Pro­di­gieuxBo­na­mas­sa !

Le Parisien (Paris) - - Loisirs et Spectacles - MA­LI­BU ( ÉTATS- UNIS) De notre en­voyé spé­cial M. V.

Lors­qu’il se pré­sente au ca­fé Star­bucks proche de chez lui, au bord de la route qui longe le Pacifique à Ma­li­bu, et se com­mande un ex­pres­so, il donne son pré­nom comme tout le monde, Joe. Mais per­sonne ne le re­con­naît. Joe Bo­na­mas­sa a beau avoir ven­du plu­sieurs mil­lions d’al­bums à tra­vers le monde, ce n’est pas une su­per­star, et il n’a au­cune en­vie de le de­ve­nir.

A 36 ans, l’ar­tiste est un bos­seur, et il construit sa car­rière, qui dé­passe au­jourd’hui les fron­tières de sa mu­sique de pré­di­lec­tion, le blues, pa­tiem­ment, mais mé­tho­di­que­ment. A Pa­ris, en 2008, il se pro­dui­sait au New Mor­ning, un club de jazz. Cette an­née, les 3 et 4 mars, il rem­pli­ra deux fois de suite le Grand Rex ( 2 700 places), avant un pas­sage à Lyon le 7. Ce­ci, alors que son pro­chain album studio n’est at­ten­du que pour sep­tembre… « Il faut sa­voir prendre des risques, as­sure- t- il. Si vous écou­tez tout le temps les gens qui se chargent de vous trou­ver des concerts, vous irez tout le temps dans les mêmes en­droits. »

nGa­min, il joue avec B. B. King, Da­vid Cros­by et Ste­phen Stills

Jouer, en­core et tou­jours. Lors­qu’il est chez lui, à Ma­li­bu, dans sa dis­crète mai­son qui jouxte celle de John­ny Ly­don, l’an­cien Sex Pis­tols, il em­poigne sa six cordes, et se planque dans son re­fuge : une pièce où trônent des pos­ters, des disques d’or et une im­pres­sion­nante quan­ti­té de gui­tares, sur­tout des Gib­son et des Fen­der, et d’am­plis, pra­ti­que­ment que des Mar­shall. « C’est là où je range ma col­lec­tion, ri­gole le ti­mide ar­tiste. Tout le monde a be­soin d’une pièce pour être au calme, re­lax. Mais ce que j’es­saie sur­tout, c’est de trans­for­mer cette pièce en ma­ga­sin de gui­tares, même si ce n’est ja­mais ou­vert au grand pu­blic. » Sauf que tout le stock est loin de se trou­ver sur place : « J’en ai une qua­ran­taine dans une autre pièce, et 150 ran­gées dans un en­tre­pôt » !

La gui­tare, même s’il a une pe­tite amie, voi­là bien la pas­sion de Bo­na­mas­sa. Un amour pré­coce : au mur s’af­fichent deux pho­tos mon­trant un pe­tit ga­min ron­douillard d’une dou­zaine d’an­nées, l’une avec la lé­gende B. B. King, l’autre avec les maîtres du son ca­li­for­nien, Da­vid Cros­by et Ste­phen Stills. C’est le pre­mier qui l’a dé­cou­vert, alors qu’il n’avait que 8 ans, et il a joué tout ga­min avec les trois !

Du blues plu­tôt clas­sique au dé­but, plus mé­lan­gé et beau­coup plus rock au­jourd’hui, avec d’éton­nantes re­prises, par exemple de ZZ Top ou Ro­ry Gal­la­gher. « Tout ce que je fais est an­cré dans le blues, sou­ligne- t- il. Mais soyons francs. Qui au­jourd’hui n’a qu’un seul type de mu­sique dans sa col­lec­tion de disques, son lec­teur MP3 ou son or­di­na­teur ? Per­sonne. Il faut te­nir compte de ça. Je sais que je ne suis pas le meilleur gui­ta­riste ou le plus ori­gi­nal du monde, il y a des gens bien plus ta­len­tueux que moi. Mais j’es­saie d’écrire des chan­sons qui parlent aux gens, d’une ma­nière dif­fé­rente des autres. Et, crois- moi, ça marche. » En concert lun­di 3 et mar­di 4 mars à Pa­ris ( Grand Rex), ven­dre­di 7 à Lyon ( l’Am­phi­théâtre). « Dri­ving To­wards the Day­light » , CD ( Mas­cot Re­cords). « Tour de force » , cof­fret de 4 DVD en­re­gis­trés en pu­blic à Londres l’an der­nier ( aus­si chez Mas­cot).

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