« On ne va pas faire du Ga­bin ou du Bel­mon­do »

Ed­dy Mit­chell, qui joue Al­bert Quen­tin dans « Un singe en hi­ver »

Le Parisien (Paris) - - Loisirs et Spectacles - Pro­pos re­cueillis par T. D.

De­puis qu’il a ar­rê­té de fu­mer, Mon­sieur Ed­dy avale des Tic­Tac par poi­gnées. Le chan­teur et acteur de 71 ans a frei­né ses ex­cès, mais il n’a pas peur de se frot­ter aux cuites d’Al­bert Quen­tin, son per­son­nage dans « Un singe en hi­ver » Vous ne vou­liez plus faire de théâtre… ED­DY MIT­CHELL. C’est vrai. Mais le met­teur en scène Sté­phane Hillel et mon pro­duc­teur Claude Wild m’ont dit : « Et si ont’amène un gros truc ? » Ils me parlent d’ « Un singe en hi­ver » et, là, je leur ré­ponds : « Pour avoir les droits des fa­milles Blon­din, Au­diard, Ver­neuil, bonne chance ! » Mais ils les ont ob­te­nus. Etiez- vous fan du film ? J’aime bien, mais je ne suis pas ci­né­ma fran­çais du tout. Et puis, la pièce est plus proche du ro­man d’An­toine Blon­din. On a des dia­logues qui ne sont pas dans le film. Par exemple, quand le pa­tron du bar parle de moi, il dit : « Quen­tin, il était tou­jours saoul de­bout. » C’est gé­nial. Vous vous at­ta­quez à un monument, vous n’avez pas peur de la com­pa­rai­son ? Mais on ne va pas faire du Ga­bin ou du Bel­mon­do ! Ce sont des gens que j’ad­mire, mais rien ni per­sonne n’est in­tou­chable. Et puis, il faut ar­rê­ter de ma­gni­fier les choses. Quand j’ai ap­pe­lé Jean- Paul pour le pré­ve­nir de ce qu’on fai­sait, il m’a dit que le film avait fait 300 000 en­trées : un bide !

Les per­son­nages ne boivent pas pour se saou­ler, mais pour voya­ger, rê­ver”

Ce n’est pas dif­fi­cile de jouer des gens saouls sans être lourds ? Ce sont des pi­liers de bar, mais pas des ivrognes. Ils ne boivent pas pour se saou­ler, mais pour voya­ger, rê­ver. Ils prennent leur temps, pas comme cer­tains jeunes d’au­jourd’hui qui se saoulent le plus vite pos­sible. Avez- vous eu des cuites mé­mo­rables ? Un jour avec Du­tronc, on a dé­jeu­né, puis on a pas­sé tout l’après- mi­di à boire des verres, et puis on a dî­né, et on a re­pris des verres toute la nuit… On est ren­trés le len­de­main après­mi­di ! Nos femmes se de­man­daient ce qu’on fou­tait, il n’y avait pas les por­tables à l’époque. Votre per­son­nage a ar­rê­té l’al­cool et re­plonge. Vous qui avez dé­ci­dé d’ar­rê­ter les tour­nées, pour­riez- vous replonger ? Les tour­nées, non, c’est sûr. Mais re­faire de la scène, oui. Là, j’ai pas le temps : après la pièce, je tourne « Brise de mer » , un pre­mier film de Syl­vain Rou­ge­rie. Je joue un pa­tron de bar, mais c’est un ha­sard !

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