, l’heure n’est pas vrai­ment à une franche baisse des ré­mu­né­ra­tions et des bo­nus chez les pa­trons des plus grands groupes. Ni même à une mo­dé­ra­tion. Si le ca­bi­net d’ana­lyse fi­nan­cière Proxin­vest a no­té en 2013 un re­cul de 6 % des sa­laires des di­ri­geants du CAC 40, soit 3,96 M€ en moyenne par an, treize PDG ont en­core ga­gné plus de 240 fois le smic, soit plus de 4,7 M€. Seuls les pa­trons des en­tre­prises pu­bliques ont vu leur ré­mu­né­ra­tion pla­fon­née par l’Etat à 450 000 € brut par an.

( Maxppp/ Georgios Ke­fal­las.)

Jörg Rein­hardt, le pré­sident de No­var­tis.

( Maxppp/ Vincent Isore.)

Fré­dé­ric Vincent, PDG de Nexans.

( AP/ Han­ni­bal Han­schke.)

Pe­ter Te­rium est à la tête de l’al­le­mand RWE.

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