«Je me suis lais­sé convaincre et j’ai tout per­du »

An­nie Gal­le­cier, vic­ti­med’ El Chapo et pré­si­dente de l’as­so­cia­tion Arces In­ter­na­tio­nal

Le Parisien (Paris) - - Faits divers - M. P.

Elle rê­vait du jack­pot, mais elle a tout per­du. An­nie Gal­le­cier, 63 ans, thé­ra­peute à la re­traite dans la ré­gion lyon­naise, est l’une de nom­breuses vic­times fran­çaises de Joa­quin Guz­man, le baron de la drogue mexi­cain au­jourd’hui sous les ver­rous. En 2008, en pleine crise fi­nan­cière, An­nie en­tend par­ler du site In­ter­net Fi­nan­zas Fo­rex par un ami qui lui fait mi­roi­ter « un taux d’in­té­rêt re­cord, à plus de 10 % » . « J’ai d’abord émis quelques ré­serves, ça me sem­blait trop beau, trop fa­cile, se sou­vient- elle. J’avais aus­si vu beau­coup de noms d’in­ves­tis­seurs suda­mé­ri­cains, je m’étais dit : il y a l’ar­gent de la drogue, il y a les Farc… Mais fi­na­le­ment, je me suis lais­sé convaincre et j’ai tout per­du, soit 25 000 €, toutes mes éco­no­mies ! »

L’ar­gent était blo­qué, je n’y avais plus ac­cès. Et im­pos­sible de joindre un conseiller !”

Ob­jec­tif ? Faire fruc­ti­fier un pe­tit ca­pi­tal pour mettre sur pied sa propre so­cié­té de bien- être. Comme le site en­cou­rage les in­ves­tis­seurs à re­cru­ter des « filleuls » en échange d’une gé­né­reuse com­mis­sion ( en­vi­ron 6 %), An­nie convainc une pe­tite di­zaine de ses proches — membres de sa fa­mille et amis — de ten­ter l’aven­ture avec elle. La pre­mière an­née, la thé­ra­peute se frotte les mains. En se connec­tant à Fi­nan­zas Fo­rex, elle constate chaque mois que sa mise de dé­part aug­mente des in­té- rêts pro­mis. Mais la ma­chine se grippe en fé­vrier 2009, lors­qu’An­nie dé­cide de re­ti­rer ses éco­no­mies. « L’ar­gent était blo­qué, je n’y avais plus ac­cès, se rap­pelle- t- elle en­core avec ef­froi. Et im­pos­sible de joindre un conseiller ! » Pis, au gré de ses re­cherches, elle dé­couvre « que des cen­taines de per­sonnes sont dans [ sa] si­tua­tion » . Pour se dé­fendre, An­nie a créé une as­so­cia­tion d’aide aux vic­ti- mes d’es­cro­que­ries fi­nan­cières, Arces In­ter­na­tio­nal, qui compte au­jourd’hui 300 membres, dont 50 vic­times du site Fi­nan­zas Fo­rex.

Epui­sée par plu­sieurs an­nées de com­bat, la re­trai­tée ne déses­père pas de ré­cu­pé­rer au moins par­tiel­le­ment son in­ves­tis­se­ment. La jus­tice amé­ri­caine, qui a gelé une par­tie des avoirs d’El Chapo, lui a pro­mis « un chèque » pour 2014, mais An­nie re­doute que son mon­tant n’at­teigne pas 25 000 €. « C’était une py­ra­mide de Pon­zi, peste- t- elle en qua­si ex­perte, ce qu’elle est de­ve­nue par la force des choses. En 2007, les pre­miers in­ves­tis­seurs sud- amé­ri­cains ont bien été payés et cer­tains ont pu re­ti­rer leur mise. Mais nous, les Fran­çais, sommes ar­ri­vés en bout de chaîne, en 2008- 2009. C’était trop tard… »

( LP/ Ni­co­las Fo­ray.)

Cha­leins ( Ain), hier. An­nie Gal­le­cier avait in­ves­ti dans le site In­ter­net Fi­nan­zas Fo­rex pour créer sa propre so­cié­té de bien- être. Mais lors­qu’elle cherche à re­ti­rer son ar­gent, elle se rend compte qu’elle a été vic­time d’une ar­naque. Elle a per­du 25 000 €.

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