Les pe­tits cas­seurs de Vélib’ priés de ré­pa­rer

Les mi­neurs in­ter­pel­lés en fla­grant dé­lit de van­da­lisme sur les vé­los en libre- ser­vice qui ac­ceptent de ré­pa­rer peuvent échap­per aux pour­suites.

Le Parisien (Paris) - - Le Journal de Paris - CÉ­CILE BEAU­LIEU

Vélib’ ar­ra­chés de leur socle, tor­dus, vo­lés… Dé­sor­mais, qui casse ré­pare. De­vant le nombre tou­jours plus im­por­tant de dé­gra­da­tions, une conven­tion si­gnée entre JCDecaux, l’ex­ploi­tant des vé­los en libre- ser­vice, la Ville de Pa­ris et la pro­tec­tion ju­di­ciaire de la jeu­nesse ( PJJ) pro­pose une me­sure de ré­pa­ra­tion pé­nale aux mi­neurs in­ter­pel­lés en fla­grant dé­lit de van­da­lisme.

Si les pa­rents et l’au­teur l’ac­ceptent, le jeune de­vra re­vê­tir le bleu de travail et ef­fec­tuer deux jours de la­beur, de 8 heures à 16 heures, pen­dant les va­cances sco­laires, sur l’un des deux sites pa­ri­siens de ré­pa­ra­tion, aux cô­tés de mé­ca­ni­ciens aguer­ris. Si la pro­po­si­tion est re­fu­sée, il ap­par­tient à la jus­tice de tran­cher sur le sort ré­ser­vé à l’in­té­res­sé.

Je pen­sais que c’était des ma­chines qui ré­pa­raient les vé­los” Ru­ben, un jeune qui a ac­cep­té de re­mettre en état des Vélib’

Dans l’ate­lier de la rue des Re­cu­lettes ( XIIIe), Ru­ben, 18 ans à peine, s’af­faire sur des pièces de Vélib’ en­dom­ma­gées. Pour évi­ter une amende, le jeune homme a pré­fé­ré jouer le jeu. Non sans ap­pré­hen­sion : « J’ai cru qu’on al­lait m’agres­ser. Mais non, j’ai été bien ac­cueilli. Tout le monde a été gen­til avec moi. Mais ça fait bi­zarre, com­plète- t- il, de voir tout le monde s’ac­ti­ver, je pen­sais que c’était des ma­chines qui ré­pa­raient les vé­los. »

Comme lui, 38 jeunes ont tra­vaillé dans les ate­liers JCDecaux l’an der­nier. Au­cun n’a été à nou­veau in­ter­pel­lé de­puis, preuve, se­lon My­riam el Khom­ri, ad­jointe ( PS) de Ber­trand De­la­noë à la sé­cu­ri­té, que ce type de me­sure « aide à bri­ser le cercle de la ré­ci­dive » . « En outre, ajoute- t- elle, les po­li­ciers hé­sitent moins à in­ter­pel­ler, parce qu’ils savent main­te­nant qu’il y au­ra une ré­pa­ra­tion pé­nale ra­pide au lieu de longs mois d’ins­truc­tion. Et puis, c’est une ma­nière aus­si de mon­trer aux ha­bi­tants que l’on prend en compte les biens pu­blics dont ils doivent pou­voir dis­po­ser. »

La for­mule a fait des pe­tits : plu­sieurs autres conven­tions viennent d’être si­gnées avec le par­quet des mi­neurs de Bo­bi­gny ( Seine- SaintDe­nis), la PJJ du Rhône, de l’Ain, et une cin­quième est en cours de né­go­cia­tion à Tou­louse, où sont éga­le­ment pro­po­sés des vé­los en libre- ser­vice. En Seine- Saint- De­nis, trois jeunes in­ter­pel­lés pour avoir dé­gra­dé des Vélib’ ont dé­jà été ac­cueillis du­rant les va­cances de fé­vrier dans un ate­lier de ré­pa­ra­tion.

( LP/ C. B.)

Rue des Re­cu­lettes ( XIIIe), hier. Ru­ben, 18 ans à peine, a ac­cep­té de tra­vailler deux jours dans un des ate­liers de JCDecaux afin d’évi­ter de payer une amende.

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