C’est­la­mal- ai­mée de « Ho­me­land »

CA­NAL+, 20 h 55. Le­per­son­na­ge­deDa­na, fille du­hé­ros, in­sup­por­te­bon­nom­bre­de­fans­de­la­sé­rie. Pas­de­quoi­per­tur­ber­pou­rau­tant­so­nin­ter­prète, Mor­ganSay­lor.

Le Parisien (Paris) - - Télévision Et Médias - CHAR­LOTTE MO­REAU

Faire sa crise d’ado dans une sé­rie amé­ri­caine culte peut être un job par­ti­cu­liè­re­ment in­grat. Mor­gan Say­lor, qui in­ter­prète la fille du sol­dat Ni­cho­las Bro­dy dans « Ho­me­land » qui se pour­suit ce soir à 20 h 55 sur Ca­nal +, en sait quelque chose. De­puis deux ans, son per­son­nage de ly­céenne maus­sade est le souffre- dou­leur des ré­seaux so­ciaux. « Tuez Da­na Bro­dy » , « Da­na Bro­dy est in­sup­por­table » , « Si j’avais un pun­ching­ball, j’y met­trais une pho­to de Da­na Bro­dy » … On ne compte plus les sta­tuts va­chards sur Twit­ter, ou les cap­tures écran raillant sa mine in­va­ria­ble­ment ren­fro­gnée et les scènes où elle sou­ligne les tour­ments de son per­son­nage en se tri­tu­rant les doigts. Apo­théose ? La vi­déo pa­ro­dique « Da­na passes the salt » dans la­quelle l’ado re­vêche entre en crise parce qu’on lui de­mande de pas­ser le sel à table ou de fer­mer une porte.

Pour­quoi tant de haine ? Alors que ses affres sem­blaient to­lé­rées

pen­dant la sai­son 1, le vent a tour­né l’an­née sui­vante, quand les scé­na­ristes lui ont créé des in­trigues spé­ci­fiques, in­cluant dé­cep­tions amou­reuses et dé­lit de fuite. Du rem­plis­sage n’ex­ploi­tant pas la vraie force du per­son­nage : son at­trac­tion- ré­pul­sion pour son père, hé­ros de guerre trans­for­mé en pan­tin ter­ro­riste par Al- Qaï­da.

Que ce soit d’une ma­nière po­si­tive ou né­ga­tive, c’est cool de sus­ci­ter

des ré­ac­tions”

Mor­gan Say­lor

Puis re­be­lote cette troi­sième sai­son où l’on a vu Da­na, après sa ten­ta­tive de sui­cide, fu­guer tem­po­rai­re­ment avec un bel­lâtre in­stable, scène d’amour à la clé. Une pa­ren­thèse « à la Twi­light » qui a fait ful­mi­ner les té­lé­spec­ta­teurs amé­ri­cains et re­lan­cé le « Da­na ba­shing » .

Mais, à 19 ans, l’in­té­res­sée en a dé­sor­mais pris l’ha­bi­tude. C’est une jeune fille pla­cide qui ré­pond à nos ques­tions par té­lé­phone, d’un ac­cent aus­si traî­nant à la ville qu’à l’écran. De­puis deux ans, Mor­gan Say­lor a dé­ci­dé de ne pas ali­men­ter la po­lé­mique et s’y tient, un de­mi- sou­rire dans la voix : « Oui j’ai re­mar­qué ces cri­ti- ques, mais j’es­saie de ne pas trop ap­pro­fon­dir la ques­tion… Que ce soit d’une ma­nière po­si­tive ou né­ga­tive, c’est cool de sus­ci­ter des ré­ac­tions. Je cherche juste à res­pec­ter ce que les scé­na­ristes écrivent pour mon per­son­nage. »

La sai­son pro­chaine, sa co­pie se­ra al­lé­gée puisque Mor­gan Say­lor, de même que Mo­re­na Bac­ca­rin, la co­mé­dienne bré­si­lienne jouant sa mère, ne se­ront plus des per­son­nages ré­cur­rents de « Ho­me­land » mais de simples guests. « Je n’en sais pas plus pour l’ins­tant, juste que le tour­nage com­mence fin mai dé­but juin » , confie Mor­gan. Qui, de­puis, a tour­né une pe­tite co­mé­die avec Ke­vin Cost­ner et per­oxy­dé ses boucles châ­tain.

Ins­crite à l’uni­ver­si­té de Chi­ca­go, cette ma­theuse ré­flé­chit en­core à son ave­nir. « Je n’ai ja­mais ar­rê­té mes études pen­dant Ho­me­land. Je vis à At­lan­ta, le tour­nage était à Char­lotte, à quelques heures en voi­ture. Je conti­nuais d’al­ler au ly­cée pu­blic, et mon rôle dans la sé­rie n’y était pas une af­faire d’Etat… »

De quoi gar­der la tête froide face au dé­chaî­ne­ment cy­ber­né­tique de­ve­nu mon­naie cou­rante outre- At­lan­tique, où l’ac­trice jouant la fille de Jack Bauer dans « 24 Heures chro­no » avait su­bi le même sort.

( Fox.)

De­puis deux ans, Da­na, le per­son­nage de Mor­gan Say­lor dans « Ho­me­land » , est le souffre- dou­leur des ré­seaux so­ciaux.

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